André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 18 mars 2016

Un autre "paradis perdu": les dépendances et jardins de la magnifique abbaye Saint Georges à Saint-Martin de Boscherville en Normandie, propriété de nos ancêtres Goumet.



Vue aérienne de l'église abbatiale, dépendances et jardins aujourd'hui.

Nous avons presque tous entendu parler du "paradis perdu" qu'était la Pichardière, coté Madelin, puisque nos propres parents y passaient des vacances merveilleuses mais nous savions moins que nous avions aussi un "paradis perdu", côté Lesort, en Haute-Normandie et c'est notre cousine Catherine Chenu qui fait revivre pour nous cette propriété familiale ainsi que nos ancêtres normands Goumet qui l'occupaient en s'appuyant sur nos archives familiales complétées par un apport d'Emmanuelle Lesort de documents venant de chez notre oncle Paul-André.
La propriété en question, qui s'étend sur sept hectares, était constituée des très belles dépendances de la magnifique abbaye Saint-Georges à Saint-Martin de Boscherville en Seine-Maritime.


Encore pas trop mal comme propriété ...


Description actuelle.

Tout près de Rouen, au cœur d’un méandre de la Seine, à Saint-Martin de Boscherville, se dresse l’une des plus prestigieuses abbayes romanes de Haute-Normandie, nichée dans la vallée de la Seine, en bordure de la forêt de Roumare: Saint-Georges de Boscherville et ses 900 ans d'histoire.
En 1998, les dernières grandes restaurations du domaine abbatial ont été achevées, et depuis, les jardins de l’abbaye ont été peu à peu reconstitués d'après des plans et documents d'archives du XVIIème siècle
L'église abbatiale, du plus pur style roman normand, frappe par l'harmonie de ses lignes, de ses proportions et sa grande luminosité. Curiosité et émotion accompagnent le visiteur jusque dans les jardins restaurés d'où l'on découvre également une vue panoramique sur la vallée de la Seine et l'ensemble de l'abbaye. 

Sur place on se rend compte que ce fut une magnifique propriété, à la fois très bien située, très bien orientée et très bien conçue comme la plupart des propriétés monastiques.
Organisés en quatre terrasses, les jardins s’échelonnent sur le coteau autour d’un axe central majestueux, montant du bâtiment monastique jusqu’au pavillon des vents, cet élégant édifice qui domine la scène.
Cet agencement des jardins, entièrement clos de murs, s’accorde parfaitement à l’architecture majestueuse des bâtiments.

Les jardins reconstitués

Petite histoire de l'abbaye et acquisition familiale.

L'église abbatiale de style roman qui domine aujourd'hui le site fut édifiée de 1113 à 1140 par des moines bénédictins originaires de Saint Evroult en Ouche. L'architecture de l'édifice est marquée par des choix esthétiques typiques de l'art roman normand : pour que les nefs soit baignées de lumière, de grandes fenêtres sont aménagées en hauteur, ainsi qu'une tour lanterne à la croisée du transept.

Construite ultérieurement, la salle du chapitre date du dernier quart du 12ème siècle et témoigne du passage de l'art roman à l'art gothique. Les 13ème et 14ème siècles correspondent aux années les plus prospères de l'abbaye. Mais la Guerre de Cent ans causera sa ruine, qui perdurera jusqu'à l'arrivée des moines mauristes en 1659. Ces derniers prennent en charge l'entretien du domaine, assurent la restauration de l'abbaye et construisent, de 1690 à 1694, un imposant bâtiment monastique de style classique, attenant à l'église. La partie qui en subsiste, restaurée et ouverte au public, permet cependant d'estimer la grandeur de la construction originale. Les moines mauristes sont aussi à l'origine des jardins « à la française » aménagés à partir de 1680. 

Des fouilles archéologiques effectuées en 1992, complétées de recherches historiques, révèlent l'ampleur et l'importance de ces jardins.


