André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 27 mars 2015

Juin 1940, un drame vécu par la famille Lesort dispersée : l'exode - première partie.






Provoqué par l'avancée foudroyante des armées allemande en mai-juin 1940, l'exode fut un drame pour des millions de français jetés sur les routes ou entassés dans des trains bondés sans forcément savoir vraiment où aller au milieu d'une pagaille monstrueuse et de la débandade de nos troupes.

Cet exode de 1940 en France, ce fut la fuite massive de la population française du nord du pays sous l'effet de la terreur provoquée par les troupes allemandes lorsque celles-ci envahirent la majorité de notre territoire national pendant la bataille de France, après la percée de Sedan.



Huit à dix millions de civils, soit près du quart de la population française de l'époque, s'exilèrent de façon désordonnée , souvent sans but, sur les routes, mélangés aux colonnes de soldats en retraite et parfois mitraillés ou  essayant de prendre des trains où des bagarres eurent lieu (trains d'abord de voyageurs puis devant l'afflux, réquisition de trains de bestiaux).



Notre cousine Claire Lesort-Chevalier nous présente cette affreuse période pleine d'accablement, d'incertitude, d'angoisses et de précarité telle que la vécut  la famille Lesort principalement à travers les courriers et le récit de notre grand-mère Elizabeth Lesort qui arriva à Argelès-Gazost dans les Hautes Pyrénées au terme d'un invraisemblable voyage depuis Versailles . 

Comme dirait la chanson : en ce temps là la vie était plus belle et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui ...



A l'ombre du fameux chapeau de Madame Aucante

L'article que nous avons publié en janvier 2015 sous le titre "A pieuse grand-mère, pieuse souris" a trouvé un écho auprès de notre cousine Françoise Dequecker qui nous envoie cette photo et ce commentaire:

L'histoire de la souris dans le chapeau de Mme Aucante m'a rappelé une photo de mon père, Jean Dhavernas, arborant le fameux chapeau, à la Pichardière; c'était en août 1934, deux mois après le mariage de mes parents.
Malheureusement la photo n'est pas très bonne, mais elle a tout de même 80 ans.
Quant au chapeau je ne sais pas du tout ce qu'il est devenu, mais lui aurait dans les 200 ans.
..

vendredi 27 février 2015

Historique de la Pichardiére jusqu'à sa construction, ou comment la Pichardière a été achetée trois fois par nos ancêtres Aucante.



La Pichardière vue par notre grand-mère


En recherchant des documents pour Joseph Disponzio, l'universitaire américain que je devais rencontrer à Paris en décembre 2013, je suis tombé sur un historique de la Pichardiére établi de la main de notre grand-père André Lesort.
Comme il sied à un archiviste de sa qualité, Grand-Père a établi une fiche simple, claire, documentée et précise avec toute la rigueur historique requise.
La petite écriture ronde de Grand-Père m'a toutefois rendu présent son visage encadré par une barbe et une chevelure très blanches et ses yeux si bleus qu'ils avaient séduit Grand-Mère quand il avait enfin osé la regarder lors de leur rencontre matrimoniale de "la dernière chance" en 1905.
Je restitue donc cette fiche, accompagné par le souvenir de ce regard toujours bienveillant, qu'aucun d'entre nous n'a oublié.
Et ainsi, grâce à Grand-Père, nous y retrouvons la singulière mais véridique histoire où nos ancêtres Aucante ont acheté trois fois leur propriété de la Pichardière.
François Lesort

Historique de la Pichardière établi par André Lesort

1636, 22 novembre. Louis Vincent, ancien commissaire des tailles de la ville et paroisse de Neuville, vend à Jacques Pichard, maître chirurgien à Orléans, un " bien à héritage assis aux clos du Pont, paroisse de Neuville" : une maison et terres ( acte Coulaubeau, notaire à Orléens) pour 4231 livres et 10 sols.

1669, 24 octobre. Vente par Jacques Pichard, praticien à Orléans, et Anne Pichard, sa sœur, enfants du précédent, décédé, à Pierre Hanappier, marchand et maître orfèvre à Orléans, un lieu sis proche Neuville en Beauce, consistant en batiments, l'un pour le maître, l'autre pour le vigneron, avec le mobilier vif et mort, à charge de diverses rentes , le tout moyennant 6477 livres.

