André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 24 janvier 2014

And we talk once again about the Pichardière ou du rêve de Madame Aucante au rêve d'un américain amoureux de la France.







Nous vous avions fait part dans un article en septembre dernier de la relation nouée, grâce à notre blog, avec un universitaire américain, Joseph Disponzio.
Celui-ci travaille à la fois pour la ville de New-York en tant qu'architecte paysagiste et pour l'Université de Columbia en tant que directeur de programme dans le même domaine, ce qui est possible dit-il avec humour grâce à un travail le jour pour la ville et la nuit pour l'université ...

Passionné par ses activités, il l'est aussi par le très grand  architecte-paysagiste français Jean-Marie Morel, adepte des jardins "naturels" (proches de l'esthétique des jardins anglais de l'époque), auteur d'une très novatrice Théorie des jardins en 1776 et qui travailla pour la haute société sous Louis XVI et Napoléon Ier.

Parc du château de Guiscard aménagé par 
JM Morel pour le duc d'Aumont vers 1775 



C'est par ce biais que Joseph Disponzio nous a fait découvrir que le parc de la Pichardière avait été conçu par Jean-Marie Morel pour notre ancêtre François Aucante, probablement à la construction de la maison en 1803.

Joseph Disponzio avait souhaité me rencontrer en décembre dernier à Paris (où il a un pied-à-terre) pour faire le point sur nos recherches à ce sujet.
A cette occasion, je lui ai montré ce que notre grand-père archiviste avait établi sur les origines de la Pichardière ainsi que différents documents dont l'original de l'acte d'achat par François Aucante en 1802, mais malheureusement rien encore sur les jardins.

Par ailleurs, quand il avait rencontré Blandine Ayoub en août dernier, celle-ci lui avait montré des dessins de notre grand-mère qu'il avait beaucoup admirés.
Nous avons, Blandine et moi, vraiment apprécié ces rencontres car Joseph Disponzio est quelqu'un  de chaleureux, intéressant et passionné dont les propos sont relevés d'une pointe d'humour qui  leur donne toute leur saveur.
Cela m'a donc paru de circonstance de lui offrir une reproduction (et son explication) d'une des illustrations du fameux "Un rêve de Madame Aucante à la Pichardière" imaginé par notre grand-mère Elizabeth Lesort en 1912.

Les enfants du rêve de Madame Aucante

On y voit, Marie-Victoire Aucante, Madame Aucante, penser qu'elle et son mari ont construit une bien grande maison pour leur seule fille Adélaïde, mais heureusement un rêve prémonitoire la rassure en lui faisant apparaître les nombreux enfants de sa future descendance ...
Joseph Disponzio était ravi et m'a vivement recommandé  de faire une exposition des œuvres de Grand-Mère dans les locaux de la Société d'Archéologie et d'Histoire de Neuville aux Bois ...

Mais en fait Joseph Disponzio voulait beaucoup m'entretenir d'une idée qui lui semble extrêmement chère car lui aussi a un grand rêve : pour le tricentenaire de la naissance de Jean-Marie Morel, il voudrait organiser une grande réunion avec des descendants de tous ceux qui ont fait appel à Jean-Marie Morel pour concevoir leurs jardins, cette réunion ayant lieu bien sûr à un endroit où ces jardins existent encore.
Quelle excellente et sympathique idée, que je ne pouvais que soutenir avec un enthousiasme toutefois tempéré par la perspective d'une date un peu lointaine : 2028!
Aussi Joseph Disponzio, de retour à New-York, m'a t'il écrit la semaine suivante :

... le trois-centième anniversaire ne sera que dans 14 ans – trop loin, peut-être, pour commencer à penser à cet événement.
En revanche, il faut faire quelque chose pour élever la « visibilité historique » de Morel. J’ai toujours des idées : soit, une association des propriétaires des jardins de Morel ; « amis des jardins de Morel », et se mettre en contact les propriétaires ; écrire à la mairie du troisième arrondissement pour nommer une rue d'après le paysagiste, etc., etc., mais pour tout cela, il faut du temps. Et de loin, de New York, ce n’est pas très facile. Pour l’instant je dois me concentrer pour finir mon livre sur Morel, et après cet événement, un colloque autour de Morel et son temps est prévu.


