André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



mardi 19 février 2013

La saga Bonnet I : Monsieur et Madame Jules Bonnet par leur fille Marie Bonnet - 1ère partie

.



François de Sales Desnoyers

Notre cousine Blandine Ayoub nous a retranscrit et illustré ce qu'elle a appelé la saga Bonnet racontée par notre arrière grand-mère Marie Bonnet :

- où l'on voit le mariage d'Eugénie Desnoyers avec Jules Bonnet, veuf de vingt ans son aîné
- où l'on voit la mariée monter à l'autel au bras gauche de son père, car il a laissé l'autre à Leipzig   (on aura reconnu le valeureux François de Salles Desnoyers), puis la réception chez lui à l'Ecole Polytechnique
- où l'on voit des domestiques saboter le lit nuptial
- où l'on parle des propriétés familiales de La Pichardière et de Sommeville
- où l'on voit disparaître le commandant Desnoyers toujours en fonction à Polytechnique
- où l'on parle de la révolution de 1848 et des épidémies mortelles de choléra

Pour lire la saga Bonnet 1ère partie cliquer ici



     

 La révolution de 1848 

 
 Affiche de  lutte contre le choléra

Un peu, beaucoup, passionnément ....


Le mois dernier nous vous avons relaté les circonstances de la rencontre très organisée de Grand-Père et Grand-Mère Lesort et en ce mois anniversaire de leur mariage ( février 1906 ) nous sommes heureux de montrer que ce mariage arrangé était devenu un vrai mariage d'amour ...
Notre cousin Olivier Lesort nous a donc sélectionné quelques petits mots doux d'Elizabeth Lesort, notre grand-mère à son mari André Lesort. 
Pour les lire cliquer sur les photos :



Carte envoyée le 13 septembre 1908 de la Pichardière, on admirera surtout l’impressionnante batteuse à vapeur de la photo.

C'est signé Elizabeth Lesort née Madelin de la Pichardière (pas mal comme nom).
Aucun autre commentaire n'est autorisés sur ses propres qualificatifs qui précèdent.



                                 "J'ai mis un jupon à Cupidon pour ne pas te   scandaliser".(1906)
              On admirera les armes de la famille Lesort-Madelin de la Pichardière qu'on découvre enfin!



vendredi 25 janvier 2013

Voeux 2013, une recette pour temps de crise.


Optimiste et soucieuse de nous aider à lutter contre l'austérité, une de nos cousine a eu la gentillesse de nous envoyer ses voeux accompagnés d'une recette toute spéciale pour recevoir sans se ruiner : écologique,économique, rapide, spectaculaire et diététique, elle devrait rallier tous les suffrages.
Nous vous la faisons partager (temps de préparation 8 mn) :







4 novembre 1905, un télégramme pneumatique capital pour notre descendance..


             
André Lesort (29 ans) et  Elizabeth Madelin (23 ans) en 1905


Nous vous avions présenté sur le blog, en février 2010, le récit de la jeunesse de notre grand-père André Lesort écrit par  notre grand-mère Elizabeth Lesort née Madelin à l'intention de ses enfants.
Celle-ci nous y racontait leur première rencontre, à caractère matrimonial, son échec dû à la trop grande timidité d'André Lesort  (malgré ses 29 ans) et l'intervention de son frère Louis Madelin pour organiser une rencontre de la deuxième chance.
En fait l'intervention de Louis Madelin prit la forme d'un télégramme envoyé par le réseau  pneumatique parisien et notre grand-père que son métier d'archiviste prédisposait sans doute déjà  à conserver les documents reçus, avait pieusement gardé ce télégramme  qui changea sa vie.
Nous reprenons donc d'abord le récit  de toute cette affaire par notre grand-mère, depuis ses origines jusqu'à sa conclusion et nous publions le fameux télégramme de la belle plume de Louis Madelin avec sa retranscription.


