André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 26 février 2016

D'argent ou d'or, seules leurs dates d'anniversaire de mariage en furent pourvues ...



Grand-père et Grand-mère à la sortie de la cathédrale Saint-Louis à Versailles




L'ARGENT ET L'OR [... et la glace NDLR] par Gonzague Lesort

Le 24 février 1931, il faisait un froid terrible (comme cela se répétera vingt-cinq ans plus tard) et mes parents fêtèrent leurs noces d'argent, « l'air ravi » comme avait tendance à le dire ma mère de tous les gens qu'elle rencontrait, mais cette fois c'était parfaitement exact. On m'avait fait, pour cette grandiose circonstance, une chemisette rouge et une culotte bleu marine et Thérèse avait chemisier et jupe des mêmes couleurs, l'un et l'autre avec des cols marins. Et au cours de la messe à la Cathédrale, nous tenant par la main, nous fîmes la quête, regardant avec des yeux ronds les grosses pièces et les billets que les innombrables parents et amis de mes parents versaient, les yeux humides, dans la
coupe que nous présentions. J'avais 9 ans et Thérèse 6 .
A l'occasion de ce jubilé, nos parents remirent un cadeau à chacun de nous, et je recopie ici la dédicace que ma mère écrivit sur l'album que je reçus, qui est aujourd'hui encore dans ma bibliothèque, et qui s'intitule : « Les Mots historiques de France » : « Noces d'argent de Papa et Maman – A notre petit quêteur .. et à notre fils ».
Peu de temps après, ils commencèrent à marier leurs enfants, à commencer par Gertrude en 1932. Parfois c'étaient des amis de la famille qui présentaient « une jeune fille charmante, méritante et de très bonne éducation » à un monsieur « bien sous tous les rapports ». Tantôt les enfants se débrouillèrent tout seuls, le scoutisme et l'élargissement du carcan social (oh ! bien timide à cette époque) facilitèrent ces rencontres. Pour moi, mais ce fut longtemps après, je fis ce que les mobilisés de 1914, puis ceux de 1939 crièrent mais ne firent pas : « Nach Berlin », mais ceci est une autre histoire que j'espère être en mesure de raconter le moment venu.

Neuf enfants élevés, neufs enfants mariés, mariés à des gendres ou à des belles-filles conformes aux souhaits et aux idées de mes parents, et d'où allaient descendre beaucoup de petits enfants, voilà de quoi les rendre heureux. 
Et ils le furent.Et l'exprimèrent de tout leur cœur lors de leurs noces d'or, le 24 février 1956, jour où, comme 25 ans plus tôt, il faisait un froid abominable et l'abbé Pierre lançait pour la troisième fois son appel pour les sans-logis. 
Nous étions en Sarre, mais j'étais alors en mission à Paris pour quelques jours. J'allais donc la veille de la cérémonie chercher Maggy arrivant à la gare de l'Est, avec ses trois garçons, dont Gilles âgé d'un mois et couché dans un « promène-bébé » prêté par l'Ambassadrice de Carbonnel. Je revois encore la locomotive à vapeur du train, entrant dans la gare, couverte de glace, de stalactites, d'eau gelée comme dans le film « Docteur Jivago ». 
A la sortie de la gare, pas moyen d'avoir un taxi, ils faisaient grève. Après un long moment d'attente, pendant lequel nous avions mis le petit Gilles à l'abri des courants d'air glacés derrière une porte, excédé, je hèle un agent de police qui passait en portant une curieuse petite caisse en bois et je lui explique que j'ai là un nouveau-né qui va sûrement attraper la mort si nous ne pouvons avoir un taxi : « Faite excuses, Monsieur, répondit l'agent, nous on est pas chargé des nourrissons, on est là pour ramasser les chiens qui sont morts de froid » et il me montra sa caisse. 
Découragés et glacés, les cinq Lesort partirent à pied jusque chez les Taillandier (sœur et beau frère de Maggy habitant près de la gare du Nord). Nous y dînâmes et gagnâmes ensuite en métro la gare Saint Lazare pour gagner Versailles. A 10 heures du soir, nous remontâmes la rue Richaud. Jean Sébastien qui venait d'avoir sept ans et Olivier, cinq, titubaient sur les plaques de glace et pleuraient de froid, et l'on ne m'a pas cru quand j'ai dit que leurs larmes gelaient sur leurs petites figures.
Le lendemain, à la sortie de la messe célébrée en grande pompe à la Cathédrale de Versailles, les quelques membres de la famille qui avaient une voiture à leur disposition firent la navette entre l'église et la maison Chamussy, rue des Etats Généraux où avait été organisé un grand repas. Les personnes qui sur le perron de la Cathédrale attendaient leur tour de voiture se mirent à danser et à chanter pour se réchauffer. 
Mais il faisait si froid, bien que très beau, que nous nous réfugiâmes dans un petit bistrot voisin, où l'un d'entre nous eût cette conversation avec l'un des occupants du zinc :