1746, 15 décembre. Achat de ce bien à la veuve Hanappier par François Aucante ( acte Amyot, notaire à Neuville).Premier achat.

1747, 26 juin. Vente des "lieu et maison appelé la Housseterie ou communément la Pichardière sis en la paroisse de Neuville, consistant en un grand corps de logis pour le bourgeois, dans lequel il y a deux chambres à feu par le bas, vestibule au milieu, deux chambres hautes, grenier au dessus, pressoir à faire le vin, cellier à mettre le vin et grenier dessus, grande porte cochère avec volière au-dessus, ensuite la maison servant de logement pour le vigneron, toit à vache, grange, jardin et deux clos".
Adjudication, devant le bailliage de Neuville, à la requête de Michel Métissier, marchand à Neuville, créancier de François Aucante, maire perpétuel de Neuville, pour 150 livres; adjugé à François Aucante lui-même moyennant 6000 livres (environ 18000 €. ndlr). Deuxième achat.

François Aucante avait épousé le 5 septembre 1741, en l'église de Neuville, Marie-Thèrèse Taffoureau (1707-1797), veuve de Jacques Nivet . Au décès de celle-ci, La Pichardière passe à un fils issu du précédent mariage de Marie-Thérèse Taffoureau (*), Benjamin Nivet (1734-1798).
Les héritiers de Benjamin Nivet, à leur tour, vendront la Pichardière par adjudication à Claude-François Romeron (étude Picot, notaire à Neuville).

(*)NDLR : Marie-Thérèse Taffoureau est doublement notre ancêtre par son mariage avec François Aucante et par son autre fils, Jacques Nivet, également issu de son précédent mariage.
Voir la généalogie explicative en bas de l'article (source VPF).

An 10, 12 ventôse ( 3 mars 1802). Vente par Claude-François Romeron, chef de bureau au ministère de la guerre à Jacques-François-Eleonore Aucante, juge au tribunal de la Seine de "la maison de la Pichardière, consistant en logement de maître et logement de vigneron, pressoir, cellier, grange,bûcher,écurie et autres cénacles formant la dépendance de cette maison avec deux clos de la contenance aux total de trois cent quatre vingt ares ou neuf arpents environ ( 4,5 hectares. ndlr) de terres, vignes et jardin, l'un appelé le clos de devant, dans lequel sont les bâtiments, jardin et une grande allée d'ormes, l'autre appelé le clos de derrière actuellement planté en vignes, luzerne et autres grains doux ..."
Prix 8500 francs (environ 26 000 €. ndlr).Troisième achat.

Par contre ce que ne dit pas la fiche d'André Lesort c'est qu'il existe dans nos archives encore un acte sous seing privé daté du huit thermidor an 11 (26 juillet 1803 ).
Cet acte précise que le citoyen Aucante a acheté la Pichardière au citoyen Romeron et que le citoyen Romeron a acheté la ferme de Villaine au citoyen Aucante et que "nonobstant l'énoncé des prix portés aux actes qui contiennent ces deux ventes, le prix véritable de la Pichardière a été de 10500 francs et celui de la ferme de Villaine de 24000 francs. Que c'est d'après ces deux prix réels que nous avons opéré les compensations et paiements d’excédents d'après lesquels nous avons l'un et l'autre libéré les deux immeubles dont nous sommes à présent propriétaires par les quittances que nous nous sommes donnés respectivement."

Pour compléter ce feuilleton, un dernier acte, daté du 15 septembre 1820 à Paris, finalise dix sept ans après le prix de vente de la ferme de Villaine à 29000 francs, réévaluation et intérêts compris (pour 21000 francs à l'origine).


L'acte de vente du 12 ventôse an 10


Construction de la Pichardière et création de son jardin .