Récit d'Elizabeth Lesort :


"C’est en rentrant de la messe de l’Assomption, qu’André trouva dans son courrier une lettre du fameux Jules Baudot, lui disant qu’une dame de Bar (pourquoi ne disait-il pas Madame Renauld ?) avait trouvé que l’une des demoiselles Madelin, fille de l’ancien magistrat serait pour lui une femme tout indiquée…
Les quatre Lesort furent très émus ! Je crois comprendre que Mère fut tout de suite très séduite. Elle avait connu surtout à Rouen (dans la famille Prévost) des magistrats parfaits. L’armée lui avait toujours plu, et elle avait un culte pour l’administration des forêts. Les livres de mon frère Louis commençaient à êtres très connus. Que tout cela plaisait à la pauvre Mère ! L’entreprise ne fut lancée qu’en octobre. Beaucoup de maladresses et malentendus auraient pu êtres évités… mais enfin, puisqu’il fallait nous rencontrer, il fut convenu que le jeune archiviste alors en séjour chez ses parents, et connu par ses travaux de mon frère Louis, serait invité chez lui à dîner le soir de la Toussaint, alors que les Louis nous réunissaient tous à leur table. Le pauvre candidat, devant ces neuf examinateurs, était horriblement intimidé, et chargé de me servir à boire, à table, n’osa jamais faire ce geste. La bonne Mina lui ayant fait remarquer d’un ton gai que je mourrai de soif, il empoigna le carafon avec angoisse.
Ça allait d’autant moins que j’ai surtout remarqué que ce jeune homme de 29 ans était habillé comme un vénérable monsieur de 70 ans… Lui rentra chez lui le soir consterné de « ma dignité imposante » disait-il, mais désirant me revoir.
C’est alors moi, après une lettre de Monsieur Baudot conseillant une nouvelle entrevue, qui ai proposé que ce jeune homme, dont toute la famille me chantait les louanges d’une façon fatigante, nous rejoigne au bois de Boulogne où nous nous promenions souvent le dimanche après-midi, après l’inévitable Salut à Notre-Dame d’Auteuil. Nous goûtions, alors au Pavillon Royal et c’est là que Louis conseilla (c'est le fameux pneumatique! ndlrà ce jeune André Lesort de nous retrouver… Beaucoup plus d’intimité se créa entre mon père et … votre futur papa et moi. Le jeune archiviste parla beaucoup de Bar. Encore plus de Cambrai et de sa « Jeunesse Catholique ». Je me souviens qu’il a dit : « Cambrai, c’étaient les temps héroïques de ma vie ». Je lui ai parlé de la Pichardière, de notre chère église de Neuville, du bon curé (qui m’avait donné de bons conseils alors).
Et puis, mes pauvres enfants, ce jour-là j’ai vu les yeux de votre cher papa, son cher regard que nous pleurons tous à présent… ! Il m’a dit, depuis, qu’il était rentré chez lui, ce soir-là, en disant à sa mère : « Ah ! si je suis refusé, à présent je sens que je serai très malheureux ». Madame Lesort, qui ordinairement prévoyait toutes les catastrophes, mêmes celles qui ne devaient jamais arriver, était cette fois pleine d’espoir et de confiance. Monsieur Lesort, généralement porté à bien prendre les choses et comptait toujours que tout irait bien, était désespéré, sûr d’essuyer un échec ! Il croyait les Madelin poseurs, supérieurs, hautains ? et ce fut lui qui me séduisit le plus de toute la famille, avec sa haute taille, sa distinction dont il ne se doutait pas…Nous nous sommes revus, André et moi, bien et dûment surveillés par mes parents une erreur de plus !
Mais je me suis décidée à voter oui tout de même, et nous avons été solennellement fiancés le 19 novembre, jour de la Sainte Elisabeth.
La date du mariage fut fixée au 28 janvier et tout était prêt pour le célébrer – y compris le petit appartement de Rennes, 21 rue Hoche, retenu par le futur époux - quand après avoir choisi le satin de ma robe de mariée, mon pauvre papa (Amédée Madelin, ndlr), après une démarche charitable au nom de la Conférence Saint-Vincent de Paul, eut une pneumonie qui l’emporta en quelques jours, pleuré comme un père par mon pauvre fiancé. Les fêtes prévues furent donc supprimées et notre mariage célébré dans l’intimité, le 24 février 1906." 


Le télégramme pneumatique décisif du 4 novembre 1905 :


                


Retranscription :
Cher Monsieur,
l'entrevue de l'autre jour ne pouvait évidemment produire aucun résultat décisif. Vous éprouvez sans doute le désir de revoir ma soeur et cette fois de causer avec elle. En ce cas ce désir serait réciproque : nous pensons tous qu'il serait bon qu'une causerie plus intime vous permette l'un et l'autre de vous connaitre. Mon père et ma soeur Elizabeth dirigent parfois leur promenade au Bois vers le Pavillon Royal. Ils y seront demain Dimanche à 4h 1/4 (5 novembre ndlr)et seront heureux de vous rencontrer ... comme par hasard.
(Vous savez que c'est le pavillon situé à l'extrémité du lac du côté de la porte Dauphine).
Et maintenant je vous souhaite personnellement bonne chance en vous redisant le plaisir que j'ai eu à faire votre connaissance.
Louis Madelin


La carte postale souvenir du 5 novembre 1905 :







Carte postale du Palais Royal envoyée par Elizabeth Madelin à André Lesort avec pour seule mention deux dates au recto : 5 novembre et 3 décembre 1905.