« Qu'est-ce qu'ils font tous ces gens à chanter et à danser ?

- C'est parce que c'est le jour des noces d'Or de nos parents...

- Qu'est c'est qu'ça ?

- Cinquante ans de mariage !

- C'est pas vrai ! Cinquante ans avec la même bonne femme ! Qu'est-ce qu'il a dû s'emmerder !!"

Où, une fois de plus, la Vox Populi exprimait exactement le contraire de la vérité. Car mes parents, malgré tous les obstacles qu'ils avaient eu à surmonter, les difficultés de l'éducation de leurs difficiles enfants, les angoisses de deux guerres et bien d'autres tourments, avaient vécu très heureux pendant ces cinquante années. 
En ayant eu l'idée, je fus chargé par mes frères et sœurs d'annoncer à mes parents à la fin du déjeuner, après un toast émouvant de notre père, que nous leur offrions à l’occasion de leurs noces d'or, un voyage à Rome, symbole religieux et historique de cet événement. Ils gardèrent de ce « voyage de noces » un merveilleux souvenir.

25 février 1956, souvenirs conservés des noces d'or de nos grands-parents.



Dessin de Luc Guyot, 10 ans


24 février 2016, nos grands-parents se sont mariés il y a exactement 110 ans et cela nous fait évoquer leurs noces d'or en 1956, auxquelles la plupart de nos cousins ont participé.
Les photos du jour et les dessins offerts à cette occasion, que Grand-Mère avait précieusement conservés, nous rappellent cette journée chaleureuse malgré un froid polaire, où tous se réunirent chez les Chamussy après une messe à la cathédrale Saint-Louis.

Pour agrandir les photos ou les textes cliquer dessus.


Compliment de Claire Lesort, supportée par tante Cici


Xavier, Paul-André,Grand-père, tante Moineau
Compliment de Christophe Lesort

Régis Guyot, 7 ans
Allégorie de Jean-Michel Dhavernas


Daniel Lesort, 11 ans.


Olivier Lesort, 6 ans
Christophe Lesort, 7 ans



Jean-Sébastien Lesort, 7 ans

















Marc Lesort, 8 ans
François Lesort, 9 ans


Manuscrit en latin de Catherine et Henri Chamussy
Histoire édifiante de Benoît Chamussy

Décalques Yves et Hervé Kervella, 7 et 6 

Benôit Chamussy, 11 ans













Le Menu


Menu du grand jour




La Presse


Les cousins participants




La médaille de la Mairie (le 5 mars)



La Bénédiction apostolique



Février 1956, l'hiver terrible, le plus froid de 1750 à nos jours.





Beaucoup d'entre nous gardent le souvenir de l'horrible froid qui régnait en ce mois de février 1956 et ce n'était pas qu'une impression comme l'a si bien raconté notre oncle Gonzague dans ses souvenirs et comme la famille Xavier Lesort, venue en voiture  à Versailles depuis Boulogne sur mer, peut encore en témoigner.

L'hiver 1956 fut en effet un hiver marqué par des températures extrêmement basses dans l'hémisphère Nord, tout particulièrement en Europe occidentale, et fut caractérisé à la fois par des chutes de neige importantes et des records de froid dans de nombreuses régions, notamment en France. On estime le nombre de morts à environ 1 000 à travers l'Europe

Fin janvier 1956, un très puissant anticyclone s'était installé au sud du Groenland, et un autre était présent en Sibérie ; au même moment, une dépression prononcée était présente en Norvège, et une autre plus faible sur la Méditerranée orientale. Il en résulta un important apport d'air arctique sur l'Europe, d'abord du Nord et de l'Est, puis de plus en plus vers le sud et l'ouest, provoquant ainsi un mois de février particulièrement "saisissant".

