André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, 320 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VII est paru en novembre 2021, le tomes VIII en 2022 et une réédition du tome I en 2023 augmenté de plus de 100 pages d'articles publiés sur notre blog.



vendredi 28 février 2014

1917, notre grand-père André Lesort, mobilisé, utilise ses remarquables compétences pour créer les fonds d'archives médicales pour l'armée française.

Nous avons reçu début septembre 2013 le mail suivant :

Je travaille actuellement à rassembler des "éléments" biographiques sur André Lesort (1876-1960) qui a été durant la Grande Guerre affecté dans le service de santé militaire, en poste en 1917 à la direction du service de santé de la 10e région militaire à Rennes. Il est dans mon intention de publier sur mon blog http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com
un court article sur André Lesort comme j'ai pu le faire récemment pour René Bonnat autre archiviste-paléographe du Lot-et-Garonne.
Je souhaiterais savoir si votre "archiviste familial" détiendrait quelques informations sur la Grande Guerre de votre aïeul ? Je mon côté je suis tout disposé, avec grand plaisir, à partager mes informations.
cordialement
François OLIER
sociétaire de l'Association des écrivains combattants
hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com

Notre cousine Catherine Chenu s'est chargée de rassembler les éléments historiques ou photographiques en sa possession, nous les avons transmis et nous avons reçu l'article en question, intéressant et bien documenté qui nous fait mieux connaitre le rôle de notre grand-père pendant la première guerre mondiale.
Nous n'avions en effet pas vraiment connaissance de ses activités pendant cette période et encore moins que ses remarquables capacités d'archiviste lui avait permis de rendre de tels services à l'armée française!
Nous publions cet article qu'on peut retrouver sur le blog indiqué ci-dessus avec son lien et nous remercions vivement François Olier de nous avoir fait partager son beau travail et fait découvrir par la même occasion le rôle éminent joué par notre grand-père dans la création de véritables archives médicales militaires.
Ces états de service reconnus permirent de le faire décorer de la Légion d'honneur à la fin de la guerre.
François Olier nous a également transmis les documents, issus des archives de l'armée, qui lui ont permis de reconstituer cet étonnant parcours militaire, ils feront l'objet d'une publication ultérieure.

L’archiviste-paléographe André Lesort (1876-1960) le « père » des fonds d’archives médico-militaires (1917).

L’archiviste-paléographe André Lesort (1876-1960) le « père » des fonds d’archives médico-militaires (1917).

Le 7 janvier 2013 j’ai proposé aux lecteurs du blog un premier article sur les archives médicales du service de santé militaire dans la guerre 1914-1918. Cet article a rencontré un réel succès puisqu’au fil des mois il est devenu l’article le plus lu de mon blog. Aujourd’hui je poursuis mes « investigations » et je soumets un nouveau « papier », à l’intention des lecteurs intéressés, sur l’archiviste-paléographe André Lesort (1876-1960) qui est à l’origine de la sauvegarde des collections d’archives médicales des hôpitaux militaires durant la Grande Guerre. André Lesort est totalement inconnu des connaisseurs de l’Histoire du service de santé militaire. Vous rechercherez en vain sa biographie dans un ouvrage général ou même spécialisé ; il reste un inconnu que je m’offre de sortir de l’anonymat en considération de son apport exceptionnel à la conservation des archives médicales de la guerre. Pour réaliser ce travail j’ai fait appel au site familial des Lesort-Madelin, site richement documenté qui conserve précieusement la mémoire de leur aïeul. Grâce aux Lesort-Madelin il est dorénavant possible de mettre un visage sur le nom d’André Lesort, le « père » des fonds d’archives médico-militaires du service de santé militaire (1914-1918), toujours conservés, en 2013, au service des archives médicales et hospitalières des armées (SAMHA) de Limoges et quotidiennement consultés ; qu’ils en soient remerciés.
André Lesort est né à Rouen, le 4 janvier 1876. Après des études secondaires à Beauvais et Paris, il entre à l’Ecole des Chartes en 1895 et en sort diplômé en 1899. N’ayant pas la possibilité de recevoir une affectation enviée dans sa Normandie natale à laquelle il est très attaché par sa recherche historique, il accepte des missions en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Il sert ensuite à Cambrai, aux archives municipales (1899-1900), puis à Bar-le-Duc, aux archives départementales de la Meuse (1900-1905). En 1905, il remplace Paul Parfouru (1846-1905) comme archiviste départemental d’Ille-et-Vilaine à Rennes (1905-1911). L’année suivante il épouse Jeanne Marie Elisabeth Madelin (1882-1972), sœur du grand historien et académicien Louis Madelin (1871-1956). En 1912, pour se rapprocher de sa famille il accepte le poste d’archiviste de Seine-et-Oise à Versailles, poste qu’il occupera jusqu’en 1929 avant de devenir archiviste en chef de Paris et du département de la Seine (1929-1941). André Lesort décède à Versailles, le 29 janvier 1960.