Le télégramme du 10 janvier 1906 annonçant le décès d'Amédée Madelin :







La Poste pneumatique de Paris

Nous avions fait paraître un article sur le fameux télégramme pneumatique du 4 novembre 1905 adressé par  Louis Madelin  à notre grand-père André Lesort.
Ce télégramme lui permit dès le lendemain, une rencontre (à but strictement matrimonial) décisive avec Elizabeth Madelin après l'échec d'une première rencontre.
Il nous a paru intéressant de vous faire mieux connaître ce moyen de télécommunication très efficace à l'époque (la preuve !) mais aujourd'hui disparu depuis une trentaine d'années.


La Poste pneumatique de Paris a joué un rôle particulier dans la société parisienne et dans l’histoire des Postes et Télégraphes au XIXe et XXe siècles.
Le réseau de la Poste pneumatique est un assemblage de tubes essentiellement en acier parcourus par des boîtes cylindriques ( les curseurs ) se déplaçant sous la pression d'air comprimé pour transporter télégrammes et plis urgents. 
Dès le début, huit ateliers vont produire l'air comprimé à l'aide de machines à vapeur.

Ces tubes parcourent souterrainement Paris et aboutissent à des appareils dans les bureaux de poste. Recueillies par les agents des bureaux de poste, les correspondances pneumatiques sont ensuite acheminées par des facteurs spéciaux, les "petits télégraphistes".
Les premiers essais du fonctionnement du réseau eurent lieu en 1866 et la clôture du service en 1984.
La correspondance pneumatique est historiquement un télégramme, d’où son rattachement dès l'origine au service télégraphique et non postal. Avec le décret de 1879 signé par le maréchal Mac-Mahon, le réseau s’ouvre officiellement au public et les correspondances ne sont plus limitées par le nombre de mots. 
Elles deviennent ainsi des sortes de petites cartes postales transportées par tube. La Poste pneumatique de Paris est née. 
Jusqu’à la clôture du réseau en 1984, c’est à la Poste que revient l’exploitation postale du réseau tandis que l’entretien technique des tubes et le fonctionnement des usines souterraines permettant la production de l’air pour propulser les correspondances revient aux télégraphes puis aux télécommunications.
De 1866 aux années 1930, plusieurs facteurs conditionnent le développement de la Poste pneumatique : 
- la saturation du réseau de télégraphie électrique à Paris sous le second Empire qui décide Napoléon III à utiliser un autre moyen de télégraphie
- l’aménagement des égouts par l’ingénieur Belgrand  qui permet d’y loger une grande partie des tubes du réseau 
- et surtout les progrès des systèmes de transport du courrier sous air comprimé grâce au travail des ingénieurs anglais et français . 
L’administration française s’est en effet largement inspirée des essais anglais de Poste pneumatique et notamment des essais réalisés à Londres, confrontée elle aussi quelques années avant Paris à la saturation de son réseau de télégraphie électrique.
Le réseau de Paris, est d’abord limité aux quartiers d’affaires du centre de Paris où les échanges sont importants : le premier ensemble de tubes relie en 1868 les deux principaux centraux télégraphiques, celui de la Bourse et celui de la rue de Grenelle Saint-Germain.


