André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 25 septembre 2015

On l'appelait tante Moineau.






La photo de Moineau devant nous, c’est celle de notre maman telle que nous l’avons connue lorsque nous étions enfants. Nous voudrions vous la faire partager.
Elle y est jeune, belle, et heureuse
On l’appelait Moineau, il parait que ce sont ses frères qui l’ont surnommée ainsi quand elle était petite parce qu’elle passait son temps à grimper aux arbres ; c’est devenu son nom usuel pour ses amis, puis son mari, nos proches et nos amis à nous, nos enfants et petits-enfants…, et beaucoup de gens ne la connaissent que sous ce surnom.

Moineau était une personne libre : C’était une personne pleine d’énergie et de spontanéité: A 90 ans encore, elle « sautait »-selon ses propres termes- dans les bus, sans destination programmée, pour le seul plaisir de l’aventure, et bien audacieux qui aurait voulu l’en empêcher. Elle était sportive –elle nous abandonnait tous les lundis pour ses sacro-saintes parties de tennis avec ses trois acolytes dont sa sœur Anne, c’est elle qui nous a appris le tennis. Sur la plage, nous la voyions filer, à la nage, droit vers l’horizon, parfois au soleil couchant, alors qu’à terre, l’attendait, piétinant, un époux anxieux…

Elle n’aimait pas les normes, elle ne s’intéressait pas à l’argent, pas plus qu’au confort – le raccordement au gaz c’était non, la machine à laver on peut bien s'en passer, changer la vieille cuisinière devenue dangereuse cela peut attendre, etc… Elle était joueuse, elle préférait d’ailleurs encore plus contourner les règles que les pratiquer: aux cartes, ça l’amusait beaucoup plus et ça faisait rire les enfants! Elle aimait bien chaparder des fruits dans les champs… elle n’a pas commis de crimes beaucoup plus graves, peut-être un piètre intérêt pour la chose culinaire qui a marqué quelques mémoires. On n’est pas là vraiment dans le péché...

Ce caractère, elle l’avait beaucoup emprunté à sa mère, Mamita, qui faisait exactement pareil. On ne peut pas parler de Moineau sans parler de Mamita, que nous enfants nous adorions. Elle partageait avec elle la fantaisie et l’horreur des contraintes- si ce n’était pas toujours confortable à vivre pour son entourage, nos amis et nos proches l’aimaient beaucoup pour cela, nous avons reçu plusieurs témoignages ces jours-ci qui nous le rappelaient- ; elle avait un coté insouciant et rebelle, dédaignait ce qui va mal, les médecins et les protocoles, elle semblait inaccessible à la douleur physique, au point qu’elle nous avait habitués à être indestructible… jusqu’à il y a quelques jours.

«Chapeau Moineau », a écrit un ami à l’annonce de son décès, « c’est bien elle, ça, ce dernier pied de nez aux conventions, aux bonnes manières,... Chapeau Moineau, quelle élégance !… »

Son monde, c’étaient les relations « vraies » (son expression favorite) : ses valeurs étaient la sincérité, la générosité, la chaleur humaine. Dans les messages que nous avons reçus ces jours-ci, viennent les mots « gentillesse », « bonne humeur », « courage », « discrétion », « attentive », « souriante », « drôle », « qui nous faisait rêver»… On voudrait rester sur cette dernière expression.

Elle attachait une grande importance à la foi chrétienne ; elle a beaucoup réfléchi et travaillé sur le sens du rapport avec Dieu, beaucoup échangé et partagé avec son mari PA sur le sujet, c’était un des grands sujets qui les réunissait; elle a beaucoup donné dans les mouvements catholiques, le scoutisme, le Secours Catholique, les groupes de réflexion « bible », les groupes œcuméniques, et dans les cours de catéchisme qu’elle donnait à la maison, notamment aux enfants handicapés – cela nous volait un peu de temps au profit d’autres enfants, nous lui en voulions même un peu.