Dès le 2 février, toute la France subit la vague de froid : il faisait -20 °C à Paris et la Seine fut entièrement gelée.
Cette vague de froid dura plus d’un mois en France et le thermomètre descendit jusqu’à -35 °C en Corrèze, record encore à battre aujourd’hui.

On a relevé plusieurs mètres de neige au sol sur la quasi totalité du pays et 95% des fleuves et rivières étaient gelés, même dans les estuaires et les grandes villes.
Les canalisations domestiques éclataient sous les assauts du gel. On ne pouvait plus creuser le sol pour enterrer les défunts.L'approvisionnement alimentaire était rendu impossible et les récoltes anéanties par plus d’un mètre de profondeur de gel du sol.

Bref, des conditions extrêmes qui seraient aujourd’hui bien plus catastrophiques dont voici les grandes lignes à retenir :
30 janvier : Début de l’offensive du froid sur la Pologne et l’Allemagne avec un anticyclone installé sur la Suède.
1er février : Arrivée de la vague de froid en France. Le thermomètre descend à -20 °C dans les Ardennes.
2 février : Dès le lendemain, le froid se généralise à tout le pays. Il fait -20°C à Paris. Le littoral méditerranéen est quant lui aux prises avec une dépression qui laisse 31 cm de neige à Antibes.
4 février : La Normandie accueille des chutes de neige exceptionnelles. On relève entre 60 cm et 1m20 de neige au sol.
5 février : A Nantes, la Loire charrie d’énormes blocs de glace de 1 m sur 50 cm.
10 février : Une deuxième vague de froid s’abat sur la France. Elle sera beaucoup plus virulente que la première.
11 février : La Moselle est entièrement recouverte de glaces. Il fait -25°C à Nancy, -32°C à Sarreguemines. Dans le Sud, une tempête de neige fait rage. On relève 50 cm à Saint Raphaël et 15 cm dans le centre-ville de Nice où les véhicules sont abandonnés.
12 février : Le froid fait des victimes et le bilan s’élève à 210 morts, dont 51 en France. Ce jour-là, le record de la température la plus basse tombe : -35 °C en Corrèze.
18 février : Le décompte macabre s’alourdit : 147 victimes en France et 611 dans toute l’Europe.
22 février : Il tombe 1 mètre de neige à Bordeaux.

Le froid sibérien persistera jusqu'au 28 février. La France vit alors au rythme d’un pays du Grand Nord, alors qu’elle n’y est pas habituée. Tous les cours d’eau et certaines parties du littoral Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord sont gelés.

La Seine gelée en 1956

vendredi 29 janvier 2016

SEM, un grand illustrateur : caricaturiste, publiciste et correspondant de guerre.





La dame au lévrier

Notre cousin Denis Chamussy nous a envoyé un article accompagné de très belles photos sur le très grand illustrateur Georges Goursat dit Sem dont nous adorons le graphisme et sur l'exposition qui lui est actuellement consacrée à Périgueux.
Pourquoi? Il nous en explique les (très bonnes) raisons :

Nancy Bonnelle, mon épouse, est l’arrière petite nièce de Georges Goursat, « Sem » de son nom d’artiste, né à Périgueux en 1863 et mort en 1934 à Paris, illustrateur, affichiste, caricaturiste, chroniqueur mondain de la « Belle Epoque » et écrivain français. 
Sem est omniprésent dans ma belle famille, d’abord parce que ma belle- mère, Madeleine Rousseau-Bonnelle, dans les années 70, a effectué, en coopération avec une doctorante d’art de la faculté de Bordeaux, un important travail de recherche, de publication et de communication sur son grand-oncle Sem et a écrit un livre qui fait référence. (Sem, par Madeleine Bonnelle et Marie-José Meneret ; Pierre Fanlac, éditeur à Périgueux 1977). 
Mais aussi toute la famille, depuis deux générations au moins, possède des lithographies originales, des dessins, des éléments de diaporama, des calques et les expose à son domicile.

Paris-Deauville

Qui est Sem ?

Georges Goursat dit SEM est né en 1863 à Périgueux. Fils de commerçant, il découvre le journalisme à Bordeaux puis Marseille. Il porte un regard sur la société provinciale, sur les commerces, sur les hommes et les femmes de la rue ; il observe, dessine, écrit, publie et délaisse la caricature d’hommes lilliputiens à grosses têtes tant prisée au début du 20ème siècle.