Blason de l'abbaye




L'abbaye en 1702






En 1790, l'abbaye est supprimée par décret révolutionnaire. 
En 1791, l'église abbatiale est en bon état, avec un mobilier suffisant et un jeu d'orgue complet alors que l'église et les bâtiments de la paroisse de Saint-Martin de Boscherville sont en ruines. 
La commune, à la demande des habitants, décidera donc de garder l'église de l'abbaye comme église paroissiale, d'où sa préservation contrairement à d'autres abbayes de la vallée de la Seine comme Jumièges ou Saint Wandrille, vendues comme biens nationaux et utilisées comme carrières de pierres taillées.
L'église Saint-Martin servit, elle, à la production de salpêtre, avant de tomber complètement en ruines...
Hormis l'église et la salle du chapitre qui sont rachetées respectivement par la commune et le département de la Seine-Inférieure, tous les autres bâtiments et les terrains avec les cours et les jardins sont également vendus en 1791 à un commerçant rouennais qui les revendit à notre ancêtre Charles-Noël Goumet en 1815, le grand-père maternel de Ludovic Lesort pour devenir ce fameux paradis des Goumet.
Le bâtiment monastique servit de maison d'habitation mais il est difficile de savoir sous quelle forme car entre les nombreuses démolitions et modifications effectuées par les différents propriétaires,y compris notre aïeul, la différence de taille entre le bâtiment d'origine et ce qu'il en reste aujourd'hui est impressionnante.
Comme on peut voir ci-après sur un dessin du bâtiment monastique, vu du côté jardin et daté de 1702, les deux seules parties qui en subsistent aujourd'hui ont été entourées en rouge. 
Elles apparaissent sur la photo suivante, prise côté cour d'accès, avec, très visible sur le côté du bâtiment de droite, la trace d'un escalier, peut-être le fameux escalier qui fut vendu par notre aïeul (la honte!).


Le bâtiment monastique vu côté jardin en 1702; entourées de rouge les parties subsistantes.


Les restes du bâtiment monastiques vus côté cour d'accès en 2016.

L'ensemble des dépendances, bâtiments et jardins, du moins ce qu'il en restait, fut revendu par la suite et converti en exploitation agricole jusqu'en 1987.




Pour lire le paradis perdu des Goumet par Catherine Chenu, cliquer ici.


Petite généalogie simplifiée




Quelques pèlerins de la famille sont allés visiter cette 
terre de nos ancêtres Goumet : en 1928 à Saint Martin de Boscherville, Chantal Lesort dans ce qui semble être une Citroën trèfle torpédo à 3 places, la Mini des Années Folles (photothèque Chamussy) et François Lesort en mars 2016, devant les dépendances de l'abbaye Saint-Georges, deux cent ans après leur acquisition par les Goumet.







L'auto-journal familial : Fabien Lesort teste le nouveau taxi new-yorkais à Yokohama.





Fabien Lesort, qui travaille au siège de Nissan au Japon, a eu l'occasion d'essayer le nouveau taxi jaune new-yorkais dans les rues de Yokohama avec un exemplaire conservé tout spécialement à fin de démonstration et de promotion.
Ce véhicule, semble-t'il plutôt confortable et agréable à conduire, a été conçu suivant les prescriptions de la ville de New-York, il est donc, entre autres, accessible aux handicapés, muni d'un toit panoramique, d'un très grand coffre, de prises USB et d'une vitre pare-balles entre le conducteur et les passagers !
D'autres grandes villes dans le monde y compris en Europe ont adopté ce type de taxi tout à fait moderne dans sa conception.



vendredi 26 février 2016

D'argent ou d'or, seules leurs dates d'anniversaire de mariage en furent pourvues ...



Grand-père et Grand-mère à la sortie de la cathédrale Saint-Louis à Versailles




L'ARGENT ET L'OR [... et la glace NDLR] par Gonzague Lesort

Le 24 février 1931, il faisait un froid terrible (comme cela se répétera vingt-cinq ans plus tard) et mes parents fêtèrent leurs noces d'argent, « l'air ravi » comme avait tendance à le dire ma mère de tous les gens qu'elle rencontrait, mais cette fois c'était parfaitement exact. On m'avait fait, pour cette grandiose circonstance, une chemisette rouge et une culotte bleu marine et Thérèse avait chemisier et jupe des mêmes couleurs, l'un et l'autre avec des cols marins. Et au cours de la messe à la Cathédrale, nous tenant par la main, nous fîmes la quête, regardant avec des yeux ronds les grosses pièces et les billets que les innombrables parents et amis de mes parents versaient, les yeux humides, dans la
coupe que nous présentions. J'avais 9 ans et Thérèse 6 .
A l'occasion de ce jubilé, nos parents remirent un cadeau à chacun de nous, et je recopie ici la dédicace que ma mère écrivit sur l'album que je reçus, qui est aujourd'hui encore dans ma bibliothèque, et qui s'intitule : « Les Mots historiques de France » : « Noces d'argent de Papa et Maman – A notre petit quêteur .. et à notre fils ».
Peu de temps après, ils commencèrent à marier leurs enfants, à commencer par Gertrude en 1932. Parfois c'étaient des amis de la famille qui présentaient « une jeune fille charmante, méritante et de très bonne éducation » à un monsieur « bien sous tous les rapports ». Tantôt les enfants se débrouillèrent tout seuls, le scoutisme et l'élargissement du carcan social (oh ! bien timide à cette époque) facilitèrent ces rencontres. Pour moi, mais ce fut longtemps après, je fis ce que les mobilisés de 1914, puis ceux de 1939 crièrent mais ne firent pas : « Nach Berlin », mais ceci est une autre histoire que j'espère être en mesure de raconter le moment venu.