Ses rapports avec son mari P-A sont un champ immensément riche sur lequel nous aurions mille choses à dire, on se contentera de souligner qu’ils comportaient une dimension intellectuelle, alimentée par sa passion de la lecture, fondamentale dans sa vie.

Moineau était ainsi partie inséparable de l’aventure littéraire de PA. Première lectrice de ses romans, c’est elle qui dactylographiait au fur-et-à-mesure ses manuscrits -qu’elle seule pouvait déchiffrer-; elle savait aussi faire entendre ses critiques et commentaires avec un certain doigté. Elle partageait aussi avec intérêt les échanges avec le monde littéraire de PA éditeur, et ne se privait d’ailleurs pas de jugements catégoriques et même souvent passionnels –car Moineau était quelqu’un de passionné et de passionnel.

Et puis, il y a eu les dernières années. Dans sa grande vieillesse, son existence nous est petit à petit devenue moins facilement accessible, empreinte de mystère. Elle a eu la chance de vivre ces dernières années dans la maison Saint-Louis, et il faut dire combien nous avons été touchés par la gentillesse, la délicatesse et le souci d’autrui qui y règnent tant chez les résidents que chez le
personnel : Au nom de Moineau et au nom de ses enfants, merci.

Ces quelques mots ne résument évidemment pas Moineau –cent années de Moineau !... : on a simplement envie de dire : nous t’aimons beaucoup et tu nous manques.

Texte écrit par ses enfants pour les obsèques de tante Moineau et lu à la messe par Christophe Lesort qui nous l'a transmis à destination de tous les cousins.

Christophe nous a également transmis d'autres photos de tante Moineau, nous en publions quelques unes ainsi que la photo de son mariage avec notre oncle Paul-André Lesort (photothèque Chamussy).



Mariage 1938
Catherine Chenu nous a également fait le commentaire suivant sur cette photo : parmi les enfants d'honneur on remarque de gauche à droite Marie-Noëlle Dhavernas Chantal Bidault, Jean-Michel Dhavernas, Vincent Chamussy (?) Pascale Dhavernas (?). plus loin assis sur le fauteuil Henri Chamussy et debout à côté Michel Bidault.

Avec Marc 1948
Vacances à Hauteville 1959


Babyfoot avec Guillaume (fils d'Emmanuelle) 1980




Anniversaire 83 ans 1998

Cartes avec Capucine (fille de Christophe) 2003


Grand-mère à Paris, Grand-père à Rennes garde les enfants ...



Catherine Chenu nous a retranscrit un amusant et touchant courrier de notre grand-père Lesort à notre grand-mère alors qu'il a la garde pour quelques jours de ses  filles ainées (heureusement seulement deux à l'époque) et où l'on voit un archiviste-paléographe distingué du genre plutôt intellectuel gérer du mieux qu'il peut la petite enfance et les problèmes domestiques ...