À 37 ans, il monte à Paris l’année de l’exposition universelle et fréquente la haute société parisienne, les artistes et les lieux prestigieux comme « Le Maxim’s », le « Jockey Club » et « l’Opéra Garnier ». Il croque les silhouettes, les tenues extravagantes, les excès convenus de la mode masculine et féminine. Il devient un chroniqueur mondain à la fois craint et très prisé ; son trait se simplifie, s’épure et se concentre exclusivement sur l’essentiel.

Puis arrive la guerre et c’est en tant que correspondant qu’il est envoyé par « Le Journal » pour dessiner la vie des tranchées. Son crayon et son œil deviennent alors plus sensibles à la vie de ces hommes « statues de boue » qui tentent de survivre.

La paix tant attendue arrive enfin, chacun veut oublier et entrer dans un autre monde, un « nouveau monde ». SEM, fidèle à lui-même, continue d’observer la société en pleine mutation... les artistes du « Montparnos », le jazz et le tango dans les cafés, les sportifs sur les courts de tennis. L’artiste s’exprime aussi par l’affiche publicitaire (les voitures Citroën, le parfum Chanel N °5, le stylo Waterman, les cafés, les alcools et les liqueurs) laquelle devient après la guerre un support indispensable au commerce, marquant les débuts de ce qui deviendra la publicité.

Sem reste une figure artistique majeure de la « Belle Epoque ». Inspiré par les dessins de Toulouse-Lautrec et encouragé par ses contemporains : Caran d’Ache, Cappiello, Forain, l’homme des croquis de guerre a su apporter au dessin de presse et à la caricature une dimension artistique.

Il meurt en 1934 à Paris.

Exposition Sem, correspondant de guerre.



En 2013 Nancy, Adjointe au Maire, déléguée à la Culture, au Patrimoine et aux Associations de la commune de Grabels (près de 7000 habitants) a franchi un pas de plus quand toutes les municipalités de France réfléchissaient à un programme de manifestations pour la commémoration du centenaire de la grande guerre. 
De la rencontre régulière du réseau des adjoints à la culture et à l’occasion de ce centenaire est née l’idée de mettre en place une exposition itinérante qui ferait étape dans plusieurs communes autour de Montpellier.

C’est donc à l'initiative de Nancy, que l’exposition « Croquis de SEM ,correspondant de guerre 14/18 » a vu le jour. J’en suis Commissaire, conjointement avec Martin Gouyou-Beauchamps, autre arrière petit neveu de Sem, fin connaisseur, conseiller artistique de plusieurs expositions et fondateur du site le plus complet sur Sem :  http://sanmillan.free.fr/sem/


Croquis de guerre
Croquis de guerre

Financée en 2014 par 7 communes de la Métropole de Montpellier qui ont mutualisé leurs moyens, l’exposition a tourné dans celles-ci de septembre 2014 à février 2015. 
Devant le succès rencontré et la demande manifestée, je continue au sein d’une Association qui a pris la relève et c’est ainsi que depuis l’expo a continué à tourner dans 4 nouveaux lieux. Elle est actuellement depuis 2 mois au Musée d’Art de Périgueux, ville natale de Sem et elle continuera sa pérégrination jusqu’à la fin 2016.
La totalité des œuvres exposées a été prêtée par la famille : les deux albums de guerre édités en 1915 et 1917 (+ de 70 dessins en 30x40 ou 40 x 50) , les livres « un Pékin sur le front 
»« La ronde de nuit »« La cathédrale de Reims », des calques de travail et quelques originaux. 
L’exposition est complétée par un montage vidéo sur SEM, ainsi que des photos, kakémonos situant Sem dans son époque, une chronologie de la grande guerre etc…
Les lithos sont accrochées sur 18 grands visuels de 2m x 2m reproduisant eux-mêmes des lithos et légendés avec des extraits des livres et articles écrits par Sem.