Le réseau s'étend progressivement à l’ensemble de Paris, 200 km en 1888, 334 km en 1914 jusqu'à atteindre la longueur maximale de 450 km en 1934.
Capable d’acheminer des correspondances en moins d’une heure, il devient le moyen le plus rapide d’acheminement des correspondances dans Paris d’autant plus que le réseau téléphonique peine à s’installer pendant une grande partie de XXe siècle. 
L’auxiliaire du télégraphe devient alors un système a part entière avec son personnel spécifique : le facteur tubiste chargé de gérer les correspondances qui arrivent dans les bureaux, le mécanicien qui fait fonctionner les machines à vapeur, le facteur cycliste ou à motocyclette qui achemine les correspondances du bureau de poste au domicile du destinataire.
Des années 1930 aux années 1960, un programme de modernisation du réseau précède celle de son déclin. Pourtant les ambitions semblaient grandes : il s’agissait de mettre en place des appareils de réception et d’expédition automatique dans les bureaux de poste pour améliorer les performances du réseau et réduire le travail fastidieux des agents manipulants tubistes.
L’autre volet de la modernisation consiste à installer des groupes électriques remplaçant les machines à vapeur dans les ateliers pour produire l’air nécessaire à propulser les correspondances. Ces groupes électriques doivent permettre d’augmenter le débit en air et donc d’accroître le rendement des correspondances de plus en plus nombreuses dans les tubes.

Cette automatisation du réseau dans les techniques d’acheminement du courrier correspond à une période de modernisation dans les techniques de traitement du courrier par la Poste avec par exemple l’automatisation des centres de tri. 
Le projet d’utiliser les tubes pour relier certains centres de tri de paris est même évoqué mais reste sans suite.
En effet à partir des années 1960 et surtout 1970, le réseau connaît une période de déclin : chute du trafic des pneumatiques et des crédits accordées au réseau, structure vieillissante, autant de maux qui conduisent la Poste et les Télégraphes à clore le réseau en 1983.

En juillet 1957, le pneumatique est cinq fois plus cher que la lettre ordinaire et pour la Poste, le bénéfice de l’exploitation postale ne compense pas le déficit, tandis que les Télécommunications semblent se tourner vers les nouvelles technologies de communication comme le téléphone ou le télex et semblent refuser de rénover le réseau considéré comme un fardeau. Hormis l’hostilité des syndicats postaux, la suppression du réseau n’a pas finalement posée de réelles oppositions.
Le réseau pneumatique aura marqué le début des moyens rapides de communication et symbolise « l’enfance des télécommunications » mais n’a pu faire face à de nouveaux moyens plus concurrentiels de communication comme le montre l’échec d’autres réseaux pneumatiques dans le monde pour des raisons semblables.


Images intégrées 1

lundi 24 décembre 2012

Enterrement d'Oncle Pierre Kervella le 29 novembre 2012 à l'abbaye de La Pierre qui Vire.


Oncle Pierre Kervella était marié à Thérèse Lesort, dernière des neuf enfants de Grand-père et Grand-mère Lesort. Que nos affectueuses pensées accompagnent leurs enfants, nos cousins Yves, Hervé, Anne, Bénédicte et Blandine




Jean-Michel et Béatrice Dhavernas nous écrivent :

Vendredi 30 novembre 2012.
Retour hier soir de l’abbaye de La Pierre-qui-Vire. Forts et chaleureux moments avec les moines, les cousins Kervella et leur descendance. Avec Pascale et Henri Béal, Marie-Pierre et Jean Bernus, et Françoise Dequecker, ainsi qu’Agnès Sibout, nous représentions la famille côté Lesort.
Depuis 1984, date d’entrée d’oncle PK au monastère après la mort de tante Thérèse (1979), une étonnante et émouvante relation quasi familiale s’est profondément établie avec la communauté monastique, comme l’a rappelé le Père Abbé à la veillée de mercredi soir qui a réuni “les deux familles, celle du sang et celle du monastère” autour du cercueil encore ouvert dans le choeur. Chants et lectures se sont succédés avant que deux moines n’en viennent visser vigoureusement le couvercle. Quelle simplicité dans tous ces gestes empreints d’attention et d’affection fraternelles !
Après l’Eucharistie hier matin, la neige commença à tomber sur la longue procession vers le cimetière des moines, une large clairière dans la forêt du Morvan. Atmosphère toujours très sereine de foi et de confiance. La neige avait cessé.
Déjeuner familial suivi d’un café avec le Père Abbé et une quantité de moines aussi amicaux que possible. Quelques achats de livres et de fromage monastique avant de reprendre la route du Chesnay.
Dans la nuit qui tombait déjà, notre coeur était plein de gratitude pour ce temps familial très fort – heureux même ! – que nous avions partagé avec nos cousins Kervella. Et cette conviction très nette, grâce à leur accueil si affectueux et chaleureux, qu’avec ceux qui avaient pu venir à la Pierre-qui-Vire, c’est notre grande famille toute entière qui était présente, réunie autour et pour oncle PK et les siens.