Rennes , ce 5 juin 1910

Ma petite Bobeth chérie,
Nous voici donc arrivés au troisième soir depuis ton départ : la journée s'est bien passée, grâce à ta bonne lettre, que j'ai déjà lue trois fois et que je relirai sans doute une quatrième avant de m'endormir. je vais te raconter les petits événements du jour, en suivant l'ordre : je commence même par la soirée d'hier, qui a été marquée par une violente colère de notre Gertrude, alors que les bonnes étaient montées. Cela a duré trois grands quarts d'heure , au bout desquels j'ai constaté que la paillasse avait été mal égalisée et que notre petite bonne femme avait les pieds plus hauts que la tête ; pour remettre les choses en état j'ai assis Gertrude par terre ,sur la descente de lit , ce qui a paru l'humilier profondément , puis je lui ai administré le fond du flacon d'eau de fleur d'oranger , soit trois petites cuillerées , après quoi elle s'est endormie de tout son cœur qui était encore soulevé par de gros sanglots . Ce matin, quand je me suis levé à 6 heures, j'ai eu beau évité de faire le moindre bruit, le petit bout s'est éveillé. Chantal avait très bien dormi, mais, à 9h ½ elle était si complètement trempée que j'ai renoncé à lui faire prendre ses précautions.
Ce matin donc, après avoir lu un ouvrage d'archéologie jusqu'à 8h moins cinq, je suis allé à la messe des hommes ….
………..
A mon retour j'ai un peu bêtisé avec nos filles ; les bonnes me paraissent gentilles pour elles mais les pauvres petites m'entourent visiblement plus qu'à l'ordinaire ; Chantal, en particulier, se montre très affectueuse. Elle parle beaucoup de toi, se réjouit de la venue de tante Lucie, et s'est tordue comme une folle d'un bon rire perlé, quand je lui ai dit que tu faisais tes amitiés à " le n'ours " ce qui n'a pas été perdu.
Je l'ai installée dans mon bureau avec le ménage de tante Tournaire , et je l'y ai même laissée quand je suis sorti pour aller au Palais chercher un document dont j'ai besoin demain aux archives , acheter les Débats et les gâteaux ; à mon retour j'ai trouvé Chantal jouant à la salle à manger avec Gertrude , mais le ménage avait été remis en place sur la table , de l'ordre .
Le déjeuner chez les Jordan a été un peu mouvementé ; on avait mis Chantal à table et tout avait d'abord bien marché ; mais tous les enfants l'ont bientôt regardée, avec l'air ironique que tu leur connais , et la pauvre Chantal s'est précipitée la tête sur mes genoux en sanglotant ; il n'y a pas eu moyen de la faire revenir à une meilleure position , et il a fallu que Mme J. la conduisit à la cuisine , où elle a déjeuné avec les bonnes ; au dessert , Marthe est allée la chercher et elle a consenti à partager le dessert commun . Elle est allée ensuite faire la procession au jardin, où on l'a affublée d'un tablier à Marthe et d'un grand chapeau de paille. A 2 h ½ tout le monde est parti pour la promenade et pour la procession ; j'ai voulu garder Chantal mais Mme J. a tellement insisté que je l'ai laissée. Il parait qu'avec Babeth il n'y a jamais de difficultés, et que les qualités éminentes de cette bonne sont une occasion de difficultés à la campagne, où les enfants des autres ménages lâchent leur bonne pour rester auprès de Babeth qui en fait merveille. Chantal est encore invitée pour demain : c'est un abonnement.
Je suis resté à bavarder jusqu'à 3 heures avec Mr et Mme J. : conversation très cléricale, sur les séminaires, l'abbé Daliry , le recrutement du clergé , les autos épiscopales etc … après quoi je suis revenu faire 1 heure ½ d'archéologie à la maison , et je suis parti pour voir la procession , d'abord en face de l'Hôtel-Dieu ……
…………..
Au retour, j'ai trouvé Marie gardant Gertrude, laquelle venait de se salir affreusement, pour la seconde fois de la journée ( je lui avais donné ce matin une cuillérée de sirop de pommes de reinette ) ; elle a encore pris un œuf à 2 heures . Elle a été de très bonne humeur toute la journée, mais elle est un peu criarde pendant qu'Albertine la déshabille, car elle ne veut pas se coucher. Chantal dine très gaîment, et parait ravie d'avoir son petit gâteau : " C'est gentil à vous d'y avoir pensé " m'a-t-elle dit.
Ce qui est encore plus gentil, c'est l'attention de ta maman d'inviter mes parents ce soir ; je me réjouis beaucoup pour eux de cette réunion, mais je frémis un peu …; j'ai écrit vendredi à père, en lui demandant de te ménager sur ce chapitre.
Dans le récit de ta course au Bon Marché, tu ne parles pas de ta guimpe : tu n'iras pas, je pense, demain au mariage de Sophie avec ton corsage blanc qui commence à être bien défraichi et qui se découd sur certains points..Si tu n'as pas acheté d'épingles à chapeau, choisis-les plus belles que tu n'avais décidé, presque à 4 ou 5 f la paire : si cela te faisait plaisir, ce serait la petite surprise que je te donnerais pour tes 55 ans, à moins que tu ne préfères un pantalon.
Les petites sont couchées ; tout s'est bien passé. Gertrude ne voulait pas se laisser mettre au lit mais la vue du sirop Delebarre l'a tout à fait décidée.
Je te quitte, pour me mettre à table puis écrire un mot à oncle Félix. Je t'embrasse aussi fort que je peux le faire sans te rien casser, mais tu sais que ma tendresse profonde et chaude peut se passer de ces manifestations violentes. Distribue autour de toi les sentiments que tu sais. Ton André