Entrée de l'exposition


Visuels 

Comment mieux décrire l’impression que laisse une visite de l’exposition qu’en citant le Général d’Armée Elrick Irastorza, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de terre et Président de la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale qui l’a inaugurée en novembre 2014 :
« Il y a un siècle, Georges Goursat dit SEM avait un demi siècle et une obsession donner une expression artistique aux personnages ordinaires de la vie : Il avouait aimer se payer la tête des clients. Le résultat dépasse cette ambition et là où certains esprits chagrin n'ont vu qu'une naïveté superficielle ne dénonçant pas suffisamment, par exemple l'horreur des tranchées, il n'y a en fait qu'une réelle empathie pour le soldat souffrant et une expression sincère et puissante qui vous serre le cœur aujourd'hui encore. SEM c'est un peu un oxymore artistique : un trait léger et une couleur douce exprimant une profonde souffrance collective ou individuelle mais aussi la volonté farouche d'aller au bout d'une terrible épreuve, souvent tête basse et dents serrées, mais avec détermination toujours, sérénité voire humour quelquefois.
Une couleur estompée pour que ne s'estompe pas le souvenir de cette sanglante effusion mais une couleur apaisée comme la mémoire que nous devons conserver de ces événements dans une Europe aujourd'hui réconciliée mais toujours à la peine dans un monde malheureusement bien instable.
Le soldat de SEM sait aussi regarder loin devant lui, sans doute vers un horizon qu'il espère
meilleur pour ses enfants. Ce regard qui porte loin n'est rien d'autre qu'un appel à la vigilance
et pourquoi pas à l'espérance. Ce centenaire ne doit pas être autre chose. Merci d'y

contribuer avec autant de conviction ».

Clémenceau visite le front par Sem

Petites scènes de la vie domestique (au sens propre comme au sens figuré) par Elizabeth Lesort : Carrément rustique.




Evènement: les éditions Lesort-Madelin ont publié le tome 1 de la saga familiale issue de notre blog.





Beaucoup de nos cousins ou neveux, attachés à notre histoire et à nos racines familiales, souhaitaient pouvoir conserver les publications de notre blog dans la durée.
Nous nous sommes donc fixés comme objectif supplémentaire de pérenniser le très important travail entrepris pour ce blog destiné à valoriser nos archives et à diffuser nos actualités familiales.

Comment ? En éditant des ouvrages reprenant de la façon la plus attractive possible ce que notre blog a déjà publié .
Pour ce faire, nous avons déjà fait paraître, comme nous l'avions annoncé, le premier tome de la saga Lesort-Madelin, imprimé à une quarantaine d'exemplaires, que certains ont déjà reçu.
Si vous ne l'avez pas encore commandé et compte tenu de nouvelles demandes, nous avons prévu d'en faire très prochainement une réimpression.
Vous pouvez donc encore le commander maintenant par le mail du blog, nous vous donnerons les indications nécessaires.
Adresse du mail: lesortmadelin@gmail.com .

Nous avons choisi, pour ce premier tome, quatre récits qui nous ont touchés par la restitution vivante qu'ils apportent à tous ces événements dramatiques, émouvants ou joyeux qui ont fait l'histoire de notre famille et dont nous portons tous une part en nous.
Vous y retrouverez, de plus, avec plaisir l'«alerte plume Madelin».


Cet ouvrage, de dimensions 152 x 220 mm, avec une impression en quadrichromie sur papier 90 g et une reliure qualité livre, comporte un peu plus de deux cent pages.
Nous avons illustré ces récits avec plus de 125 photos, documents ou dessins provenant de nos archives familiales ainsi qu'avec des cartes postales anciennes.

Les quatre récits, parus sur notre blog, présentés dans le tome 1 sont :

La Pichardière et ma Grand-mère
par Gonzague Lesort

Souvenirs sur la Pichardière
par Elizabeth Lesort-Madelin

Jeunesse d'André Lesort par Elizabeth Lesort-Madelin

Souvenirs d'exode en 1940
par Elizabeth Lesort-Madelin


Pour donner un petit avant goût de cet ouvrage nous mettons un lien pour une petite bande annonce sous forme d'un diaporama :

samedi 26 décembre 2015

Quand voyage et cousinage riment avec partage (de bons moments)


Notre cousin Patrice Bidault et Gina, sa compagne, ont réalisé à l'automne dernier une belle tournée européenne de quatre semaines passant par Paris,Vienne, Prague, Budapest, Munich, Berlin et retour à Paris.
L'organisation en individuel d'un tel voyage depuis le Mexique est plutôt complexe et le dossier correspondant devait d'ailleurs compter au moins  deux cent pages, aussi Patrice avait-il demandé à ses cousins Christophe et François Lesort de lui prévoir une dernière semaine en France combinant retrouvailles familiales et tourisme.
C'est le sympathique récit de cette semaine avec ses cousins et les impressions qui lui en restent que Patrice nous a envoyé et que nous vous faisons partager ( pour agrandir cliquer sur les photos) :

Mes impressions sur notre dernier voyage.