En tout cas, nous avons été séduits par l'enthousiasme éclairé et contagieux de Joseph Disponzio pour l'Histoire, pour les jardins (plutôt naturels, bien sûr) et pour Jean-Marie Morel, aussi grand architecte-paysagiste qu'architecte-paysagiste méconnu, mais qui fut le Le Nôtre de son temps.
Nous restons en contact. A suivre ...

François Lesort
               
La rédaction des VPF a eu l'amabilité, et nous l'en remercions, d'élargir nos recherches sur Jean-Marie Morel à l'ensemble des familles Madelin et Bonnet par un petit article, fort bien tourné, paru ces jours-ci dans leur dernier bulletin de liaison :



Un exemple de jardin "naturel": le Petit Trianon à Versailles créé par Richard Mique en 1775 pour Marie-Antoinette

Encore une petite devinette familiale, cette fois datée de janvier 1951.


Notre cousine Catherine Chenu nous envoie une photo qu'elle pense être prise chez ses parents le 1er janvier 1951 et cherche à identifier la brochette de cousins qui y figurent autour de Grand-Mère :



Seraient déjà identifiés de gauche à droite au deuxième rang Michel Bidault et Denis Chamussy et au premier rang Benoit Chamussy.
Si vous en ( ou vous vous) reconnaissez dites le nous !
Catherine nous transmis également une autre photo qu'elle pense être du même jour avec le petit commentaire suivant :




... "on retrouve l'ambiance des jours de 1er janvier : les parents autour et les enfants présentant chants, récitations et autres pièces. Vous rappelez-vous la séquence des cadeaux : chaque famille s'asseyait en rang et recevait des oncles et tantes cadeaux individuels ou collectifs. Oncle Paul-André offrait des livres (et j'en ai encore quelques-uns chez moi) et tante Thérèse avait toujours des petits trucs adorables fabriqués par elle (robes de poupée par exemple) ou dénichés je ne sais où, comme elle en avait le secret."

mardi 24 décembre 2013

André Lesort, diplômé archiviste paléographe de l'Ecole des Chartes



André Lesort 1926
Notre grand-père André Lesort, fut unanimement reconnu, pendant toute sa carrière (et encore aujourd'hui), comme un remarquable archiviste, aussi compétent que passionné.
Nous avions publié à ce sujet le magnifique éloge funèbre prononcé par un de ses confrères archivistes, Marcel Baudot, à l'occasion de ses funérailles (publication de novembre 2010 sur le blog).
Pour en avoir une meilleure perception, nous avons brièvement résumé la carrière et les principales publications de notre grand-père en bas de cette page.

Notre grand-père était diplômé archiviste paléographe de l'Ecole des Chartes (promotion 1899) et notre cousin Luc Guyot a fait une présentation historique de cette école très spécialisée et donc souvent mal connue.


École nationale des chartes                                                 

                           
                                                                            Entrée de l'Ecole des Chartes place de la Sorbonne


Nous rappelons ici brièvement la carrière de notre grand-père :
– Licencié ès lettres. – 1895-1899 École des Chartes (diplômé archiviste paléographe). – 1899-1900 Archiviste de la ville de Cambrai. – 1900-1905 Archiviste du département de la Meuse. – 1905-1912 Archiviste du département de l'Ille-et-Vilaine. Chargé de cours à la Faculté des lettres de Rennes (histoire de l’art). – 1912-1929 Archiviste du département de la Seine-et-Oise et conservateur des antiquités et objets d'art. – 1929-1941 Archiviste en chef du département de la Seine et de la ville de Paris. – 1933-1939 Conférences sur l'archivistique à l'École des Chartes. Chargé de cours à l'Institut catholique de Paris.
- Officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre des palmes académiques