André Lesort, dans la guerre 1914-1918

André Lesort, classe 1896, relevant du service auxiliaire, haut fonctionnaire et chef de service préfectoral est mobilisé, le 3 août 1914, comme simple soldat à la 10e section d’infirmiers militaires (SIM) de Rennes. Il reçoit sa première affectation, à l’hôpital complémentaire n°33 de Granville (Manche), dans les fonctions de gestionnaire (directeur administratif) de cette petite formation de 50 lits mise sur pied par le service de santé militaire. L’on peut noter que le directeur du service de santé a été bien inspiré de le nommer, en dépit de son grade, dans ces fonctions administratives « polyvalentes », dans lesquelles il découvre les arcanes de l’administration du service et l’importance de la conservation des registres et pièces médicales. Ce professionnel des archives s’attache à en faire un modèle régional.
Hôpital complémentaire n°33. Ecole primaire supérieure de garçons, 8 rue Clément-Desmaisons à Granville. Ouvert le 28 août 1914. Fermé le 31 juin 1916 par DM n° 5444-3/7 du 27 mai 1916. Hospitalisation de 1427 malades et blessés – 13 décès. Capacité hospitalière : 100 lits (26 septembre 1914), 110 lits (1er février 1915), 130 lits (13 octobre 1915). Le médecin-chef de l’hôpital est le médecin aide-major de 1ère classe J.P.Tessier (23 août 1914), remplacé le 15 juillet 1915 par le médecin aide-major de 2e classe Grabois. Parmi les médecins traitants : les docteurs Le François, Hamon et le docteur Bernard Landau, médecin bénévole de nationalité russe, domicilié à San Remo…
André Lesort passe caporal en mai 1915 puis il quitte Granville, le 8 juillet 1916, à la fermeture du « 33 » pour Donville-les-Bains (Manche) et l’hôpital complémentaire n°106 en remplacement du soldat Chauvet qui y fait fonction de gestionnaire.
Hôpital complémentaire n° 106.  Hôtel de la Plage à Donville. Ouvert le 16 août 1915. Fermé le 7 février 1917 par DM n° 3073-3/7. Hospitalisation de 373 malades et blessés. Capacité hospitalière de 95 lits. Le médecin-chef de l’hôpital est le médecin aide-major de 2e classe H. Ribo.
En octobre 1916, André Lesort est muté à la direction du service de santé de la 10e région militaire de Rennes où on le charge du nouveau bureau des archives. Cette direction – comme toutes celles des autres régions militaires – est encombrée par des montagnes de registres et de pièces médicales provenant des hôpitaux temporaires de la région (hôpitaux complémentaires, auxiliaires et bénévoles) créés depuis la mobilisation et fermés, suite à des restructurations. Sa formation d’archiviste-paléographe et son expérience professionnelle tant à Rennes avant-guerre qu’à Granville et Donville le désignent naturellement pour le poste. Le médecin inspecteur François Jean Hippolyte Fortuné Vaysse (1852-1941), un « colonial », directeur du service de santé, son mentor à Rennes, n’aura pas à regretter son choix.

Les archives des hôpitaux militaires fermés (1917)