François Aucante, juge de paix du tribunal de première instance de Paris, réside rue de Montmartre à Paris, mais possède une grande maison à Neuville aux Bois sur la place plus  la Pichardière à proximité.
Dans ses souvenirs sur ses parents Jules Bonnet et Eugénie Desnoyers, Jules Bonnet, frère de notre arrière-grand-mère Marie Madelin, nous parle de la Pichardière et de sa reconstruction (source VPF) :
" Tous les ans on allait à la Pichardière dans la maison de vacances des grands-parents Aucante. Mes enfants connaîtront la Pichardière, je n'ai pas besoin de la leur décrire, la maison n'a guère changé depuis le début du siècle (19°s. ndlr), date de sa construction, mais à l'époque de la naissance de mon père, il n'y avait pour toute habitation qu'un bâtiment à 3 ouvertures composé de la cuisine actuelle, du petit antichambre qui est à côté et d'une salle à manger. M et Mme Aucante habitaient à Neuville même, une grande maison qui est sur la place à l'entrée de la rue d'Orléans.La Pichardière était leur jardin, leur petite maison des champs.
Mon père se rappelait très bien tous les incidents de la construction de la Pichardière et nous en parlait souvent.C'était lui qui avait joué le premier rôle à la cérémonie de la pose de la première pierre , ou plutôt de la première marche; il n'avait pas oublié l'orgueil et la joie qu'il avait éprouvés à frapper sur la pierre avec un petit maillet orné de rubans multicolores; tout le travail de construction l'avait intéressé ...
... La construction de la Pichardière n'intéressait pas seulement la famille Aucante et Bonnet, c'était le grand événement et la grande attraction pour tous les neuvillois; le grand-père Aucante en faisait volontiers les honneurs à tous, se réjouissant de tous les compliments et ne voyait pas d'inconvénients à ce que son jardin fût ouvert à tous les visiteurs. Comme tout ce qui est avantageux et agréable, ce droit de promenade pour les neuvillois passa facilement à l'état de tradition et plus tard, lorsque mes parents furent devenus propriétaires, ils eurent grand peine à faire cesser cette habitude de considérer leur jardin comme une promenade publique et n'y réussirent jamais complètement ..."


La Pichardière côté jardins



Plan de la Pichardière et de ses jardins


Généalogie d'une double ascendante : Marie-Thérèse Taffoureau Aucante




Saga familiale. La rétro en photos: Famille Bidault


Nos archives contiennent un certain nombre de photos de famille, de plus certains cousins blogueurs détiennent maintenant les photos conservées dans leur propre branche familiale.
Ce n'est donc pas le fond photographique qui manque et les publications précédentes ont été, semble t'il, fort appréciées.
Nous publierons désormais régulièrement ces bien sympathiques images de notre histoire familiale sous l'intitulé "Saga familiale. La rétro en photos".
Nous serions d'ailleurs heureux d'y intégrer pour le plaisir de tous, les photos détenues par les uns ou par les autres en nous les faisant parvenir sur le mail du blog.
Nous publions aujourd'hui deux bonnes photos de la famille Bidault, l'une de 1957 pour les 25 ans de mariage de Gertrude née Lesort et Maurice Bidault, renseignée par oncle Xavier Lesort, quand à l'autre, plus ancienne, nous comptons sur nos cousins Bidault pour nous donner l'année de la photo et identifier les cousins figurant sur celle-ci.

1957. 25 ans de mariage. De gauche à droite : 2ème rang, Philippe, Marie-Elizabeth, Michel, Françoise, Jean-Maurice, Chantal, Geneviève; 1er rang, Patrice, tante Gertrude, Christiane, oncle Maurice, Marie-Louise





vendredi 30 janvier 2015

Aux délices de Grand-mère, trois histoires de famille à travers les âges. (Ducloux, Aucante, Bonnet)


Les délices de notre grand-mère n'étaient pas d'ordre culinaire ( et de très loin ...) mais provenaient, en plus, de ses réels talents d'illustratrice, de l'écriture et de la conversation où pouvaient s'exprimer la plume Madelin et briller l'esprit Bonnet.
Mais le délice des délices de Grand-mère c'était de pouvoir raconter avec gourmandise de bonnes vieilles histoires de famille et plaisir suprême, quand elles étaient liées à la Pichardière!
Nous retranscrivons ici, issues de nos archives familiales, trois histoires de famille vraies, toutes à Neuville aux Bois, consignées avec verve par Grand-mère et qui devaient d'autant plus faire le régal des assemblées de la Pichardière qu'elles présentaient pour cette bonne société s'il en fut, le charme discret de s'amuser paternellement des manières de l'endroit.