Pour donner une idée également de son rayonnement et de l'ampleur de ses travaux, nous donnons ci-dessous une liste de ses principales publications :
– La succession de Charles le Téméraire à Cambrai (1477-1482), 1903
– Les chartes du Clermontois conservées au Musée Condé, à Chantilly (1069-1352), 1904 (en collaboration avec L. Delisle et G. Mâcon)
– Département d’Ille-et-Vilaine. Rapports sur les Archives départementales, communales, hospitalières, 7 fasc., 1905
– Archives départementales de la Meuse, Archives communales de Verdun, État sommaire du fonds de la période révolutionnaire, 1906 (en collaboration avec P. D’Arbois de Jubainville)
– La Bretagne à la fin du Moyen Âge, 1907
– Département du Nord. Ville de Cambrai. Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790, 1907 (en collaboration avec É. Gautier)
– Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Rennes pour les États Généraux de 1789, 4 vol., 1909-1912 (en collaboration avec H. Sée)
– Chronique et chartes de l'abbaye de Saint-Mihiel, 14 fasc. in Mémoires et documents de la Société nationale des Antiquaires de France, 1909-1912
– Les archives bretonnes du musée Condé à Chantilly. Documents sur le régime seigneurial en Bretagne, 1911 (en collaboration avec G. Macon)
– Archives départementales de Seine-et-Oise. Rapport sur le Service des archives, 1912
– Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Meuse. Archives civiles, série C, 1918 (en collaboration avec A. Marchal et P. d'Arbois de Jubainville)
– Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Ille-et-Vilaine. Archives civiles, 1934 (en collaboration avec P. Parfouru et H. de La Rogerie)
– "La reconstitution des églises après la guerre de Cent Ans" in V. Carrière, Introduction aux études d'histoire ecclésiastique locale. III, Questions d'histoire générale à développer dans le cadre régional ou diocésain, 1936
- Archives départementales de Seine-et-Oise. Répertoire critique des anciens inventaires d'archives, 1936
– Département de Seine-et-Oise. Inventaire sommaire des archives départementales postérieures à 1790. Archives de la Révolution, 1940 (en collaboration avec H. Lemoine et A. Guérin)
– Lettres de Catherine de Médicis. T. XI, Index général rédigé par le comte Gustave Baguenault de Puchesse, Eugéne Lelong et Lucien Auvray, 1943 (édition)
– "Géographie humaine de l'Ile-de-France" in A. Lesort, P. Bernus, M. P. Boyé, M. Richard, Visages de l'Ile de France, 1946
– "La Reine Blanche dans le Vexin et le pays de Bray 1359-1398" in Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 1948-1954
– Épitaphier du Vieux Paris. V/1, Saint-Germain l'Auxerrois, in Histoire générale de Paris, 1974 (posthume)

Un article plus détaillé sur la carrière et l'oeuvre de notre grand-père est en cours de préparation.

On peut tout acheter par internet, même des photos de notre propre famille !

En cette période de grands achats y compris par internet, nous avons reçu récemment un mail, et nous l'en remercions ici, d'un membre de la Société Archéologique et Historique de Neuville aux Bois qui non seulement nous prévenait aimablement qu'une photo concernant la famille Madelin en villégiature à la Pichardière était en vente sur ebay mais nous donnait également le lien pour y accéder directement.

Les membres de cette société qui s'intéressent à l'histoire de Neuville aux Bois avaient déjà pris contact avec nous auparavant grâce à notre blog.
De plus ce sont eux qui ont fourni le plan cadastral, où figure le parc de la Pichardière, à l'universitaire américain spécialiste de l'architecte paysagiste Jean-Marie Morel (voir notre article sur le blog de septembre dernier).
Nous sommes bien sûr allé voir sur ebay et avons trouvé une vente concernant pas mal de cartes postales, un assignat ... et une photo de la famille Lesort en 1934 à la Pichardière (que nous avons déjà et que nous avons fait figurer dans l'album Madelin de Michel Budan).
C'est la très bonne photo qui représente la famille Lesort au complet hors notre tante Gertrude Lesort - Bidault, partie habiter au Mexique en 1932
Comment cette photo est-elle arrivée là ? Mystère. Le vendeur, pseudo jpamix, à Triel sur Seine , que nous avons pu voir par ailleurs comme grand vendeur de cartes postales par internet, n'est pas joignable à partir d'ebay.
Nous reproduisons ci-dessous l'essentiel de l'annonce parue sur ebay :