Neuf enfants élevés, neufs enfants mariés, mariés à des gendres ou à des belles-filles conformes aux souhaits et aux idées de mes parents, et d'où allaient descendre beaucoup de petits enfants, voilà de quoi les rendre heureux. 
Et ils le furent.Et l'exprimèrent de tout leur cœur lors de leurs noces d'or, le 24 février 1956, jour où, comme 25 ans plus tôt, il faisait un froid abominable et l'abbé Pierre lançait pour la troisième fois son appel pour les sans-logis. 
Nous étions en Sarre, mais j'étais alors en mission à Paris pour quelques jours. J'allais donc la veille de la cérémonie chercher Maggy arrivant à la gare de l'Est, avec ses trois garçons, dont Gilles âgé d'un mois et couché dans un « promène-bébé » prêté par l'Ambassadrice de Carbonnel. Je revois encore la locomotive à vapeur du train, entrant dans la gare, couverte de glace, de stalactites, d'eau gelée comme dans le film « Docteur Jivago ». 
A la sortie de la gare, pas moyen d'avoir un taxi, ils faisaient grève. Après un long moment d'attente, pendant lequel nous avions mis le petit Gilles à l'abri des courants d'air glacés derrière une porte, excédé, je hèle un agent de police qui passait en portant une curieuse petite caisse en bois et je lui explique que j'ai là un nouveau-né qui va sûrement attraper la mort si nous ne pouvons avoir un taxi : « Faite excuses, Monsieur, répondit l'agent, nous on est pas chargé des nourrissons, on est là pour ramasser les chiens qui sont morts de froid » et il me montra sa caisse. 
Découragés et glacés, les cinq Lesort partirent à pied jusque chez les Taillandier (sœur et beau frère de Maggy habitant près de la gare du Nord). Nous y dînâmes et gagnâmes ensuite en métro la gare Saint Lazare pour gagner Versailles. A 10 heures du soir, nous remontâmes la rue Richaud. Jean Sébastien qui venait d'avoir sept ans et Olivier, cinq, titubaient sur les plaques de glace et pleuraient de froid, et l'on ne m'a pas cru quand j'ai dit que leurs larmes gelaient sur leurs petites figures.
Le lendemain, à la sortie de la messe célébrée en grande pompe à la Cathédrale de Versailles, les quelques membres de la famille qui avaient une voiture à leur disposition firent la navette entre l'église et la maison Chamussy, rue des Etats Généraux où avait été organisé un grand repas. Les personnes qui sur le perron de la Cathédrale attendaient leur tour de voiture se mirent à danser et à chanter pour se réchauffer. 
Mais il faisait si froid, bien que très beau, que nous nous réfugiâmes dans un petit bistrot voisin, où l'un d'entre nous eût cette conversation avec l'un des occupants du zinc :

« Qu'est-ce qu'ils font tous ces gens à chanter et à danser ?

- C'est parce que c'est le jour des noces d'Or de nos parents...

- Qu'est c'est qu'ça ?

- Cinquante ans de mariage !

- C'est pas vrai ! Cinquante ans avec la même bonne femme ! Qu'est-ce qu'il a dû s'emmerder !!"

Où, une fois de plus, la Vox Populi exprimait exactement le contraire de la vérité. Car mes parents, malgré tous les obstacles qu'ils avaient eu à surmonter, les difficultés de l'éducation de leurs difficiles enfants, les angoisses de deux guerres et bien d'autres tourments, avaient vécu très heureux pendant ces cinquante années. 
En ayant eu l'idée, je fus chargé par mes frères et sœurs d'annoncer à mes parents à la fin du déjeuner, après un toast émouvant de notre père, que nous leur offrions à l’occasion de leurs noces d'or, un voyage à Rome, symbole religieux et historique de cet événement. Ils gardèrent de ce « voyage de noces » un merveilleux souvenir.