Aussitôt installé dans son nouvel emploi, André Lesort inventorie et classe méthodiquement son fonds d’archives. Tout est à organiser, d’autant que la direction régionale de Rennes est la seule en France, en cette fin d’année 1916, à se préoccuper de cette masse documentaire qui encombre ses locaux. Dès janvier 1917, il souhaite rendre pérenne l’organisation de son jeune dépôt d’archives médicales et d’en faire un modèle exportable à l’ensemble des directions régionales du service de santé militaire. Mais pour relever ce défi il lui faut, modeste caporal, le soutien de sa hiérarchie jusqu’à Justin Godart (1871-1956), le sous-secrétaire d’Etat au service de santé. En janvier, il se rapproche de son ancien collègue l’archiviste-paléographe Alexandre Vidier (1874-1927), inspecteur général des bibliothèques et des archives (1913), lui aussi mobilisé depuis décembre 1914 comme simple soldat, lequel recherche, à cette époque, une « grande œuvre » à parrainer susceptible de l’extraire de son quotidien de soldat « garde-voies ». Dans une correspondance en date du 14 janvier 1917, sans mention de destinataire mais agrafée dans un dossier « Vidier » conservé aux archives du service de santé des armées au Val-de-Grâce, André Lesort sollicite de son confrère qui se partage entre ministères de la Guerre et de l’Instruction Publique une entrevue pour lui présenter son projet sur les archives médicales :
« Rennes, le 14 janvier 1917 – Mon cher ami, Le médecin principal Castelli qui s’est très aimablement et spontanément chargé de vous transmettre mon bon souvenir, vous aura sans doute fait connaître ma nouvelle destination militaire. La question des archives des hôpitaux temporaires m’avait justement préoccupé depuis le début des hostilités ; elle a reçu dans la 10e région une solution que je me permets de croire satisfaisante, - Puisqu’un professionnel est chargé de réunir, de classer et d’exploiter les fonds des formations supprimées – Mais cette solution est provisoire et prendra fin, dans tous les cas, avec la démobilisation générale. Je serais très heureux de causer avec vous de la question pendant quelques instants : d’un échange d’idées, pouvant sortir d’utiles indications pour moi et pour mon service. – Je pars demain pour Paris, où je resterai, jusqu’à samedi matin (163 rue de la Convention, chez mon père). Vous seriez bien aimable de me faire savoir si je pourrai vous rencontrer au Sous-Secrétariat – ou à la Bibliothèque nationale ou aux Archives – et de me dire à quelle heure. Je serai charmé de vous revoir. A bientôt donc, je l’espère, et croyez moi, mon cher ami, cordialement vôtre. – André Lesort. »
A son retour à Rennes, le 25 janvier 1917, André Lesort rédige un rapport de six pages synthétisant son projet, dont les grandes lignes sont approuvées par Justin Godart dès le 29 janvier 1917. Il reste pour André Lesort à proposer, en lien avec Alexandre Vidier, un texte réglementaire à la signature de Justin Godart officialisant l’organisation et le fonctionnement des services d’archives médicales. Ce sera chose faite le 15 mars 1917, date de la publication de la circulaire ministérielle n° 454-Ci/7 relative à l’organisation et au fonctionnement d’un bureau d’archives dans les directions régionales du service de santé. Une semaine plus tôt, le 7 mars 1917, A. Vidier avait été mis à la disposition du ministère de la Guerre par le ministre de l’Instruction Publique ; il avait reçu la charge du contrôle de la bonne application de la circulaire…
La circulaire n° 454-Ci/7 du 15 mars 1917 – Organisation et fonctionnement d’un bureau d’archives dans les directions régionales du service de santé (16 pages) – Introduction (p. 1-3) – Notice sur l’organisation des archives dans les directions régionales du service de santé (p.4-9) : 1) Installation matérielle ; 2) Centralisation des archives des hôpitaux fermés ; 3) Classement des archives ; 4) Recherches ; 5) Archives des directions – Spécimens d’états sommaires (p. 9-16) : I) Hôpital complémentaire n°31 de Rennes ; II) Hôpital complémentaire n°39 de Rennes. (PDF en fin d'article)
André Lesort nommé adjudant et archiviste en titre du service de santé de la 10e région (dépêche n° 8030-1/7 du 21 mars 1917) poursuit à Rennes son travail sur le terrain. En février, il avait reçu le renfort d’un archiviste-paléographe, Jean Lechartier de Sedouy (1874-1949) pour le soulager dans son travail quotidien d’inventaire et lui permettre d’encadrer, dès juin 1917, les stages organisés à Rennes au profit des archivistes des autres régions récemment nommés.
Le 13 juillet 1917, le médecin inspecteur Jules Simonin (1864-1920) du sous-secrétariat d’Etat, dans une note préparée par Vidier [marquée VID à l’intention des dactylographes] fait le point à l’intention de Justin Godart sur le nouveau service des archives : « (…) les archivistes du service de santé, avant que d’être installés dans leur emploi ont fait un stage d’une semaine au bureau des archives hospitalières de la 10e région, afin de se mettre au courant des lois et règlements propres au service de santé, et de se familiariser avec les registres et papiers médicaux et administratifs qui constituent les archives des hôpitaux (…) Pour la mise au point et l’organisation de ce service, l’administration centrale a été très efficacement secondée par M. l’adjudant Lesort, archiviste de la direction du service de santé de la 10e région. M. Lesort, archiviste-paléographe, ancien archiviste de la Meuse et de l’Ille-et-Vilaine, archiviste de Seine-et-Oise a été tout d’abord gestionnaire d’un hôpital complémentaire, puis, l’hôpital ayant été fermé il a été affecté à la direction du service de santé par M. le médecin inspecteur Vaysse, pour y organiser un bureau d’archives. Cette heureuse initiative, suivie avec intérêt, par l’Administration centrale, a permis de préciser les instructions données par M. le sous-secrétaire d’Etat dès le 29 janvier 1919 et d’établir le statut définitif du service (circulaire du 15 mars). Enfin M. Lesort a présidé par des conférences et des travaux pratiques au stage effectué dans son service par les archivistes des autres régions (…) ». Il propose à Justin Godart de faire attribuer à André Lesort un témoignage officiel de reconnaissance qui lui serait adressé sous le timbre de la 1ère division technique.
Par circulaire n° 17002-3/7 du 15 juillet 1917, le sous-secrétaire d’Etat au service de santé adresse à l’adjudant Lesort, sous couvert de son directeur à Rennes, une lettre de félicitations rédigée par Vidier [VID] ainsi formulée : « Il m’a été rendu compte du concours très efficace que vous avez prêté à l’administration du service de santé, en organisant à la direction du service de santé de la 10e région, un bureau d’archives hospitalières qui a servi de modèle à ceux constitués par la suite dans toutes les régions. Il m’est signalé également que vous avez présidé avec autant de compétence que de zèle au stage qu’ont effectué dans le service auquel vous êtes préposé les archivistes désignés pour organiser les bureaux d’archives des autres régions. J’apprécie à toute leur valeur les excellents services que vous avez rendus au service de santé et je vous adresse un témoignage officiel de ma satisfaction – Justin Godart. – Copie de cette lettre de félicitation est envoyée par mes soins à M. le ministre de l’Instruction Publique et à M. le préfet de Seine-et-Oise pour être versée à votre dossier civil. »
Cette lettre sera la récompense de ses services. En septembre 1917, André Lesort sollicite du ministre son renvoi dans ses foyers en application de la loi de décembre 1915, en tant que père de six enfants, application qu’il n’avait pas sollicitée jusqu’à présent. Le sous-secrétariat d’Etat répond au directeur du service de santé de Rennes : « (…) que je ne vois pas sans regret le service de santé privé du concours que lui a prêté l’adjudant Lesort et à l’occasion duquel une lettre de félicitation lui a été adressée ; je vous autorise néanmoins à relever ce militaire (…) ». A son départ, Jean Lechartier de Sédouy, son adjoint, le remplace au bureau d’archives de Rennes.