eBay
Parcourir par
catégorie

|Catégorie de mise en vente :
Collections
>
Photographies
>
Autres



Photo de famille à La Pichardière , sans doute, château à Neuville aux bois 45
Détails sur le vendeur
jpamix (1557 )
100% Evaluations positives
Inscrit comme vendeur particulier
Etat de l'objet : Occasion
Prix de départ : 5,00 EUR
Livraison : 1,50 EUR Standard
Lieu où se trouve l'objet : Triel sur Seine, France métropolitaine
Lieu de livraison : Monde entier
Délai de livraison : Estimé entre le ven. 6 déc. et le lun. 9 déc.
Numéro de l'objet eBay :
121222931903
Le vendeur assume l'entière responsabilité de cette annonce.
Caractéristiques de l'objet
Etat :
Occasion: Objet ayant été utilisé.
Type: Tirage argentique
Période: De 1900 à 1939
Origine: France
Qualité: TB, Très bon
Thème: Scène de vie
Format (cm): 16 x 12
Caractéristiques: Noir et blanc
Couleur: Noir et blanc
Indication au dos de la photo : La Pichardière Aout 1934











vendredi 29 novembre 2013

A chacun sa médaille : celle de Félix Desnoyers, frère plus discret du flamboyant François de Sales Desnoyers et fruit d'un extravagant mariage.


Félix Desnoyers (1795-1869)



Madame Bredif, petite nièce de Jules Lorin (notaire et ami de la famille Bonnet) qui avait pris contact avec nous il y a plusieurs mois après avoir découvert notre blog, a signalé récemment à notre cousine Catherine Chenu qu'elle venait de retrouver dans un tiroir une médaille commémorative de 1874 en l'honneur de notre ancêtre Félix Desnoyers, bienfaiteur de Neuville aux Bois.
Devant son intérêt, elle lui a envoyé les photos recto et verso de cette médaille. Au verso, on constate en effet que les bienfaits de Félix envers la commune sont nombreux comme le raconte d'ailleurs (source VPF) notre arrière grand-mère Marie Madelin née Bonnet, petite fille de François de Sales Desnoyers :

"L'oncle Félix Desnoyers [était] mort l'hiver précédent. Il avait fait de bons et riches legs à la commune de Neuville, entre autres une école de filles qu'il s'agissait de faire construire, celle qui existait depuis le commencement du siècle était trop étroite.Ses nièces héritières de ses surprenantes économies, se préoccupaient beaucoup de l’exécution de ses dernières volontés que mon père avait prises en main. Elles n'hésitèrent même pas à ajouter à ses largesses, lorsque les devis des architectes eurent donné à penser qu'on ne pourrait pas comprendre la salle d'asile dans la somme laissée dans ces constructions.
En 1874 tout fut achevé et une inauguration officielle eu lieu. L’évêque, Monseigneur Dupanloup, le préfet, Monsieur Gigot, s'y firent représenter. Le maire, Monsieur Loiseau et son conseil firent tout pour que la cérémonie fut éclatante et l'on combla d'honneurs mon père qui représentait la famille Desnoyers."

Dont cette médaille à la mémoire de Félix Desnoyers retrouvée récemment par Madame Bredif et le nom de Félix Desnoyers donné et encore conservé à une rue de Neuville aux Bois.

Catherine nous a également transmis à cette occasion tous les documents du présent article, dont celui où Paul  Tournaire, cousin de Marie Bonnet, nous présente sans détours la famille Desnoyers (voir ci-dessous) : l'extravagant mariage d'un père, vieux garçon plutôt original avec une toute jeune fille et ce qu'il advint ainsi que le caractère propre de chacun de leurs trois fils : François de Sales, Maximilien et Félix.
Félix Desnoyers est donc le jeune frère "très lettré mais moins vigoureux", célibataire de surcroît, de notre valeureux aïeul manchot qui, lui, semblait avoir plutôt hérité du caractère bien trempé de sa mère qui prit les rênes de son ménage.
La propriété Desnoyers était le Cas-Rouge (ou Carrouge) également à Neuville aux Bois.