Oh! la bonne galette

Mon arrière-arrière grand-père était médecin de campagne.Il exerçait ses délicates fonctions dans ce brave Neuville aux Bois que tout le monde connait, du moins de nom, dans la famille. Neuville est à présent, une petite citée moderne, et même modèle, grâce à l'eau qu'on est arrivé à faire jaillir dans ce pays sans rivière, et qui, à l'époque où se passe cette petite histoire apéritive devait se contenter de puits profonds parfois à sec - ce qui ne favorisait pas la propreté des campagnards. On s'en arrangeait, que voulez-vous! Les clients de mon grand-grand-père comme les autres ignoraient les bains, les douches et même les simples tubs.
Or, un beau matin, le Dr Ducloux, mon ancêtre fut réveillé dès l'aube par un "gars" d'un hameau assez éloigné de Neuville, afin d'obtenir une rapide visite de " M'sieur le médecin" pour un cultivateur de ce hameau "qu'était ben mal avec tout plein de fièvre". Mon grand-père se leva, attela à son cabriolet, son vieux bidet qui connaissait tous les chemins de ce coin de Beauce où il promenait son maître depuis pas mal d'années, de malade en malade.
Le Docteur avait hâte de voir son client (naturellement le brave homme s'appelait Baratin, l'un des noms neuvillois les plus répandus) et il ne put même pas prendre le temps d'avaler une tasse de café et de se couper un morceau de notre bon pain du pays.
Au hameau auquel il avait été appelé, il trouva le père Baratin sérieusement malade avec une très forte fièvre, je ne sais quel remède on appliquait dans de cas. L'époque dont je parle étant à peu près celle du spirituel Molière, je pense qu'on saignait et purgeait le fiévreux !
Après avoir fait le nécessaire et expliqué de son mieux le traitement à suivre à Mme Baratin, un peu rassurée, celle-ci eu la charmante idée d'offrir au Docteur une part de galette chaude. Qui n'a pas goûté notre galette de Beauce, faite de farine blanche de ce riche pays et de beurre qui la rend feuilletée à plaisir, n'a rien mangé de bon!
Le Docteur, à jeun depuis son départ du bourg, dévore de bon cœur sa part de galette, combattant la fraîcheur de ce matin de septembre par la bonne chaleur qui s'en dégageait.
Ayant fini de se régaler, il dit malheureusement en cherchant des yeux son antique chapeau : "J'admire, Mme Baratin, que vous puissiez me servir un met chaud de si bonne heure alors que vous n'avez encore pas allumé votre feu ..."
Mère Baratin eut un fin sourire : "Ben! M'sieur le Docteur, la galette je l'ai faite hier, mais je l'ai mise sous l'édredon à mon homme, avec c'te grosse fièvre, ça a tenu la galette chaude toute la nuit ..."
Eh bien! croyez moi, le Docteur qui avait passé sur bien des dégoûts tout au long de sa carrière pourtant, senti un poids terrible sur l'estomac toute la journée !!!

Cabriolet


A pieuse grand-mère, pieuse souris ...