Une œuvre pérenne (1917-2013)

Tandis qu’ André Lesort quitte la scène, Alexandre Vidier nommé au cabinet de Justin Godart est délégué, par ordre du ministre « dans les régions de l’intérieur pour visiter les bureaux d’archives hospitalières constitués dans chaque direction régionale du service de santé » (ordre de service n°774-1/7 du 14 août 1917). Dans une note du 13 août 1917, adressée à Justin Godart, Vidier [VID] détaille l’objet de ses inspections à venir, dont : « (…) 4) constater officiellement les imperfections qui ont été signalées dans des lettres privées et dont l’on ne peut faire état sans découvrir l’archiviste auprès de son directeur. Notamment le pillage des fonds d’archives d’hôpitaux par les bureaux de la direction (…) – 6) améliorer les conditions morales dans lesquelles se trouvent certains archivistes aux yeux des directeurs. Ces archivistes, non officiers, parfois simples soldats sont considérés dans quelques directions juste suivant leur grade ou leur absence de grade militaire. Il en est à qui l’on fait prendre le service de planton pour porter en ville les plis de la direction. (…) NB : Cette inspection se confondrait dans la mesure du possible avec une tournée d’inspection pour l’Instruction Publique [Vidier est inspecteur des bibliothèques et des archives]afin de réduire au minimum les frais de route à rembourser par la Guerre. »
Depuis juin 1917 les directions régionales du service de santé de métropole sont renforcées d’archivistes militaires nommés dans le cadre de la circulaire n° 454. A compter de cette date l’administration centrale est tenue informée, le 5 de chaque mois, de l’avancée des travaux des bureaux d’archives, lesquels à la date du 17 juillet 1917 ont déjà réceptionné les fonds documentaires de près de 1600 hôpitaux fermés qui seront près de 10 000 avec les annexes en 1921-1922. En 1919, la démobilisation des jeunes classes éloigne les archivistes-paléographes des bureaux d’archives militaires ; ils seront remplacés par des sous-officiers des sections d’infirmiers militaires et des personnels civils qui s’appuieront sur le cadre de classement d’André Lesort. Au fur et à mesure des restructurations territoriales, de 1920 à 1944, les archives médicales sont transférées de directions en directions avant d’être regroupées, après la 2e Seconde Guerre Mondiale, au service des archives médicales et hospitalières des armées de Limoges, organisme qui poursuit encore aujourd’hui cette mission de conservation et de « mise à disposition » au profit des ayants-droits.
En guise de conclusion
André Lesort et Alexandre Vidier attendront la fin de la guerre pour être faits chevaliers de la Légion d’honneur au titre de l’Instruction Publique. Il n’est pas douteux que la lettre de félicitation du 15 juillet 1917 de Justin Godart n’ait été déterminante pour étayer le mémoire des services éminents d’André Lesort pour cet ordre prestigieux ; mais il est regrettable que la proposition ne le fut pas à titre militaire. Je termine cet article en me reportant à mon expérience personnelle. Jeune sous-officier, j’ai abordé l’Histoire du service de santé de la Grande Guerre, dès 1980, en parcourant les centaines de mètres linéaires d’archives des hôpitaux fermés de la 10e région militaire de 1914-1918, alors stockés dans les caves de la caserne Margueritte à Rennes ; les mêmes fonds organisés par André Lesort en 1917. Un parcours initiatique qui s’est poursuivi, de 1995 à 2000, au musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce à Paris. Cette expérience au long cours au travers des archives médico-militaires est à l’origine de la collection des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918 en 5 volumes, engagée avec mon compère Jean-Luc Quénec’hdu et qui doit tant à l’archiviste-paléographe André Lesort.
Remerciements particuliers à la famille Lesort-Madelin.
Sources :
Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cartons n° 550 et 551. - Claude Cochin. Les archives de la Guerre, dans La Revue Hebdomadaire, n°27, 7 juillet 1917, pp. 64-75.
Photos : André Lesort en tenue d’adjudant de la 10e section d’infirmiers militaires (1917) – Le personnel de l’hôpital complémentaire n° 33 de Granville, ca1915-1916. André Lesort est assis au 1er rang, le 3e à partir de la droite. (coll. Famille LesortMadelin- Droits réservés).
Pour en savoir plus :
Prochainement dans ce blog : Archivistes-paléographes et service de santé militaire. Notes biographiques (1914-1918).
A Paraître prochainement : le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918 (France sud-est)
Le personnel de l’hôpital complémentaire n° 33 de Granville, ca1915-1916. André Lesort est assis au 1er rang, le 3e à partir de la droite. (coll. Famille LesortMadelin- Droits réservés).
Le personnel de l’hôpital complémentaire n° 33 de Granville, ca1915-1916. André Lesort est assis au 1er rang, le 3e à partir de la droite. (coll. Famille LesortMadelin- Droits réservés).