Ci-dessous les protagonistes :

Grand-père, Gertrude, Grand-mère et Chantal Lesort vers 1909-1910

Photo de fin 1909 ou début 1910
André Lesort ; Gertrude ; Chantal ; Elisabeth Lesort
Ajoutée à la lettre en 2011 par C.Chenu-Chamussy

vendredi 26 juin 2015

Histoires de famille : 1944, la canne et la benne.


Une famille aussi nombreuse et aussi vivante que la notre, fourmille d'anecdotes, abonde en histoires de toutes sortes et leur répertoire inépuisable agrémente toutes nos réunions familiales.
Nous souhaitons les faire partager à tous sous la rubrique "Histoires de famille" et nous sollicitons tous ceux qui en détiennent de nous les envoyer pour alimenter cette plaisante rubrique.
Notre cousine Blandine Ayoub nous en a communiqué quelques unes pour notre plus grand plaisir et nous publions aujourd'hui la fameuse histoire du voyage en camion-benne.




Grand-mère, grand-père, tante Chantal et oncle Léon Chamussy, Thérèse se sont rendus ensemble au mariage de tante Marie-Madeleine et oncle Jean Guyot, à la fin de la guerre, alors que les transports réguliers n’avaient pas encore été rétablis et que des combats étaient en cours dans la région.
Ce fut une véritable épopée dont je n’ai pas retenu tous les détails, mais ils durent monter - nos grands-parents dans la cabine et les autres dans la benne - d’un camion assez haut perché sur ses grandes roues. Grand-mère n’eut aucun problème pour escalader l’engin et se retrouva très vite à bon port, tandis que grand-père tournait autour bien embarrassé, en s’exclamant : « Mais enfin Bobeth, où donc as-tu appris à grimper comme ça ? », ce à quoi grand-mère répondit : « Et les arbres de la Pichardière, à quoi crois-tu donc qu’ils servaient ? Tends-moi ta canne, je vais te tirer jusqu’à moi ! » Nos cinq  Lesort finalement installés tant bien que mal, le camion put repartir. Mais voilà que les passagers de la benne, sans communication avec ceux de la cabine, sentent qu’il se passe quelque chose d’anormal : la benne commence à se soulever petit à petit, mais inexorablement, comme pour renverser son chargement sur la route. Panique à bord ! Les Chamussy et Thérèse crient de toutes leurs forces, ils donnent des coups de poings sur le toit de la cabine, mais celle-ci s’éloigne de plus en plus hors de leur portée… Finalement, ce sont des voitures roulant en sens inverse qui donnèrent l’alerte au chauffeur et sauvèrent nos passagers. On démasqua immédiatement la coupable : la canne de grand-père s’était accrochée (ou l’avait-il accrochée pour se libérer les mains ?) à la manette stratégique de levage dans la cabine du chauffeur, telle celle des Dupont dans la fusée de Tintin, - les effets en apesanteur n’étant pas exactement les mêmes mais presque plus rassurants!


La véracité de cette épopée est confirmée par la photo prise dans la benne du camion où l'on peut voir de gauche à droite tante Thèrèse Lesort, tante Chantal Chamussy, la jeune Archiviste de Lyon et le général Zeller.