25 février 1956, souvenirs conservés des noces d'or de nos grands-parents.



Dessin de Luc Guyot, 10 ans


24 février 2016, nos grands-parents se sont mariés il y a exactement 110 ans et cela nous fait évoquer leurs noces d'or en 1956, auxquelles la plupart de nos cousins ont participé.
Les photos du jour et les dessins offerts à cette occasion, que Grand-Mère avait précieusement conservés, nous rappellent cette journée chaleureuse malgré un froid polaire, où tous se réunirent chez les Chamussy après une messe à la cathédrale Saint-Louis.

Pour agrandir les photos ou les textes cliquer dessus.


Compliment de Claire Lesort, supportée par tante Cici


Xavier, Paul-André,Grand-père, tante Moineau
Compliment de Christophe Lesort

Régis Guyot, 7 ans
Allégorie de Jean-Michel Dhavernas


Daniel Lesort, 11 ans.


Olivier Lesort, 6 ans
Christophe Lesort, 7 ans



Jean-Sébastien Lesort, 7 ans

















Marc Lesort, 8 ans
François Lesort, 9 ans


Manuscrit en latin de Catherine et Henri Chamussy
Histoire édifiante de Benoît Chamussy

Décalques Yves et Hervé Kervella, 7 et 6 

Benôit Chamussy, 11 ans













Le Menu


Menu du grand jour




La Presse


Les cousins participants




La médaille de la Mairie (le 5 mars)



La Bénédiction apostolique



Février 1956, l'hiver terrible, le plus froid de 1750 à nos jours.





Beaucoup d'entre nous gardent le souvenir de l'horrible froid qui régnait en ce mois de février 1956 et ce n'était pas qu'une impression comme l'a si bien raconté notre oncle Gonzague dans ses souvenirs et comme la famille Xavier Lesort, venue en voiture  à Versailles depuis Boulogne sur mer, peut encore en témoigner.

L'hiver 1956 fut en effet un hiver marqué par des températures extrêmement basses dans l'hémisphère Nord, tout particulièrement en Europe occidentale, et fut caractérisé à la fois par des chutes de neige importantes et des records de froid dans de nombreuses régions, notamment en France. On estime le nombre de morts à environ 1 000 à travers l'Europe

Fin janvier 1956, un très puissant anticyclone s'était installé au sud du Groenland, et un autre était présent en Sibérie ; au même moment, une dépression prononcée était présente en Norvège, et une autre plus faible sur la Méditerranée orientale. Il en résulta un important apport d'air arctique sur l'Europe, d'abord du Nord et de l'Est, puis de plus en plus vers le sud et l'ouest, provoquant ainsi un mois de février particulièrement "saisissant".

Dès le 2 février, toute la France subit la vague de froid : il faisait -20 °C à Paris et la Seine fut entièrement gelée.
Cette vague de froid dura plus d’un mois en France et le thermomètre descendit jusqu’à -35 °C en Corrèze, record encore à battre aujourd’hui.

On a relevé plusieurs mètres de neige au sol sur la quasi totalité du pays et 95% des fleuves et rivières étaient gelés, même dans les estuaires et les grandes villes.
Les canalisations domestiques éclataient sous les assauts du gel. On ne pouvait plus creuser le sol pour enterrer les défunts.L'approvisionnement alimentaire était rendu impossible et les récoltes anéanties par plus d’un mètre de profondeur de gel du sol.