Bons vœux du Mexique et belle médaille décernée à notre grand-père.


Notre cher cousin du Mexique Patrice Bidault envoie à tous ses bons vœux et un chaleureux encouragement à toutes visites familiales (on peut certifier la qualité de l'accueil) :

... la famille du Mexique a travers moi vous envoie ses meilleurs voeux pour 2014, spécialement pour l'oncle Gonzague et les siens (aussi a tante Sissi et tante Moineau) et vous savez que nous attendons toujours avec impatiente la visite de quel qu'un de la famille de France au Mexique (logement, pas de problème ni a Mexico, ni a Guadalajara ou a Coatepec).
Très chaleureusement.
Patrice Bidault


A cette occasion il nous envoie également un très joli petit cadeau sous la forme de la photo recto-verso d'une très belle médaille, du plus pur style art-déco, décernée en 1941 à notre grand-père en tant que conservateur des archives de la Seine (Paris) :

D'un autre cote, je vous envoie les photos de la médaille que grand père a reçue en 1941 (face et envers) et que maman m'a confiée un jour. Vous pouvez être surs qu'elle est entre de bonnes mains.(nous n'en doutons pas! NDLR).







vendredi 24 janvier 2014

And we talk once again about the Pichardière ou du rêve de Madame Aucante au rêve d'un américain amoureux de la France.







Nous vous avions fait part dans un article en septembre dernier de la relation nouée, grâce à notre blog, avec un universitaire américain, Joseph Disponzio.
Celui-ci travaille à la fois pour la ville de New-York en tant qu'architecte paysagiste et pour l'Université de Columbia en tant que directeur de programme dans le même domaine, ce qui est possible dit-il avec humour grâce à un travail le jour pour la ville et la nuit pour l'université ...

Passionné par ses activités, il l'est aussi par le très grand  architecte-paysagiste français Jean-Marie Morel, adepte des jardins "naturels" (proches de l'esthétique des jardins anglais de l'époque), auteur d'une très novatrice Théorie des jardins en 1776 et qui travailla pour la haute société sous Louis XVI et Napoléon Ier.

Parc du château de Guiscard aménagé par 
JM Morel pour le duc d'Aumont vers 1775 



C'est par ce biais que Joseph Disponzio nous a fait découvrir que le parc de la Pichardière avait été conçu par Jean-Marie Morel pour notre ancêtre François Aucante, probablement à la construction de la maison en 1803.

Joseph Disponzio avait souhaité me rencontrer en décembre dernier à Paris (où il a un pied-à-terre) pour faire le point sur nos recherches à ce sujet.
A cette occasion, je lui ai montré ce que notre grand-père archiviste avait établi sur les origines de la Pichardière ainsi que différents documents dont l'original de l'acte d'achat par François Aucante en 1802, mais malheureusement rien encore sur les jardins.

Par ailleurs, quand il avait rencontré Blandine Ayoub en août dernier, celle-ci lui avait montré des dessins de notre grand-mère qu'il avait beaucoup admirés.
Nous avons, Blandine et moi, vraiment apprécié ces rencontres car Joseph Disponzio est quelqu'un  de chaleureux, intéressant et passionné dont les propos sont relevés d'une pointe d'humour qui  leur donne toute leur saveur.
Cela m'a donc paru de circonstance de lui offrir une reproduction (et son explication) d'une des illustrations du fameux "Un rêve de Madame Aucante à la Pichardière" imaginé par notre grand-mère Elizabeth Lesort en 1912.

Les enfants du rêve de Madame Aucante

On y voit, Marie-Victoire Aucante, Madame Aucante, penser qu'elle et son mari ont construit une bien grande maison pour leur seule fille Adélaïde, mais heureusement un rêve prémonitoire la rassure en lui faisant apparaître les nombreux enfants de sa future descendance ...
Joseph Disponzio était ravi et m'a vivement recommandé  de faire une exposition des œuvres de Grand-Mère dans les locaux de la Société d'Archéologie et d'Histoire de Neuville aux Bois ...

Mais en fait Joseph Disponzio voulait beaucoup m'entretenir d'une idée qui lui semble extrêmement chère car lui aussi a un grand rêve : pour le tricentenaire de la naissance de Jean-Marie Morel, il voudrait organiser une grande réunion avec des descendants de tous ceux qui ont fait appel à Jean-Marie Morel pour concevoir leurs jardins, cette réunion ayant lieu bien sûr à un endroit où ces jardins existent encore.
Quelle excellente et sympathique idée, que je ne pouvais que soutenir avec un enthousiasme toutefois tempéré par la perspective d'une date un peu lointaine : 2028!
Aussi Joseph Disponzio, de retour à New-York, m'a t'il écrit la semaine suivante :

... le trois-centième anniversaire ne sera que dans 14 ans – trop loin, peut-être, pour commencer à penser à cet événement.
En revanche, il faut faire quelque chose pour élever la « visibilité historique » de Morel. J’ai toujours des idées : soit, une association des propriétaires des jardins de Morel ; « amis des jardins de Morel », et se mettre en contact les propriétaires ; écrire à la mairie du troisième arrondissement pour nommer une rue d'après le paysagiste, etc., etc., mais pour tout cela, il faut du temps. Et de loin, de New York, ce n’est pas très facile. Pour l’instant je dois me concentrer pour finir mon livre sur Morel, et après cet événement, un colloque autour de Morel et son temps est prévu.