L'histoire est complétée par notre cousine Catherine Chenu :

Papa et Maman étaient présents au mariage des Guyot le 15 juillet 1944 mais sans aucun enfant. Nous, les aînés, avions été évacués sur Moroges depuis quelques semaines et les plus jeunes étaient confiés à Lyon à des cousins des parents. Papa et maman ont fait les voyages avec Grand-père et Grand-mère.
Ils avaient du voyager dans un camion envoyé par oncle Jean Guyot les prendre à la gare (de Grenoble je pense), nos grands-parents dans la cabine et nos parents dans la benne. 
Grand-père, du genre distrait, ayant accroché sa canne à la manette qui manœuvrait la benne celle-ci s'était mise à se lever risquant de projeter sur la route ses occupants. Et impossible de se faire entendre de ceux de la cabine!
Il y avait à l'époque de  grands combats dans le Vercors, les routes étaient peu sûres et il parait que, du côté de Voreppe en particulier la situation était chaude : on entendait le bruit des combats, des mitraillages et des avions allemands (voir nota).
En rentrant à Lyon les parents ont raconté tout cela en récupérant les enfants chez leurs cousins et, comme ils étaient sains et saufs, ils riaient de leur équipée. Mais cela n'a pas du tout amusé leurs cousins qui les ont traités d'inconscients et de parents indignes ; sans doute inquiets, après coup, à l'idée de tous ces potentiels orphelins...

Nota. La situation dans la région était en effet extrêmement sérieuse puisqu'il s'agissait rien de moins que des préparatifs d'encerclement et d'attaque générale du maquis du plateau du Vercors, environ 4000 hommes, que les Allemands avaient décidé d'anéantir.
Le massif surplombe la Vallée du Rhône et les routes d'Italie et un mois après le Débarquement de Normandie, pas question pour la Wehrmacht de laisser ces routes aux mains de la Résistance, suspectée de préparer l'arrivée des militaires américains, .
Qu'on en juge, sans entrer dans le détail des opérations :
À partir du 13 juillet 1944, harcèlement aérien quotidien allemand sur le Plateau du Vercors. Bombardement de Vassieux et de la Chapelle-en-Vercors.
Des renseignements font état de la présence de troupes allemandes sur les itinéraires de la vallée du Rhône, de la cluse de Voreppe et de la route Grenoble-Luz-laCroix-Haute.
Les mouvements de chars repérés à Livron et l’intense activité aérienne allemande sont les indices de l’imminence d’une attaque.
Le 14 juillet, les alliés parachutent des armes en masse et des tonnes de matériel sur le Vercors, s'ensuivent de nombreuses attaques aériennes allemandes et des bombardements destructeurs sur Vassieux et la Chapelle-en Vercors.Le 20 juillet, débute l’action décisive. Les Allemands commencent à encercler, avec 10 000 soldats et policiers, le Massif du Vercors afin de l’isoler de la Drôme, du Dévoluy et de l’Oisans.
Dans la Drôme, ils attaquent les maquis de Livron en direction de Crest. En Isère, ils s’engagent du col de la Croix-Haute vers les cols de la Menée et de Grimone en direction de Die.
Le 21 juillet, les Allemands lancent l'attaque générale contre le massif du Vercors.

Parachutage allié destiné au maquis du Vercors




Drapeau de la République libre du Vercors juin-juillet 1944












Au Hasard : notre grand-mère présente nos parents encore enfants.



Notre cousine Emmanelle Lesort a décrypté et tapé "Au Hasard !", un texte écrit par notre grand-mère Elisabeth Lesort en 1929, dans lequel une maman pleine d'humour brosse la personnalité de chacun de ses enfants à la lumière d'une anecdote.
Nous ajouterons que ces portraits à la fois émouvants et drôles sans oublier l'indispensable touche bien-pensante sont du pur Grand-mère dans le texte.
La page concernant Gertrude, entre Chantal et Marie-Geneviève, est manquante et nous sollicitons nos cousins mexicains, pour savoir si elle est dans leurs archives.
Notre cousine Catherine Chenu a judicieusement illustré le texte avec des photos, issues de sa photothèque, qui correspondent pour chaque enfant Lesort à l'âge où ils sont décrits par Grand-mère.