Jean-Michel et Béa Dhavernas




Blandine Ayoub nous a communiqué les textes écrits, à cette occasion,  par le Père Abbé Luc de la Pierre qui Vire : le premier, affiché à l’entrée de l’église où le corps était exposé, est le faire-part envoyé à toutes les abbayes, le deuxième a été prononcé par lui lors de la veillé mortuaire monastique, et le troisième est son homélie de la messe d’inhumation.
Pour les lire cliquer ici.

Elle nous envoie également trois photos d'Oncle Pierre Kervella :

 donnant la paix pendant une célébration
avec Nathanael, son arrière petit-fils en 2009
écoutant ses petites filles Constance et Bérangère lui donner un concert au monastère












Enterrement de Tante Maggy Lesort le 13 décembre 2012 à Versailles.

Tante Maggy


L'émouvant adieu d'Oncle Gonzague à Tante Maggy

Maggy et moi, nous adressons d’abord à vous tous, un immense MERCI. Pour vos merveilleux témoignages d’affection, douces mais indispensables consolations.
Que ce soit à Bruxelles - où les Olivier et les Nicolas ont joint – à leur affection- de nombreux, difficiles et efficaces appuis.
Ou que ce soit aujourd’hui, ici, par votre participation à notre intime et chaleureuse communion dans la tristesse.
Vous comprenez bien sûr cette immense tristesse pour le survivant d’un couple de 65 années. C’est en reconnaissance à ma Maggy chérie, que je voudrais maintenant en évoquer l’origine, car c’est à elle que nous devons tout.
L’histoire a commencé en janvier 1947, quand une demoiselle d’une bonne famille de Rennes décida de venir travailler à Berlin, dans un service secret français, pourtant installé au bout du monde, dans les ruines (et quelles ruines !) de la capitale du Reich. Son voyage en train (et quels trains !) dura deux jours et deux nuits.
Pour le lieutenant Lesort, c’était une heureuse apparition, dans l’atmosphère –disons particulière, de ce service où, à l’exception de mon ami Jacques Chabolle, on travaillait entre russes, américains anglais.
Devant ce cercueil, devant ces tombes, devant nos enfants, petits-enfants, cousins et chers amis, je dois à Maggy de vous révéler que c’est elle qui fut la véritable créatrice de notre couple, de notre , de nos familles, de 65 ans de merveilleux bonheur, même si marqués de grands malheurs . Puisque c’est elle-même qui, par une lettre intime et chaleureuse, me proposa qu’ensemble nous fondions notre famille.
Ce courrier me fut remis le 14 Septembre dans la gare (totalement en ruines) de Francfort, au retour d’un voyage en Italie avec mon ami Jacques Chabolle
Ma réponse fut claire. Dès mon retour à Versailles, Maggy y vint le 4 Octobre… et se conclut merveilleusement dans le « Jardin du Roi ». Fiançailles officielles à Rennes le 23 Novembre et mariage le 31 Mars 1948.
Ainsi, ma Maggy chérie, ces merveilleuses années que je te dois, que nous te les devons tous.
Et tout particulièrement à tes discrètes et délicates qualités :
Parfaite fiancée, parfaite épouse, parfaite Maman, parfaite Grand’mère, parfaite arrière grand’mère parfaite maitresse de maison, parfaite musicienne, parfait sens de nos familles, de nos amitiés… parfaite dans tes constantes délicatesses, parfaite en tout… même en discrétion …

NON ! MAGGY ! TU NE VAS DISPARAITRE !
TU RESTES AVEC NOUS, TOUT PRES DE NOUS !

NOUS NOUS AIMONS GRACE A TOI !

NOUS T’AIMONS PLUS ENCORE QU’AVANT ! 


Noces d'or de Maggy et Gonzague Lesort (1998)


Olivier Lesort nous parle de sa mère :