En tout cas, nous avons été séduits par l'enthousiasme éclairé et contagieux de Joseph Disponzio pour l'Histoire, pour les jardins (plutôt naturels, bien sûr) et pour Jean-Marie Morel, aussi grand architecte-paysagiste qu'architecte-paysagiste méconnu, mais qui fut le Le Nôtre de son temps.
Nous restons en contact. A suivre ...

François Lesort
               
La rédaction des VPF a eu l'amabilité, et nous l'en remercions, d'élargir nos recherches sur Jean-Marie Morel à l'ensemble des familles Madelin et Bonnet par un petit article, fort bien tourné, paru ces jours-ci dans leur dernier bulletin de liaison :



Un exemple de jardin "naturel": le Petit Trianon à Versailles créé par Richard Mique en 1775 pour Marie-Antoinette

Encore une petite devinette familiale, cette fois datée de janvier 1951.


Notre cousine Catherine Chenu nous envoie une photo qu'elle pense être prise chez ses parents le 1er janvier 1951 et cherche à identifier la brochette de cousins qui y figurent autour de Grand-Mère :



Seraient déjà identifiés de gauche à droite au deuxième rang Michel Bidault et Denis Chamussy et au premier rang Benoit Chamussy.
Si vous en ( ou vous vous) reconnaissez dites le nous !
Catherine nous transmis également une autre photo qu'elle pense être du même jour avec le petit commentaire suivant :




... "on retrouve l'ambiance des jours de 1er janvier : les parents autour et les enfants présentant chants, récitations et autres pièces. Vous rappelez-vous la séquence des cadeaux : chaque famille s'asseyait en rang et recevait des oncles et tantes cadeaux individuels ou collectifs. Oncle Paul-André offrait des livres (et j'en ai encore quelques-uns chez moi) et tante Thérèse avait toujours des petits trucs adorables fabriqués par elle (robes de poupée par exemple) ou dénichés je ne sais où, comme elle en avait le secret."

mardi 24 décembre 2013

André Lesort, diplômé archiviste paléographe de l'Ecole des Chartes



André Lesort 1926
Notre grand-père André Lesort, fut unanimement reconnu, pendant toute sa carrière (et encore aujourd'hui), comme un remarquable archiviste, aussi compétent que passionné.
Nous avions publié à ce sujet le magnifique éloge funèbre prononcé par un de ses confrères archivistes, Marcel Baudot, à l'occasion de ses funérailles (publication de novembre 2010 sur le blog).
Pour en avoir une meilleure perception, nous avons brièvement résumé la carrière et les principales publications de notre grand-père en bas de cette page.

Notre grand-père était diplômé archiviste paléographe de l'Ecole des Chartes (promotion 1899) et notre cousin Luc Guyot a fait une présentation historique de cette école très spécialisée et donc souvent mal connue.


École nationale des chartes                                                 

                           
                                                                            Entrée de l'Ecole des Chartes place de la Sorbonne


Nous rappelons ici brièvement la carrière de notre grand-père :
– Licencié ès lettres. – 1895-1899 École des Chartes (diplômé archiviste paléographe). – 1899-1900 Archiviste de la ville de Cambrai. – 1900-1905 Archiviste du département de la Meuse. – 1905-1912 Archiviste du département de l'Ille-et-Vilaine. Chargé de cours à la Faculté des lettres de Rennes (histoire de l’art). – 1912-1929 Archiviste du département de la Seine-et-Oise et conservateur des antiquités et objets d'art. – 1929-1941 Archiviste en chef du département de la Seine et de la ville de Paris. – 1933-1939 Conférences sur l'archivistique à l'École des Chartes. Chargé de cours à l'Institut catholique de Paris.
- Officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre des palmes académiques