Pour lire "Au Hasard" cliquer ici.



Chantal 4 ans
Wilhelmine 4 ans
Gertrude 3 ans



Marie-Geneviève 3 ans
Paul-André 5 ans



Marie-Madeleine 5 ans


Xavier 7 ans
Gonzague 6 ans

Thérèse 7 ans










vendredi 29 mai 2015

Juin-septembre 1940 : l'exil à Argelès-Gazost vécu par Gonzague Lesort.


En complément au récit de l'exode de 1940 par notre grand-mère, Elizabeth Lesort, publié ces deux derniers mois, notre oncle Gonzague Lesort nous a communiqué son propre récit d'exil à Argeles-Gazost dans les Pyrénées.
Ce récit est extrait de ses mémoires dont il nous a déjà confié d'autres passages pour publication et nous l'en remercions.


Xavier et Gonzague Lesort à Lyon  en septembre 1940 avec Jean-Michel Dhavernas et Henri Chamussy.
 Peu à peu, certaines choses normales réapparurent. Le courrier fut rétabli quelques semaines après. Nous avions signalé notre point de chute aux seules adresses connues et nous commençâmes à recevoir au compte-gouttes quelques nouvelles. tout d'abord par Chantal qui était restée au Puy et qui fut ainsi la plaque tournante des échanges d'information.
Xavier, après des évacuations bombardées, désordonnées et abandonnées, s'était retrouvé à 50 kilomètres d'Argelès. Jean Dhavernas était démobilisé. Mon ancien chef scout Jacques Poissonier, jeune officier avait été tué lors du bombardement de la gare de Tergnier. et l'on devait apprendre un peu plus tard la mort de François Malliart, qui s'était farouchement défendu dans son char d'assaut et y avait été tué le 19 mai, dans le cimetière de La-Rue-Des-Vignes, non loin de Cambrai.
Mon père était sain et sauf au milieu de ses archives dans Paris occupé (il avait été à pied à Versailles constater que notre maison n'avait pas souffert).
Assez longtemps après ces premières nouvelles nous apprîmes que Paul-André avait été fait prisonnier dans le nord. Il restera cinq années en Allemagne dans différents "Offlags".
Dans l'attente d'on savait quoi, on s'ennuyait furieusement entre l’hôtel Baron et les jardins du Casino d'Argelès. On se promenait, on escaladait les montagnes voisines, on se baignait dans les lacs, on bavardait avec les gens de toutes sortes que nous avions rencontrés.Les juifs de notre hôtel étaient agréables avec nous et nous avec eux. Bien qu'un soir je devins impopulaire, en posant à haute voix la question d'origine du plat de lapin que l'on avait servi, peu après que la chatte des patrons ait mis bas quelques petits ...
Grâce à l'appui de l'autorité militaire locale, les trois Lesort du sexe faible purent aller en voiture de l'armée rendre visite à Xavier, cantonné à Arzacq. A pied, en stop, j'allais voir des amis de Versailles réfugiés dans la région.
Enfin un bachot fut organisé à Tarbes. J'y tentais ma chance et fus à cette occasion chaleureusement accueilli dans la famille de l'archiviste des Hautes-Pyrénées, Monsieur Balenci, sa femme et ses trois filles.Je tombais ces quelques jours amoureux de la dernière de celles-ci.
Au lycée de Tarbes où se déroulaient les épreuves, je retrouvais quelques copains de Versailles : Jean Boissard, Gérard de Pins, Christian Préaux. Grâce à celui-ci qui, voisin d'épreuves, me souffla la formule géométrique du tronc de cône, je fus admissible de justesse.
Mais ma "collante" arriva après la date des oraux, le plus grand désordre régnant dans les postes, comme ailleurs. Je dus donc attendre la session d'octobre, sans même savoir dans quel coin de France je passerais cet oral.
Avant que la zone occupée par l'Allemagne ne fut étroitement bouclée par la fameuse "Ligne de démarcation" ( de Pau, à Bourges, Moulins, Chalon sur Saône et Genève ), les réfugiés furent progressivement rapatriés par convois entiers. Ma mère retourna seule à Versailles. Marie-Madeleine et Wilhelmine partirent rejoindre les Dhavernas provisoirement installés à Vichy, où venait de s'établir le gouvernement du nouvel "Etat Français".