Tel que prévu, nous sommes arrivés a la gare d’Angers le 21 octobre dernier pour passer deux jours en compagnie de Joëlle et Christophe à Angers et deux jours avec Claire et François à Saint Malo pour visiter peut être le plus beau monument de France : Le Mont Saint Michel qu’on n'avait pas pu visiter a l’occasion de nos visites précédentes.
A Angers, impossible d’avoir une réception plus chaleureuse en commençant par nous reconnaître tous les quatre, puisque que nous avions juste fait connaissance pendant la cousinade de 2009 à Versailles où ils nous avaient invités à leur rendre visite chez eux et voila ; tout devenait une réalité 6 ans après.
Valises en mains, voiture roulante, nous sommes partis chez eux pour nous loger, déjeuner ensemble et nous voila repartis pour flâner dans les rues d’Angers avec Christophe, parce que Madame avait quelques choses à faire.


Chez Christophe : Joëlle, Gina, Patrice
Patrice fait la connaissance de deux nouveaux cousins très poilus
Patrice et Joëlle dans Angers

Joëlle, Patrice et Gina recueillent un chat
Très agréable ville à visiter, tout en commençant à poser nos « trente mille questions », comme dit la vieille chanson de Bécaud. Visite de la vieille ville du roi René et puis coup de téléphone de Joëlle pour nous prévenir qu’elle venait nous rejoindre.
 Les trente mille questions continuaient de part et d’autre pour mieux connaître la famille, celle que nous connaissions et celle que nous ne connaissions pas encore mais qu’un jour, on espère, on connaîtra peu à peu.
Voici Madame qui apparaît et nous continuons à flâner dans la vieille ville pour finir par boire un petit verre tout en haut du Théâtre. De l’autre coté de la rivière Maine, la ville toute illuminée nous offre un spectacle très beau et très agréable.
Rentrés à la maison, une fois de plus, madame nous surprend avec une excellente soupe de légumes, des huîtres et un poisson inoubliable, le tout arrosé avec des vins de Loire de vignobles connus de Christophe et encore une fois les anecdotes de famille. 
On se sent proches les uns des autres et plus en se sent proches, plus on ressent que nous appartenons vraiment à une même famille. 
Après le dîner, au dodo dans un lit délicieux.
Petit déjeuner, et puis on continue à bavarder : Grand-père, Grand-mère, l’oncle Paul André, l’oncle Gonzague, les cousins, les cousines, les tantes , le Mexique et les deux parties de la famille séparées par une guerre ; je ne sais pas si tous réalisent toute l’importance dramatique que l’Histoire a imposé à notre famille.
Le lendemain, belle promenade tous les quatre pendant l’après midi à coté de la rivière (après les galettes et les crêpes), tous souriants, tous contents de se revoir, mais la surprise principale n’avait pas encore eu lieu. Le soir, au dîner, encore 3 étoiles pour Joëlle : foie gras cuisiné par elle-même. Nous comprenons ( Gina et moi), pourquoi elle nous a rejoints plus tard cet après-midi. Je suppose que le foie était dans le four. Une telle délicatesse comme celle là, mérite les 3 étoiles.
Et encore la conversation, les blagues, le dîner, etc…pendant que nous voyons à la TV l’ouragan qui frappait la côte Mexicaine, ….et rien ne s'est passé.
Quelle bonne journée, quelles agréables promenades, quelle compagnie si proche….et si engagée à nous faire passer de si beaux moments. Il faudra revenir un jour ou les recevoir (ce que j'aimerais bien) chez nous au Mexique.