Pour donner une idée également de son rayonnement et de l'ampleur de ses travaux, nous donnons ci-dessous une liste de ses principales publications :
– La succession de Charles le Téméraire à Cambrai (1477-1482), 1903
– Les chartes du Clermontois conservées au Musée Condé, à Chantilly (1069-1352), 1904 (en collaboration avec L. Delisle et G. Mâcon)
– Département d’Ille-et-Vilaine. Rapports sur les Archives départementales, communales, hospitalières, 7 fasc., 1905
– Archives départementales de la Meuse, Archives communales de Verdun, État sommaire du fonds de la période révolutionnaire, 1906 (en collaboration avec P. D’Arbois de Jubainville)
– La Bretagne à la fin du Moyen Âge, 1907
– Département du Nord. Ville de Cambrai. Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790, 1907 (en collaboration avec É. Gautier)
– Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Rennes pour les États Généraux de 1789, 4 vol., 1909-1912 (en collaboration avec H. Sée)
– Chronique et chartes de l'abbaye de Saint-Mihiel, 14 fasc. in Mémoires et documents de la Société nationale des Antiquaires de France, 1909-1912
– Les archives bretonnes du musée Condé à Chantilly. Documents sur le régime seigneurial en Bretagne, 1911 (en collaboration avec G. Macon)
– Archives départementales de Seine-et-Oise. Rapport sur le Service des archives, 1912
– Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Meuse. Archives civiles, série C, 1918 (en collaboration avec A. Marchal et P. d'Arbois de Jubainville)
– Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Ille-et-Vilaine. Archives civiles, 1934 (en collaboration avec P. Parfouru et H. de La Rogerie)
– "La reconstitution des églises après la guerre de Cent Ans" in V. Carrière, Introduction aux études d'histoire ecclésiastique locale. III, Questions d'histoire générale à développer dans le cadre régional ou diocésain, 1936
- Archives départementales de Seine-et-Oise. Répertoire critique des anciens inventaires d'archives, 1936
– Département de Seine-et-Oise. Inventaire sommaire des archives départementales postérieures à 1790. Archives de la Révolution, 1940 (en collaboration avec H. Lemoine et A. Guérin)
– Lettres de Catherine de Médicis. T. XI, Index général rédigé par le comte Gustave Baguenault de Puchesse, Eugéne Lelong et Lucien Auvray, 1943 (édition)
– "Géographie humaine de l'Ile-de-France" in A. Lesort, P. Bernus, M. P. Boyé, M. Richard, Visages de l'Ile de France, 1946
– "La Reine Blanche dans le Vexin et le pays de Bray 1359-1398" in Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 1948-1954
– Épitaphier du Vieux Paris. V/1, Saint-Germain l'Auxerrois, in Histoire générale de Paris, 1974 (posthume)

Un article plus détaillé sur la carrière et l'oeuvre de notre grand-père est en cours de préparation.

On peut tout acheter par internet, même des photos de notre propre famille !

En cette période de grands achats y compris par internet, nous avons reçu récemment un mail, et nous l'en remercions ici, d'un membre de la Société Archéologique et Historique de Neuville aux Bois qui non seulement nous prévenait aimablement qu'une photo concernant la famille Madelin en villégiature à la Pichardière était en vente sur ebay mais nous donnait également le lien pour y accéder directement.

Les membres de cette société qui s'intéressent à l'histoire de Neuville aux Bois avaient déjà pris contact avec nous auparavant grâce à notre blog.
De plus ce sont eux qui ont fourni le plan cadastral, où figure le parc de la Pichardière, à l'universitaire américain spécialiste de l'architecte paysagiste Jean-Marie Morel (voir notre article sur le blog de septembre dernier).
Nous sommes bien sûr allé voir sur ebay et avons trouvé une vente concernant pas mal de cartes postales, un assignat ... et une photo de la famille Lesort en 1934 à la Pichardière (que nous avons déjà et que nous avons fait figurer dans l'album Madelin de Michel Budan).
C'est la très bonne photo qui représente la famille Lesort au complet hors notre tante Gertrude Lesort - Bidault, partie habiter au Mexique en 1932
Comment cette photo est-elle arrivée là ? Mystère. Le vendeur, pseudo jpamix, à Triel sur Seine , que nous avons pu voir par ailleurs comme grand vendeur de cartes postales par internet, n'est pas joignable à partir d'ebay.
Nous reproduisons ci-dessous l'essentiel de l'annonce parue sur ebay :



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Photo de famille à La Pichardière , sans doute, château à Neuville aux bois 45
Détails sur le vendeur
jpamix (1557 )
100% Evaluations positives
Inscrit comme vendeur particulier
Etat de l'objet : Occasion
Prix de départ : 5,00 EUR
Livraison : 1,50 EUR Standard
Lieu où se trouve l'objet : Triel sur Seine, France métropolitaine
Lieu de livraison : Monde entier
Délai de livraison : Estimé entre le ven. 6 déc. et le lun. 9 déc.
Numéro de l'objet eBay :
121222931903
Le vendeur assume l'entière responsabilité de cette annonce.
Caractéristiques de l'objet
Etat :
Occasion: Objet ayant été utilisé.
Type: Tirage argentique
Période: De 1900 à 1939
Origine: France
Qualité: TB, Très bon
Thème: Scène de vie
Format (cm): 16 x 12
Caractéristiques: Noir et blanc
Couleur: Noir et blanc
Indication au dos de la photo : La Pichardière Aout 1934











vendredi 29 novembre 2013

A chacun sa médaille : celle de Félix Desnoyers, frère plus discret du flamboyant François de Sales Desnoyers et fruit d'un extravagant mariage.


Félix Desnoyers (1795-1869)



Madame Bredif, petite nièce de Jules Lorin (notaire et ami de la famille Bonnet) qui avait pris contact avec nous il y a plusieurs mois après avoir découvert notre blog, a signalé récemment à notre cousine Catherine Chenu qu'elle venait de retrouver dans un tiroir une médaille commémorative de 1874 en l'honneur de notre ancêtre Félix Desnoyers, bienfaiteur de Neuville aux Bois.
Devant son intérêt, elle lui a envoyé les photos recto et verso de cette médaille. Au verso, on constate en effet que les bienfaits de Félix envers la commune sont nombreux comme le raconte d'ailleurs (source VPF) notre arrière grand-mère Marie Madelin née Bonnet, petite fille de François de Sales Desnoyers :