L'extravagant mariage de Jean-François Desnoyers (*) et sa famille vus par Paul Tournaire (source vpf)

(*)JF Desnoyers (1735-1801), fut notaire à Neuville aux Bois, conseiller du Roi et accusateur public

Laissons Paul TOURNAIRE, dans son récit biographique sur sa mère Cécile TOURNAIRE née DESNOYERS, nous raconter:
“Vers 1785 vivait à Neuville aux Bois, sur Ies confins de la Beauce et de la forêt d'0rléans, un vieux garçon de 53 ans qui eut la singulière idée du se marier avec une jeune fille de dix huit ans Caroline Nivet . Celle-ci s'y prêtait sans aucun plaisir et par pure obéissance filiale et M. DESNOYERS avait bien l‘impression qu‘il allait faire une sottise. Si bien que le jour fixé pour la noce, alors que la mariée revêtait sa robe blanche, il disparut soudain. A cette nouvelle la jeune fille fit éclater sa joie et s’en alla manger avec ses demoiselles d'honneur le repas préparé pour la noce. Mais au bout d'une heure on lui ramenait son vieux fiancé tout couvert de paille, découvert au fond d'un grenier. Elle ne put digérer son festin mais se laissa conduire toute pâle à l‘autel. Et ce fut un heureux mariage où la jeune femme tint les rêne du gouvernement, car elle ne manquait pas d'esprit, ni d'autorité.

Trois fils naquirent de cette union: le 21 octobre 1787, Louis, Marie, François de Sales, mon grand-père qu’on appela toujours DESNOYERS. En 1793, Maximilien.En 1795, Félix. Pourquoi Maximilien? C'est que M. DESNOYERS s‘était jeté à fond dans le mouvement révolutionnaire, avait été élu accusateur public au tribunal de Neuville aux Bois, chef-lieu du district du Loiret et était fanatique de Robespierre. Mon grand- père se souvenait de l'avoir vu, le 9 prairial an 11, jour de la fête de l'être suprême, danser autour du buste de son héros sur la place de Neuville. avec sa toge, sa toque, et ses soixante ans. Cette scène falotte est le seul souvenir qu'ait laissé le bonhomme qui mourut peu d'années après, laissant à sa jeune veuve la charge de trois garçons.

….. Madame DESNOYERS qui, soixante ans après. ne voyait pas naître un de ses arrières petits enfants sans s‘informer si la mère avait bien lu l‘Ëmile, fut une femme décidée, autoritaire et peu commode, dure à elle même et soignant ses malaises avec un bon verre d'eau. 
Elle fut pourtant adorée de ses fils dont elle était fière comme la mère des Gracques. L‘ainé était d'ailleurs remarquablement bien doué, pour la parole comme pour l'action. pour l‘action comme pour l‘étude. A 19 ans, élève au Lycée Napoîéon. il obtenait le prix de physique et le 2° prix de mathématiques (*) au concours général et était reçu Polytechnique. Le second. plus timide, entra dans le service des douanes. La troisième, très lettré mais moins vigoureux, acheta à Orlèans une charge de greffier.“

(*) A ce titre, François de Sales Desnoyers reçut comme prix un ouvrage en deux volumes, qu'un de nos cousins, Frédéric Madelin, a retouvé dans une vente. Voir l'article d'avril 2013 de notre blog à ce sujet.



Généalogie des Desnoyers ( source vpf)

Caroline Desnoyers née Nivet



Le Carrouge, propriété des Desnoyers à Neuville








Marie Madelin nous parle encore avec affection de son grand-oncle et nous en donne une image plutôt sympathique (source VPF) :

"... L'oncle Félix avait plus de saillies que son frère [Maximilien]. C'est un homme d'esprit et un fin lettré, mais avec une nuance de scepticisme et un peu mordant.
Cela n'excluait pas la bonté de son cœur, qui s'appliquait surtout à nous, car il aimait ma mère comme une fille et ayant voulu échapper aux embarras d'une famille, il adoptait volontiers celle qu'il trouvait toute faite autour de lui ...
...
[après la vente de Carrouge] Mon oncle Félix Desnoyers, si attaché à Neuville, devint aussi leur hôte habituel [l'hôte de ses parents Jules Bonnet et Eugénie née Desnoyers à la Pichardière], il se plaisait beaucoup près de ses nièces et même de leurs enfants auxquels il prodiguait le cotignac et poursuivait de ses affectueux sarcasmes les essais de tragédie en vers alexandrins auxquels se livrait avec conviction René Tournaire [cousin germain de Marie] ...