Joelle, Gina et Patrice au bord du Maine

Christophe et Patrice
Capucine, Christophe, Gina et Patrice
Le jour suivant après le petit déjeuner, Joëlle avait des choses à faire, alors nous avons passé la matinée à admirer avec Christophe la magnifique tapisserie de l’Apocalypse au Château et nous sommes rentrés à la maison pour déjeuner tous ensemble avant de partir prendre le train pour Saint-Malo l’après-midi, et c'est là que nous avons eu la plus agréable des surprises de notre séjour à Angers : la présence de Capucine, qui était venue de Nantes pour passer quelque jours de vacances avec ses parents. Quel agréable déjeuner en pleine harmonie ! Nous en avons profité pour l’inviter à venir passer quelque temps au Mexique où elle sait déjà qu’elle peut compter sur un foyer pour la recevoir le temps qu’elle voudra pour connaître ce beau pays . Évidemment ses parents sont invités aussi.
Hélas, tout ce qui commence doit finir et après le déjeuner, Christophe s’est offert pour nous amener à la gare pour partir vers Saint-Malo ou nous devions rejoindre Claire et François pour passer encore deux jours de plus.
Merci infiniment de votre accueil à vous trois ; nous nous sommes sentis vraiment chez nous et de notre point de vue, vous méritez plus que 3 étoiles Michelin. Donnez nous l’opportunité de partager notre maison avec vous, de la façon si gentille que vous avez partagé la vôtre.
25 Octobre, nous arrivons à la gare de Saint-Malo. L’hôtel est juste en face du parking de la gare. Nous sommes fatigués et il fait froid. Tout est fermé à cette heure là, alors nous prenons un kebab debout dans un petit restaurant du trottoir et nous rentrons à l’hôtel. P’tit Calva pour nous réchauffer, une douche bien chaude et au lit car demain tout indique que si François arrive tôt le matin depuis sa maison de Bretagne, nous allons avoir une longue promenade toute la journée.
Nous prenions le petit déjeuner à l’hôtel quand on les voit arriver juste à temps pour le prendre ensemble. Et alors … Quel plaisir ! Il y avait longtemps qu’on s'était vu au Mexique. Les enfants vont bien ? A Tokyo, ça marche pour ton fils ? et Bla…Bla…Bla…comme commencent toutes les rencontres des gens qui s’aiment bien et ne se sont pas vus depuis un certain temps.
Mais il faut partir pour connaître Saint-Malo, le château, le port, etc.…et au bout d'un certain temps… alors nous voudrions vous montrer Dinard et nous voilà partis. Belle plage, la statue de Mr. Hitchcock nous salue, quelques photos, un croque Monsieur et nous voilà repartis vers Dinan pour connaître cette magnifique petite ville qui comporte même une église moitié romane et moitié gothique. Impressionnant ! et de retour à l’hôtel nous allons dîner dans un magnifique restaurant où ils avaient fait une réservation. Dîner délicieux, le vin évidemment aussi (pas possible de trouver du bon vin au Mexique, hélas !). Nous sommes même allés féliciter le Chef parce que vraiment il le méritait.  A 11H du soir, il lavait encore ses casseroles…quelle vocation !…..Rentrés à l’hôtel pour être prêts tôt le matin suivant pour aller au Mont Saint Michel.


Port de Saint-Malo. Patrice, François, Gina.

Saint-Malo

Dinard, la statue de Mr Hitchcock salue Gina, Patrice et Claire

Les mêmes à Dinan, sur la Rance











Je ne vais pas vous parler du Mont car je suppose que toute la famille le connaît, mais nous n'oublierons jamais que nous l’avons visité en aussi agréable compagnie et avec toutes les explications nécessaires que vous savez que François connaît.
Je ne veux plus m’étendre en vous expliquant le reste de ce très agréable week-end pour ne plus vous ennuyer . Je termine seulement avec les deux derniers endroits que nous avons visités : Cancale et La Pointe du Grouin. 


Devant la merveille de l'Occident

A regret, le retour

Après ça nous sommes rentrés à l’hôtel pour nous dire malheureusement au revoir et à la prochaine parce qu’ils devaient repartir. Avec vous ou avec n’importe quel membre de la famille, tout le monde doit savoir qu’il existe un hébergement au Mexique pour celui qui voudra venir à n’importe quelle saison.
27 octobre. Nous reprenons le train pour Paris en nous préparant à rentrer au Mexique. Quand même il y a une petite larme qui glisse sur ma joue en essayant de répondre à la question que je me pose à chaque fois que je viens en France : que serais-je si mes parents n’avaient pas pris la décision de quitter la France pour venir habiter Le Mexique ?

Mexico, D .F. 9 Décembre 2015.
Patrice Bidault