La grand messe dominicale était à notre paroisse neuvilloise, solennelle, assez compliquée comme cérémonie et très longue; D'abord, elle commençait par une procession assez lente, durant laquelle les chantres pourvus de leurs chapes chantaient à tue-tête l'hymne du jour.
L'Asperges me se faisait avec conscience; le curé, le vicaire, devaient faire le tour complet de l'église et l'allée du milieu, tout le monde recevait sa goutte d'eau bénite ... puis enfin commençait la messe, interrompue au Kirie par la cérémonie du pain béni, autre rite solennel : la personne qui en faisait l'offrande, devait présenter au prêtre, la pile de galettes qu'elle avait commandées et qui devaient être ensuite coupées et distribuées aux fidèles. De plus la généreuse donatrice mettait un nombre de galettes plus ou moins important, selon sa générosité, afin de les envoyer à ses meilleurs amis qui en faisaient leurs goûter du dimanche. La donatrice, généralement représentée par un enfant de la famille en grande toilette! suivait sa pile de galettes un cierge à la main, tandis que le bedeau avec tronc [canne creuse de bedeau avec fente dans le pommeau pour recevoir les pièces de monnaie et formant ainsi un tronc.NDLR] et chaîne conduisait le cortège à l'autel, deux bedeaux en tenue civile portant ce bienheureux pain béni sur une sorte de brancard.
C'était l'un des passe-temps occupant à propos, la prime jeunesse qui trouvait la messe un peu longue.
Mon arrière-arrière grand-mère qui était une personne sérieuse et pieuse, ne cherchait pas de futiles distractions.Elle suivait sa messe avec soin et écoutait les annonces paroissiales extrêmement détaillées avant le sermon et, avec un respect ému, elle suivait la multitude de noms bien connus d'elle de tous les morts de la paroisse depuis une centaine d'années, puis répondait au De profondis psalmodié par les chantres avec leur accent beauceron si sympathique, lequel accent est en train à présent de disparaître comme le pain béni.
L'arrière grand-mère s'appelait Mme Aucante, c'était une personne très cossue, très bien mise à la mode de l'époque de ce temps qui était celui de la Restauration. Je ne sais pas comment était sa robe du dimanche, sans doute en taffetas avec de grosses manches bouffantes, mais j'ai connu son chapeau perlé (de mon temps !) comme une relique à la Pichardière, la chère demeure qu'elle avait construite.
Le chapeau de Mme Aucante était énorme, avec une haute calotte et de larges bord qui justifièrent le nom de capote donné à cette coiffure. Il était fait de paille de maïs ce qui le rendait très léger malgré ses dimensions, il était attaché sous le menton par de larges brides, que ma grand-mère eu bien envie de dénouer durant la grand messe un dimanche d'automne.
Elle s'était sans doute mise en retard pour gagner, en voiture pourtant !, l'église très proche et avait, je pense, mis très vite son grand chapeau du dimanche.
Dés le début de la messe, elle trouva son chapeau mal installé sur sa tête et au cours de l'office elle sentit quelque chose qui lui grattait terriblement la tête. Elle crut que le grand peigne qui consolidait sa haute coque de cheveux à la mode, s'était détaché et glissait sous la haute calotte du chapeau.
Pour la première fois elle trouva long le Credo pendant lequel un bedeau et deux "enfants de messe" quêtaient solennellement et ... lentement. Enfin au son de l'Angelus, la grand messe se termina.
La grand-mère Aucante, au milieu de la foule des paroissiens qui la saluait respectueusement, regagna sa voiture avec son mari et sa fille Adelaïde. Elle n'osa pas enlever son chapeau tant qu'elle ne fut pas dans sa belle chambre du rez de chaussée de la Pichardière ...
Ce fut là qu'elle eut une surprise désagréable : elle n'avait pas vu, en mettant rapidement son immense capote, qu'une souris s'était réfugiée au fond de la calotte et, elle aussi, dans sa prison, avait trouvé longs "l'aspersion, procession et grand messe" ...

Chapeaux sous la restauration.


Place perdue

L'un des fermiers de ma grand-mère Bonnet portait le nom extraordinaire de Marteau; c'était un bon fermier payant régulièrement son loyer, on lui parlait très aimablement dans notre famille, mais lui était extrêmement silencieux, en bon paysan et bon beauceron.
Il devait trouver très bavards ma grand-mère, mes oncles et tantes qui l'accablaient toujours de questions (extraordinaires pour lui, je crois).
Mr Marteau n'avait jamais quitté son pays natal, il ne connaissait que la Beauce, plate, bien cultivée et fertile. Or sa paroisse ayant organisé un pèlerinage à Lourdes, le bon Marteau trouve à propos d'en être.
En famille on s'y intéresse : Marteau allait dans les Pyrénées! Quel changement d'horizon pour lui! Aussi au retour fut-il  interrogé par tous : "Eh bien, Mr Marteau, vous avez vu un bien beau pays? demanda ma grand-mère. Oh! Il ne fallait pas espérer les récits de voyage attendus ...
Le pratique beauceron dit seulement : "La montagne,M'dame Bonnet ...c'est ben de la place perdue ..."



A la découverte de la chapelle Saint-Gonéry



                                  

Dans notre nombreuse famille et sa grande diversité, beaucoup ont, sur un plan non professionnel, des talents, des passions, des activités ou des hobbies intéressants à faire partager mais inconnus de presque tous.
Mieux se connaître c'est resserrer les liens entre tous et cette rubrique « à la découverte de ... » vous présente à chaque fois ce qu'un cousin ou neveu a bien voulu nous dire sur une activité, un lieu, une œuvre, etc … qui lui tient à cœur.
Si vous pensez pouvoir, vous aussi, nous faire découvrir cette sorte de richesse toute personnelle d'un(e) cousin(e) ou d'un(e) neveu (nièce), nous serons heureux de pouvoir la partager en famille.