Image mortuaire de Félix Desnoyers

Réunion de famille à Versailles du 24 novembre 2013


En septembre dernier et courant novembre nos cousins Kervella avaient fait passer les messages suivants :

Le 26 novembre dernier, Frère Pierre, (oncle PK…), nous quittait.
Le 4 juin, nous trouvions Hervé décédé à son domicile.
Nous proposons à ceux qui le souhaitent et le peuvent de se joindre à nous à la messe de 11h du dimanche 24 novembre 2013 à la cathédrale Saint-Louis de Versailles, qui a longtemps été leur paroisse.
Françoise Dequecker nous accueillera chez elle à l’issue de la célébration pour un pot convivial.


Chers cousins et cousines, nous vous avons proposé de nous retrouver le dimanche 24 novembre prochain à la messe de 11h à la cathédrale St Louis de Versailles, en mémoire de PK et d'Hervé. Nous y associerons aussi le souvenir de Camille Guyot, qui nous a quittés il y a tout juste 20 ans.
Nous prévoyons de poursuivre notre rencontre chez Françoise Dequecker, et proposons à ceux qui le peuvent d'apporter un gâteau ou une tarte salée à partager.
Merci et bises à tous





Ce sont donc 65 cousins, neveux et petit-neveux, certains venus de loin, qui se sont retrouvés à la cathédrale Saint Louis pour assister à une très belle messe du Christ Roi rehaussée par des sonneurs de trompe auxquels l'orgue répondait.


Après la messe, la plupart d'entre nous se sont rendus chez Françoise Dequecker qui avait très généreusement mis son appartement à la disposition de la famille pour une réunion très bien organisée par les Kervella autour d'un buffet froid auquel chacun avait participé.


Tous ont été ravis de ces retrouvailles chaleureuses et animées et se sont réjouis de cette chance de pouvoir garder bien vivant ce lien familial entre cousins.
Nous avons réalisé un petit album avec les photos prises à cette occasion par Catherine Chenu, Véronique ainsi que Claire (François) Lesort que nous remercions toutes les trois.


Vous êtes invité à voir l'album photo de 104090547571510304628 intitulé :Réunion familiale du 24 novembre 2013
Réunion familiale du 24 novembre 2013
24 nov. 2013
de 104090547571510304628



jeudi 31 octobre 2013

Octobre 1813, bataille de Leipzig: il y a deux cent ans exactement, Dominique Larrey (1766-1842), chirurgien de la Garde Impériale sauvait notre ancêtre François de Sales Desnoyers.

                             
             François de Sales Desnoyers (1788-1846), héros des guerres napoléoniennes

Nous vous avions raconté dans un article du blog paru en janvier 2011, que notre ancêtre François de Sales Desnoyers (arrière grand-père de notre grand-mère Elizabeth Madelin), fut très gravement blessé à la bataille de Leipzig le 16 octobre 1813.

La bataille de Leipzig, appelée aussi bataille des Nations, a été la plus grande confrontation de l'ère napoléonienne et la plus grande bataille livrée en Europe avant la première Guerre Mondiale, ce qui en fait une des plus grandes batailles de l'Histoire.
Sur un champ de bataille très étendu (15 km de large) où les combats s'étalèrent sur 4 jours entre le 16 et le 19 octobre 1813, Napoléon assembla au final environ 190.000 hommes contre 400.000 pour la sixième coalition constituée par l'Empire russe, l'Empire autrichien, le Royaume de Prusse et le Royaume de Suède.
Ce fut une succession d'engagements séparés mais féroces et extrêmement meurtriers. Le plan Allié fut finalement gagnant puisque leur supériorité numérique leur permit d'attaquer partout et de maintenir une pression constante sur les troupes de Napoléon. Celui-ci fut donc rarement en mesure de prendre l’avantage stratégique bien que gagnant presque tous les engagements séparés, ce rapport de force d'un contre deux interdisait toute victoire décisive contre un adversaire résolu et qui avait appris à se battre contre lui.