Nichée entre deux grandes chambres du Prieuré, la maison de nos parents en Normandie, se trouve une toute petite pièce, sorte de petit cabinet : « le bureau de notre mère ».
On n'y pénétrait jamais car c'était son espace à elle, pour elle.
En retournant tout récemment dans cette maison je me suis permis d'aller dans ce petit espace qui ne laisse de la place que pour un bureau et sa chaise.
Sur un des murs de cette pièce, notre mère avait accroché un cadre contenant une prière intitulée « Bientôt je serais vieille », d'une certaine Sœur Véronique-Sophie, religieuse du XVIIème siècle.
En lisant ce texte qui commence par «  Seigneur, tu le sais mieux que moi, je vieillis chaque jour », je me suis aperçu que beaucoup de passages correspondaient parfaitement à ce qu'avait été cette femme qu'on appelait Maggy.
« Garde moi de cette habitude désastreuse
de croire que j'ai quelque-chose à dire
à propos de tout et en toutes occasions... »
D'abord c'était très difficile dans notre famille de s'imposer pour s'exprimer !
Maggy, femme discrète et posée, détestait les discussions futiles, les palabres et les polémiques qui animaient souvent nos repas de famille.
Et quand l'un d'entre nous la prenait à témoin ou lui demandait son avis, elle lui répondait par un grand sourire, en lui tendant le plat pour se resservir.
« Il me semble parfois dommage
de ne pas utiliser mon immense expérience ... »
Avant d'être devenue une bonne épouse et une bonne mère, il faut savoir que Maggy avait connu bien d'autres expériences que celle de se consacrer à sa famille :
Jeune, elle adorait voler dans des petits avions ; elle avait décidé d'aller visiter toute seule la Tunisie ; elle avait appris à jouer du violon au Conservatoire de Rennes et donna par la suite des concerts et puis, comble du désir d'indépendance, elle avait osé affronter l'autorité de ses parents en leur expliquant sa détermination à vouloir gagner sa vie toute seule.
C'est alors qu'elle décida de quitter la Bretagne familiale pour aller rejoindre son poste de secrétaire du service de contre-espionnage français à Berlin, bravant toute seule un long et périlleux voyage en train qui dura deux jours et deux nuits.
« Garde moi de me perdre
dans le récit de mille détails ... »
Pour Maggy le risque n'était pas grand et il nous a fallu beaucoup d'insistance et de patience pour qu'elle se raconte, qu'elle nous confie ses souvenirs d’enfance heureuse, puis ceux passionnants et tragiques de l'Occupation allemande et de la Résistance pour laquelle une très grande partie de sa famille, dont elle, s'était engagée.
En particuliers son frère Joseph, dénoncé, arrêté, condamné à mort et sauvé in extremis du peloton d’exécution, grâce à la ténacité et au courage de notre grand-mère maternelle.
« Scelle mes lèvres sur mes peines et mes bobos ... »
C'est très simple, les rares fois où Maggy était malade ou souffrante, elle disparaissait dans sa chambre avec la consigne très stricte d'interdire à ses enfants de venir la voir dans son lit.
D'une manière générale, elle répugnait à se plaindre de ses maux ou d'en faire le moindre étalage.
Par pudeur, par fierté.
« Je ne tiens pas à être une sainte :
les fins sont parfois difficiles à vivre ! »
Maggy aurait certainement été très gênée de s'entendre dire par son mari au cimetière qu'elle était « parfaite épouse, parfaite mère ... ».
Mais c'est bien vrai qu'elle avait un coté perfectionniste, ce désir de tout bien faire qui nous agaçait un peu, mon père et mes frères et moi. En particulier quand ce rôle nous concernait, nous les quatre garçons turbulents, rebelles et volontiers cascadeurs !
Et puis aussi, plus tard, dans celui d'une grand-mère choyant et gâtant tous ses petits enfants qui l'adoraient.
« Il y a tant de choses gaies et amusantes
où on ne s'y attendait pas :
rends-moi capable de les voir ... »
Quitte à me répéter, Maggy était le plus souvent discrète et silencieuse et nous étions tous étonnés et même stupéfaits quand il lui arrivait d'être prise de grands éclats de rire.
Elle commençait d'abord par prendre son visage mutin puis c'étaient d'irrésistibles fous rires qui ponctuaient ses récits, ceux des situations cocasses qu'elle avait vécu, des souvenirs d'enfance, les blagues de ses frères ou les savoureuses expressions de ses parents.
Il est difficile et encore douloureux de tenter d'expliquer qui était vraiment cette femme à la fois douce et énigmatique, aimante et mystérieuse.
C'est encore plus compliqué d'expliquer qui fut notre mère, sauf peut-être en reprenant le vers final du poème de Victor Hugo intitulé « Aux Feuillantines ».
Le poète y raconte ses souvenirs d'enfance en décrivant avec précision les paysages et en faisant le portrait des adultes qu'il se remémore.
Quand il en arrive à parler de sa mère, il écrit ceci :
«  Et ma mère - était ma mère »

Olivier Lesort