Bref, des conditions extrêmes qui seraient aujourd’hui bien plus catastrophiques dont voici les grandes lignes à retenir :
30 janvier : Début de l’offensive du froid sur la Pologne et l’Allemagne avec un anticyclone installé sur la Suède.
1er février : Arrivée de la vague de froid en France. Le thermomètre descend à -20 °C dans les Ardennes.
2 février : Dès le lendemain, le froid se généralise à tout le pays. Il fait -20°C à Paris. Le littoral méditerranéen est quant lui aux prises avec une dépression qui laisse 31 cm de neige à Antibes.
4 février : La Normandie accueille des chutes de neige exceptionnelles. On relève entre 60 cm et 1m20 de neige au sol.
5 février : A Nantes, la Loire charrie d’énormes blocs de glace de 1 m sur 50 cm.
10 février : Une deuxième vague de froid s’abat sur la France. Elle sera beaucoup plus virulente que la première.
11 février : La Moselle est entièrement recouverte de glaces. Il fait -25°C à Nancy, -32°C à Sarreguemines. Dans le Sud, une tempête de neige fait rage. On relève 50 cm à Saint Raphaël et 15 cm dans le centre-ville de Nice où les véhicules sont abandonnés.
12 février : Le froid fait des victimes et le bilan s’élève à 210 morts, dont 51 en France. Ce jour-là, le record de la température la plus basse tombe : -35 °C en Corrèze.
18 février : Le décompte macabre s’alourdit : 147 victimes en France et 611 dans toute l’Europe.
22 février : Il tombe 1 mètre de neige à Bordeaux.

Le froid sibérien persistera jusqu'au 28 février. La France vit alors au rythme d’un pays du Grand Nord, alors qu’elle n’y est pas habituée. Tous les cours d’eau et certaines parties du littoral Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord sont gelés.

La Seine gelée en 1956

vendredi 29 janvier 2016

SEM, un grand illustrateur : caricaturiste, publiciste et correspondant de guerre.





La dame au lévrier

Notre cousin Denis Chamussy nous a envoyé un article accompagné de très belles photos sur le très grand illustrateur Georges Goursat dit Sem dont nous adorons le graphisme et sur l'exposition qui lui est actuellement consacrée à Périgueux.
Pourquoi? Il nous en explique les (très bonnes) raisons :

Nancy Bonnelle, mon épouse, est l’arrière petite nièce de Georges Goursat, « Sem » de son nom d’artiste, né à Périgueux en 1863 et mort en 1934 à Paris, illustrateur, affichiste, caricaturiste, chroniqueur mondain de la « Belle Epoque » et écrivain français. 
Sem est omniprésent dans ma belle famille, d’abord parce que ma belle- mère, Madeleine Rousseau-Bonnelle, dans les années 70, a effectué, en coopération avec une doctorante d’art de la faculté de Bordeaux, un important travail de recherche, de publication et de communication sur son grand-oncle Sem et a écrit un livre qui fait référence. (Sem, par Madeleine Bonnelle et Marie-José Meneret ; Pierre Fanlac, éditeur à Périgueux 1977). 
Mais aussi toute la famille, depuis deux générations au moins, possède des lithographies originales, des dessins, des éléments de diaporama, des calques et les expose à son domicile.

Paris-Deauville

Qui est Sem ?

Georges Goursat dit SEM est né en 1863 à Périgueux. Fils de commerçant, il découvre le journalisme à Bordeaux puis Marseille. Il porte un regard sur la société provinciale, sur les commerces, sur les hommes et les femmes de la rue ; il observe, dessine, écrit, publie et délaisse la caricature d’hommes lilliputiens à grosses têtes tant prisée au début du 20ème siècle.

À 37 ans, il monte à Paris l’année de l’exposition universelle et fréquente la haute société parisienne, les artistes et les lieux prestigieux comme « Le Maxim’s », le « Jockey Club » et « l’Opéra Garnier ». Il croque les silhouettes, les tenues extravagantes, les excès convenus de la mode masculine et féminine. Il devient un chroniqueur mondain à la fois craint et très prisé ; son trait se simplifie, s’épure et se concentre exclusivement sur l’essentiel.

Puis arrive la guerre et c’est en tant que correspondant qu’il est envoyé par « Le Journal » pour dessiner la vie des tranchées. Son crayon et son œil deviennent alors plus sensibles à la vie de ces hommes « statues de boue » qui tentent de survivre.

La paix tant attendue arrive enfin, chacun veut oublier et entrer dans un autre monde, un « nouveau monde ». SEM, fidèle à lui-même, continue d’observer la société en pleine mutation... les artistes du « Montparnos », le jazz et le tango dans les cafés, les sportifs sur les courts de tennis. L’artiste s’exprime aussi par l’affiche publicitaire (les voitures Citroën, le parfum Chanel N °5, le stylo Waterman, les cafés, les alcools et les liqueurs) laquelle devient après la guerre un support indispensable au commerce, marquant les débuts de ce qui deviendra la publicité.