La bataille de Leipzig

C'est donc au cours de cette sanglante bataille que François de Sales Desnoyers eut un bras arraché par un boulet de canon.
A cette époque, une telle blessure avec ses complications signifiait à coup sûr une mort certaine, il fut cependant sauvé par le grand chirurgien Dominique Larrey qui par chance passait par là et qui l'amputa  du bras directement sur le champs de bataille.
Notre ancêtre raconte :
… J’ai eu le bras cassé à un demi pouce de l’épaule à Leipzig le 16 octobre à 4 h du soir, dans une bataille la plus épouvantable que jamais hommes se soient donnée, et la vue de tant de malheureux, bien plus que moi, a sans doute été un premier motif de consolation. Je crus cependant que l’épaule était cassée et qu’il n’y avait pas de remède ; heureusement eut lieu le contraire et cette circonstance me fit regarder les paroles du premier chirurgien qui me dit qu’on allait me couper le bras, comme de vraies paroles de bénédiction. Un heureux hasard fit passer à ce moment le célèbre baron Larrey, le premier opérateur du monde. Il se chargea de ma dissection et un quart d’heure après, sans de grandes souffrances, et sans pousser un seul cri, j’ai eu le bras déboîté dans l’épaule, absolument comme le Général d’Aboville.

Aujourd'hui, exactement  deux cent ans après ces faits, nous rendons hommage à Dominique Larrey, cet homme hors du commun sans qui nous ne serions pas là,  le sauveur de François de Sales Desnoyers et de sa nombreuse descendance ...


Le baron Jean-Dominique Larrey (1804)












































25 novembre 1812 : le dernier acte de la campagne de Russie s’ouvre sur un décor polaire, la température stagne à moins 20°C le jour et descend jusqu’à moins 30°C la nuit.
Les pontonniers néerlandais, sous les ordres du général Jean-Baptiste Eblé, tentent de fabriquer des passerelles de fortune pour traverser la Bérézina, bravant la glace qui se brise sur leurs épaules.
Les Russes misent sur l’obstacle naturel que constitue cette rivière marécageuse pour anéantir la Grande Armée, déjà bien éprouvée.
Fort de 30 000 hommes de troupes fraiches, l’ennemi attend l’armée napoléonienne, mais l’Empereur compte bien surprendre son adversaire et ordonne de traverser la rivière quinze kilomètres en amont du point où il est attendu. 
Les chevaux s’effondrent, foudroyés par la faim et le froid. Affamés, harassés, frigorifiés, les hommes ne peuvent plus tenir leurs armes dont l’acier glacé leur colle aux doigts. Leurs membres anesthésiés n’obéissent plus. Beaucoup tombent…
« Des régiments, des bataillons tout entiers, fondent, disparaissent et noircissent de leurs cadavres la surface éclatante de ces plaines gelées » décrit Pariset dans son Eloge de D. J. Larrey paru dans le Bulletin de l’Académie de Médecine du 25-11-1845.
Un appel domine la cohue : « Place pour monsieur Larrey ! ».
Des regards teintés d’espoir se tournent vers l’homme. Un instant revigorés, fantassins et cavaliers trouvent quelques forces pour le hisser à bras d’hommes sur l’autre rive.
Qui donc est cet officier dont le seul nom fait tant d'effet et redonne espérance et ardeur ? Ce n’est autre que l’admirable chirurgien de la Garde impériale, l’homme le plus populaire de l’armée, Dominique-Jean Larrey…
Fils d’un cordonnier des Pyrénées qui le laisse orphelin à treize ans, Dominique avec l’accord familial rejoint son oncle Alexis Larrey, chirurgien en chef de l’hôpital de Toulouse et fondateur du premier hôpital militaire de cette ville, qui porte toujours son nom bien que devenu civil. Cinq jours de marche le conduisent dans la ville rose où il fait brillamment ses humanités et multiplie premiers prix et autres distinctions, celle notamment de « professeur élève ».
Ambitieux, le jeune homme sent que son avenir est à Paris et à dix-neuf ans, il part à pied avec comme unique bagage une lettre de recommandation d’Alexis et quelques contacts de médecins hauts placés. La marine lui semble le meilleur moyen de se distinguer, aussi passe-t-il le concours de chirurgien-major de la Royale en 1787, dont il sort lauréat.
Il rejoint Brest, toujours à pied, et suit l’enseignement du prestigieux Pierre Duret avant d’embarquer sur La Vigilante. Dominique démontre des qualités hors pair de rigueur, de précision et de dévouement pendant la traversée mais sujet au mal de mer, il préfère donner sa démission.
Rentré à Paris, Larrey poursuit ses études à l’Hôtel-Dieu, sort premier des concours qu’il présente et, recommandé par ses maîtres, est engagé en 1792 comme chirurgien de l’armée du Rhin. C’est au cours de cette première campagne que lui vient l’idée des « ambulances volantes ».
Convaincu que les soins chirurgicaux doivent être prodigués sans délai sur le champ de bataille, il met au point et propose dans le cadre d’un concours, un concept de pratique chirurgicale d’urgence abrité par une ambulance.