Gonzague Lesort




Avril 2015 : les cousins du blog se retrouvent pour une réunion de travail


Les cousins du blog se sont retrouvés le 18 avril 2015 à Versailles pour une réunion de travail précédée d'un déjeuner familial et d'un petit "pèlerinage", rue Neuve Notre-Dame, devant la maison où se trouvait le très versaillais et très original Cours Gufflet, fréquenté en son temps par certaines de nos cousines (et quelques cousins dans les petites classes).
Nous sommes preneurs de tous les souvenirs, et nous savons qu'ils sont nombreux, qu'à laissé ce légendaire Cours des demoiselles Gufflet à celles et ceux qui l'ont fréquenté.
Notre charmante cousine Marie-Laure, femme de Nicolas Lesort, a pris quelques très bonnes photos à cette occasion, nous les partageons avec tous.













Cours Gufflet et anciens élèves à l'adresse historique.

Le coin des nostalgiques. Le Cours Gufflet qu'est-il devenu ? Un peu d'histoire : 

Le COURS Gufflet puis COURS Versaillais : Une longue et vieille histoire...


1885 :
Mademoiselle Moineau fonde le cours auquel elle donne son nom, l'école est née.

1930 :
Mademoiselle Gufflet reprend la direction, l'école s'enracine à Versailles.

1973 :
Mademoiselle Gufflet part à la retraite, c’est mademoiselle de Seze qui reprend la direction du cours Gufflet, lui gardant toutes ses caractéristiques : « institution de jeunes filles du primaire à la terminale ; l’enseignement s’adresse aux élèves classiques mais aussi à celles qui sont précoces ; aux artistes qui consacrent beaucoup de temps à leur passion ; aux enfants à la santé délicate ; aux élèves qui ont besoin de suivre leur propre rythme ».

1991 :
Le cours connaît des difficultés et il est sur le point de fermer. Une partie des professeurs ne voulant pas s'y résoudre décide de reprendre le flambeau faisant appel à Madame Masson. Celle-ci ayant l'expérience de directrice d'établissement les aide à entreprendre cette lourde tâche.
L'école devient mixte, change de nouveau de nom pour s'appeler Cours Versaillais. Installé dans un appartement de la rue Albert Joly, avec une quarantaine d'élèves, puis dans une maison de cette même rue, il s'établit Boulevard du Roi avec le double d'élèves.

2000 :
 Le Cours Versaillais s'enrichit d'une section technologique afin de mieux s'adapter à l'évolution de l'enseignement secondaire.

Janvier 2015 :
Emménagement au 9 ter rue de Limoges, dans de nouveaux locaux entièrement rénovés.

Le Cours Versaillais a pour mission d'accompagner les adolescents qui lui sont confiés, de leur donner le goût du travail et de l'effort afin qu'ils reprennent confiance en eux. Grâce au dévouement et au professionnalisme de l'équipe pédagogique et éducative, chaque élève bénéficie d'un suivi et d'un soutien individualisé.

C'est donc un des plus anciens établissements de Versailles, présentant des particularités qui le rendent complémentaire des autres établissements versaillais.

(extraits du site du Cours Versaillais :  coursversaillais.com)




Saga familiale. la rétro en photos : âge tendre et têtes blondes.


Une belle photo de nos cousins Chamussy et Dhavernas réunis vers 1942 devant la maison des Chamussy à Lyon.
De gauche à droite :  Catherine et Nounours Chamussy, Marie-Pierre, Françoise et Pascale Dhavernas, Vincent Chamussy, Marie-Noëlle et Jean-Michel Dhavernas, Henri Chamussy.