Aujourd'hui Claire Lesort-Chevalier interviewe son frère François Lesort pour nous faire partir “A la découverte de” :


                La chapelle Saint-Gonery à Plougrescant dans les Côtes d'Armor


 
                                           

Tout au nord des Côtes d'Armor, sur la presqu'île de Plougrescant où se trouve la maison de bord de mer de François, existe une petite merveille, la chapelle Saint-Gonéry..
Au centre du bourg, cette chapelle des XII et XVe siècles, classée monument historique, attire le regard par son clocher penché, son vaste enclos paroissial, sa chaire à prêcher et son if multicentenaire.
A l'intérieur, elle révèle ses richesses, entre autres, une vierge à l'enfant en albâtre et une crédence remarquablement sculptée, toutes deux du XVIe siècle, mais surtout des peintures naïves, de la fin du XVe siècle, représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, réalisées sur la voûte de la nef et qui sont très connues par les amateurs d'iconographie religieuse.
En 2010, cette voûte, en coque de bateau renversée dont la charpente support, déjà abîmée par des infiltrations antérieures et de plus attaquée par des insectes xylophages était réellement menacée d'effondrement imminent et n'aurait alors sans doute jamais été restaurée.

   
                                              

Pour aider la commune, propriétaire de la chapelle, à sauvegarder ce patrimoine unique et donc à faire face à des travaux dont les montants dépassaient ses moyens, un collectif regroupant des habitants du village et des estivants s'est créé sous forme d'une association, Les Amis de la Chapelle Saint-Gonéry.
Cette association, en plein accord avec la commune, s'est fixée pour tâches d'aider à trouver les fonds pour les travaux nécessaires à la restauration de cette chapelle et de faire partager au plus grand nombre ce joyau de notre patrimoine avec des visites guidées par des membres de l'association (actuellement plus de 10 000 visiteurs par an), par des brochures, par des cartes postales ainsi que par son site internet d'accès public.
François qui a participé à la création de cette association, représente les estivants au sein du bureau en tant que secrétaire et fort de son expérience acquise avec notre blog lesortmadelin.com, a créé (aidé également au départ par son fils Fabien) et gère celui de l'association comme support des actions entreprises tout en permettant un suivi de l'actualité entourant cette chapelle.
Ce blog donne également, dans ses rubriques permanentes, les renseignements nécessaires aux futurs visiteurs de la chapelle dont une petite visite guidée des lieux qui semble fort appréciée. 
Les liens de ce blog avec les sites de la mairie, de l'office du tourisme et d'autres associations, lui permettent d'être très fréquenté et a il reçu près de 20 000 visites en 3 ans.
Aujourd'hui après une première tranche de travaux à la fois importants, spectaculaires et très techniques, la chapelle est sauvée.




Restauration des peintures de la nef

La première réouverture a eu lieu pour le "petit" pardon de saint Gonéry du lundi de Pâques en avril 2014 et à cette occasion un réalisateur de france3 est venu faire un reportage pour l'émission bien connue "DES RACINES et DES AILES" (article Ouest France en fin d'article) qui a été diffusée en novembre 2014 sous le titre "De la baie de Morlaix au cap Fréhel".
La séquence concernant la chapelle Saint Gonery est visible en cliquant sur le lien ci-dessous:
L'association reste satisfaite d'avoir participé et aidé à ce tournage à la demande du réalisateur car elle ne peut que se réjouir d'une telle publicité pour sa chère chapelle même si son rôle pourtant essentiel dans le sauvetage, les visites et la mise en valeur de ce monument ainsi que sa contribution à l'animation de la vie locale n'ont aucunement été mentionnés. Mœurs télévisuelles sans doute ...
Les visites de la chapelle ont repris depuis début mai avec un succès accru et 8000 visiteurs ont pu admirer cette exceptionnelle restauration dès l'été dernier.
Mais il n'y a qu'une seule bonne façon d'illustrer ces propos, de mieux connaître cette belle chapelle et l'association qui la défend et la valorise :

rejoignons son blog en cliquant sur lesamisdesaintgonery.blogspot.fr


                  
Article Ouest France du 24 avril 2014

     
                     

vendredi 26 décembre 2014

Henri Chamussy nous raconte le mariage de tante Maguy et oncle Gonzague Lesort.