Napoléon visite des blessés

Le projet séduit, mais dans un contexte révolutionnaire agité, il faut attendre deux ans pour que le programme soit réellement adopté par le conseil de santé. Cette même année, il rencontre le général Bonaparte dont le dynamisme et l’autorité le fascinent… et le fascineront toujours ! Le général, admiratif de son altruisme lui déclare : « Votre œuvre est une des plus hautes conceptions de notre siècle et suffira à elle seule à votre réputation ».
A partir de 1795, Larrey est de toutes les campagnes. Il traverse le Directoire, le Consulat, l’Empire, la Restauration… sur tous les fronts.
« Chirurgien de l’avant », Larrey est sans cesse au cœur du combat où, intrépide, il s’enfonce sous la mitraille et les tirs des artilleries et enlève les blessés pour les soigner, sans différenciation d’uniforme. En effet le baron d’Empire pratique le dogme de la neutralité des blessés, qu'il soigne sans distinction de camp,  gradés et non gradés, ce qui lui vaut l’estime des généraux ennemis et le surnom bien mérité de « providence du soldat »…
Opération d'un blessé

A Waterloo par exemple, le duc de Wellington s’enquérant de l’identité du chirurgien agissant au cœur de la mêlée, ordonne que l’on ne tire pas de son côté et soulevant son chapeau dit : « Je salue l’honneur et la loyauté qui passent ». Plus tard dans la journée, Larrey est fait prisonnier par les Prussiens mais relâché sur ordre du prince von Blücher dont il a sauvé le fils quelques années auparavant.
Au gré des campagnes, il fonde des écoles d’instruction chirurgicale au Caire, à Madrid ou à Berlin et fort de son expérience incite ses élèves à la connaissance par l’observation.
Les guerres napoléoniennes favoriseront en effet de vrais progrès dans le soin des blessures grâce au développement de la chirurgie militaire. Les pansements utilisés alors sont composés de charpie ( obtenue par effilage de vieille toile de lin ou de coton ), d'étoupe ( peignage des fils de lin ou de coton ), de toile de lin et de bandelettes pour maintenir les bords des plaies.Ils sont imbibés de préparations visant à déterger la plaie et stimuler la cicatrisation : vin miellé, baumes et onguents à base d'huile, de jaune d’œuf, de térébenthine.
Toutefois la nécessité d'effectuer des pansements vraiment propres ne s'imposera que plus tard ...
Mais Larrey excelle surtout dans l’art de l’amputation, évidemment sans anesthésie, époque oblige , comme pour notre François de Sales Desnoyers.
La vie d’un homme est pour lui plus précieuse que celle d’un membre, aussi les vies sauvées par son bistouri précis et rapide (moins d’une minute) se comptent par milliers.
A risquer sa vie pour sauver celle des autres, à donner sans compter de son temps et de ses forces, Dominique-Jean Larrey obtient les faveurs de Napoléon qui le couvre d’honneurs et, signe de reconnaissance suprême, à Eylau, remet son épée impériale au chirurgien qui s’était fait dérober la sienne.


Napoléon à la sanglante bataille d'Eylau


Après une vie active de chirurgien aux armées, le père des antennes chirurgicales mobiles, se consacre à la rédaction de ses mémoires de campagnes sous la forme d’un traité de chirurgie, avant de reprendre du service dans différents hôpitaux : hôtel royal des Invalides, hôpital du Gros Caillou…
Mais ce nostalgique de l’Empire aime le terrain et sollicite une mission en Algérie avec son fils Hippolyte, futur médecin de Napoléon III. Fatigué, l’illustre chirurgien âgé de 76 ans ne résiste pas à une pneumonie et s’éteint avant d’avoir pu regagner Paris et assister aux derniers instants de sa femme.
Enterré au Père Lachaise, on peut lire sur sa tombe une épitaphe extraite du testament de Napoléon Ier : « A Larrey, l’homme le plus vertueux que j’aie connu » !

Visite de Napoléon à l'Hotel des Invalides avec Dominique Larrey