Sem reste une figure artistique majeure de la « Belle Epoque ». Inspiré par les dessins de Toulouse-Lautrec et encouragé par ses contemporains : Caran d’Ache, Cappiello, Forain, l’homme des croquis de guerre a su apporter au dessin de presse et à la caricature une dimension artistique.

Il meurt en 1934 à Paris.

Exposition Sem, correspondant de guerre.



En 2013 Nancy, Adjointe au Maire, déléguée à la Culture, au Patrimoine et aux Associations de la commune de Grabels (près de 7000 habitants) a franchi un pas de plus quand toutes les municipalités de France réfléchissaient à un programme de manifestations pour la commémoration du centenaire de la grande guerre. 
De la rencontre régulière du réseau des adjoints à la culture et à l’occasion de ce centenaire est née l’idée de mettre en place une exposition itinérante qui ferait étape dans plusieurs communes autour de Montpellier.

C’est donc à l'initiative de Nancy, que l’exposition « Croquis de SEM ,correspondant de guerre 14/18 » a vu le jour. J’en suis Commissaire, conjointement avec Martin Gouyou-Beauchamps, autre arrière petit neveu de Sem, fin connaisseur, conseiller artistique de plusieurs expositions et fondateur du site le plus complet sur Sem :  http://sanmillan.free.fr/sem/


Croquis de guerre
Croquis de guerre

Financée en 2014 par 7 communes de la Métropole de Montpellier qui ont mutualisé leurs moyens, l’exposition a tourné dans celles-ci de septembre 2014 à février 2015. 
Devant le succès rencontré et la demande manifestée, je continue au sein d’une Association qui a pris la relève et c’est ainsi que depuis l’expo a continué à tourner dans 4 nouveaux lieux. Elle est actuellement depuis 2 mois au Musée d’Art de Périgueux, ville natale de Sem et elle continuera sa pérégrination jusqu’à la fin 2016.
La totalité des œuvres exposées a été prêtée par la famille : les deux albums de guerre édités en 1915 et 1917 (+ de 70 dessins en 30x40 ou 40 x 50) , les livres « un Pékin sur le front 
»« La ronde de nuit »« La cathédrale de Reims », des calques de travail et quelques originaux. 
L’exposition est complétée par un montage vidéo sur SEM, ainsi que des photos, kakémonos situant Sem dans son époque, une chronologie de la grande guerre etc…
Les lithos sont accrochées sur 18 grands visuels de 2m x 2m reproduisant eux-mêmes des lithos et légendés avec des extraits des livres et articles écrits par Sem.

Entrée de l'exposition


Visuels 

Comment mieux décrire l’impression que laisse une visite de l’exposition qu’en citant le Général d’Armée Elrick Irastorza, ancien chef d’Etat-major de l’Armée de terre et Président de la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale qui l’a inaugurée en novembre 2014 :
« Il y a un siècle, Georges Goursat dit SEM avait un demi siècle et une obsession donner une expression artistique aux personnages ordinaires de la vie : Il avouait aimer se payer la tête des clients. Le résultat dépasse cette ambition et là où certains esprits chagrin n'ont vu qu'une naïveté superficielle ne dénonçant pas suffisamment, par exemple l'horreur des tranchées, il n'y a en fait qu'une réelle empathie pour le soldat souffrant et une expression sincère et puissante qui vous serre le cœur aujourd'hui encore. SEM c'est un peu un oxymore artistique : un trait léger et une couleur douce exprimant une profonde souffrance collective ou individuelle mais aussi la volonté farouche d'aller au bout d'une terrible épreuve, souvent tête basse et dents serrées, mais avec détermination toujours, sérénité voire humour quelquefois.
Une couleur estompée pour que ne s'estompe pas le souvenir de cette sanglante effusion mais une couleur apaisée comme la mémoire que nous devons conserver de ces événements dans une Europe aujourd'hui réconciliée mais toujours à la peine dans un monde malheureusement bien instable.
Le soldat de SEM sait aussi regarder loin devant lui, sans doute vers un horizon qu'il espère
meilleur pour ses enfants. Ce regard qui porte loin n'est rien d'autre qu'un appel à la vigilance
et pourquoi pas à l'espérance. Ce centenaire ne doit pas être autre chose. Merci d'y

contribuer avec autant de conviction ».

Clémenceau visite le front par Sem

Petites scènes de la vie domestique (au sens propre comme au sens figuré) par Elizabeth Lesort : Carrément rustique.