Suite à la publication fin juin 2014 de la  belle photo ci-dessous, prise à l'occasion du mariage d'Oncle Gonzague et Tante Maguy en 1948 où l'on voit la mariée entourée des enfants d'honneur, notre cousin Henri Chamussy nous a fait part des bons souvenirs que lui avait laissés cette cérémonie.




"Je me souviens parfaitement du mariage de tante Maguy et d'oncle Gonzague à Rennes. 
Ces festivités avaient été agrémentées, pour ma soeur Catherine (demoiselle d'honneur, comme on le voit sur la photo) et moi d'une virée à Saint-Malo, avec évidemment maman et papa (tante Chantal et oncle Léon, pour les ignorants), tante Thérèse, et peut-être d'autres membres de la famille, mais je ne m'en souviens pas. 
On était dans un hôtel sur la digue, et il y avait eu une tempête pendant la nuit. les embruns frappaient les volets. Le lendemain, nous avions visité Saint-Malo (encore terriblement détruit) et nous nous étions promené sur le rivage, jusqu'à Paramé... 
Puis nous avions visité Rennes; la seule chose dont je me souviens était, dans le Parlement de Bretagne, qui a brûlé depuis, une fresque de la Justice, qui, à quelque endroit de la salle où on déambulait, semblait vous regarder personnellement. Jean-Michel étant arrivé, lui et moi sommes allés nous balader sans les parents dans Rennes. J'ai quelque part une photo de cette balade.

A Rennes, autre hôtel. Cela me semblait extraordinaire: prendre un train de grandes lignes, aller dans deux hôtels, visiter une ville inconnue, presque exotique. Evidemment, ce voyage semble probablement d'une affreuse banalité, voire fort ennuyeux pour nos jeunes neveux et nièces et petits enfants qui lisent (peut-être) le blog, mais pour moi, 13 ans, c'était une aventure. A part un pèlerinage à Lourdes avec maman en 42 (je crois) je n'étais jamais allé à l'hôtel...

Du mariage lui-même, je ne me souviens absolument pas de la cérémonie à l'église. En revanche, j'ai honte de le dire, je me souviens fort bien du repas. C'était la première fois de ma vie que je participais à un "grand repas solennel", j'avais reçu mille recommandations, et j'enviais les jeunes demoiselles d'honneur qui faisaient les folles dans une autre pièce. Je me souviens qu'à un serveur qui versait dignement du vin depuis une bouteille allongée dans un panier d'osier (ce sont des choses qu'on n'oublie pas) et qui susurrait à chaque convive: "saint-émilion", oncle Gonzague avait répondu, d'une voix forte: "Priez-pour nous". J'avais trouvé cela excessivement drôle, je ne sais pourquoi, car je ne savais pas ce que c'était que du saint-émilion...

Le lendemain, il avait fallu regagner Versailles, et je crois que la vie de collégien m'a semblé fort terne pendant quelques jours..."

Note de la rédaction sur saint Emilion, Saint-Emilion et saint-émilion.

Saint-Émilion, un site exceptionnel issu d'un modeste ermite, saint Emilion, au cœur d'un terroir viticole aux crus de renommée mondiale, le saint-émilion…

Au VIII ème siècle, un moine breton natif de Vannes, nommé Emilion, choisit comme lieu de retraite ASCUMBAS (ancien nom de la cité de Saint-Émilion).
Cet homme de cœur quitta sa famille et sa Bretagne natale pour se retirer et se consacrer à la prière. Par ses miracles et sa générosité, sa renommée rayonna par-delà la vallée et de nombreux disciples le rejoignirent. Emilion évangélisa la population, créant ainsi une grande cité monastique à laquelle les fidèles donnèrent son nom.
Ce saint homme mourut le 6 janvier de l’an 767, après avoir passé les dix-sept dernières années de sa vie dans son ermitage, autour duquel furent construits la cité de Saint-Émilion et son ensemble troglodytique exceptionnel.

En plus de produire des crûs extrêmement réputés, la Juridiction de Saint-Emilion est inscrite depuis le 5 décembre 1999 sur la liste du patrimoine mondial au titre des paysages culturels comme exemple remarquable d’un paysage viticole historique qui a survécu intact et toujours en activité de nos jours.

Cher Oncle, invoquer la bienveillance de saint Emilion paraît donc certainement extrêmement bénéfique ...