"L'oncle Félix Desnoyers [était] mort l'hiver précédent. Il avait fait de bons et riches legs à la commune de Neuville, entre autres une école de filles qu'il s'agissait de faire construire, celle qui existait depuis le commencement du siècle était trop étroite.Ses nièces héritières de ses surprenantes économies, se préoccupaient beaucoup de l’exécution de ses dernières volontés que mon père avait prises en main. Elles n'hésitèrent même pas à ajouter à ses largesses, lorsque les devis des architectes eurent donné à penser qu'on ne pourrait pas comprendre la salle d'asile dans la somme laissée dans ces constructions.
En 1874 tout fut achevé et une inauguration officielle eu lieu. L’évêque, Monseigneur Dupanloup, le préfet, Monsieur Gigot, s'y firent représenter. Le maire, Monsieur Loiseau et son conseil firent tout pour que la cérémonie fut éclatante et l'on combla d'honneurs mon père qui représentait la famille Desnoyers."

Dont cette médaille à la mémoire de Félix Desnoyers retrouvée récemment par Madame Bredif et le nom de Félix Desnoyers donné et encore conservé à une rue de Neuville aux Bois.

Catherine nous a également transmis à cette occasion tous les documents du présent article, dont celui où Paul  Tournaire, cousin de Marie Bonnet, nous présente sans détours la famille Desnoyers (voir ci-dessous) : l'extravagant mariage d'un père, vieux garçon plutôt original avec une toute jeune fille et ce qu'il advint ainsi que le caractère propre de chacun de leurs trois fils : François de Sales, Maximilien et Félix.
Félix Desnoyers est donc le jeune frère "très lettré mais moins vigoureux", célibataire de surcroît, de notre valeureux aïeul manchot qui, lui, semblait avoir plutôt hérité du caractère bien trempé de sa mère qui prit les rênes de son ménage.
La propriété Desnoyers était le Cas-Rouge (ou Carrouge) également à Neuville aux Bois.

L'extravagant mariage de Jean-François Desnoyers (*) et sa famille vus par Paul Tournaire (source vpf)

(*)JF Desnoyers (1735-1801), fut notaire à Neuville aux Bois, conseiller du Roi et accusateur public

Laissons Paul TOURNAIRE, dans son récit biographique sur sa mère Cécile TOURNAIRE née DESNOYERS, nous raconter:
“Vers 1785 vivait à Neuville aux Bois, sur Ies confins de la Beauce et de la forêt d'0rléans, un vieux garçon de 53 ans qui eut la singulière idée du se marier avec une jeune fille de dix huit ans Caroline Nivet . Celle-ci s'y prêtait sans aucun plaisir et par pure obéissance filiale et M. DESNOYERS avait bien l‘impression qu‘il allait faire une sottise. Si bien que le jour fixé pour la noce, alors que la mariée revêtait sa robe blanche, il disparut soudain. A cette nouvelle la jeune fille fit éclater sa joie et s’en alla manger avec ses demoiselles d'honneur le repas préparé pour la noce. Mais au bout d'une heure on lui ramenait son vieux fiancé tout couvert de paille, découvert au fond d'un grenier. Elle ne put digérer son festin mais se laissa conduire toute pâle à l‘autel. Et ce fut un heureux mariage où la jeune femme tint les rêne du gouvernement, car elle ne manquait pas d'esprit, ni d'autorité.

Trois fils naquirent de cette union: le 21 octobre 1787, Louis, Marie, François de Sales, mon grand-père qu’on appela toujours DESNOYERS. En 1793, Maximilien.En 1795, Félix. Pourquoi Maximilien? C'est que M. DESNOYERS s‘était jeté à fond dans le mouvement révolutionnaire, avait été élu accusateur public au tribunal de Neuville aux Bois, chef-lieu du district du Loiret et était fanatique de Robespierre. Mon grand- père se souvenait de l'avoir vu, le 9 prairial an 11, jour de la fête de l'être suprême, danser autour du buste de son héros sur la place de Neuville. avec sa toge, sa toque, et ses soixante ans. Cette scène falotte est le seul souvenir qu'ait laissé le bonhomme qui mourut peu d'années après, laissant à sa jeune veuve la charge de trois garçons.

….. Madame DESNOYERS qui, soixante ans après. ne voyait pas naître un de ses arrières petits enfants sans s‘informer si la mère avait bien lu l‘Ëmile, fut une femme décidée, autoritaire et peu commode, dure à elle même et soignant ses malaises avec un bon verre d'eau. 
Elle fut pourtant adorée de ses fils dont elle était fière comme la mère des Gracques. L‘ainé était d'ailleurs remarquablement bien doué, pour la parole comme pour l'action. pour l‘action comme pour l‘étude. A 19 ans, élève au Lycée Napoîéon. il obtenait le prix de physique et le 2° prix de mathématiques (*) au concours général et était reçu Polytechnique. Le second. plus timide, entra dans le service des douanes. La troisième, très lettré mais moins vigoureux, acheta à Orlèans une charge de greffier.“

(*) A ce titre, François de Sales Desnoyers reçut comme prix un ouvrage en deux volumes, qu'un de nos cousins, Frédéric Madelin, a retouvé dans une vente. Voir l'article d'avril 2013 de notre blog à ce sujet.



Généalogie des Desnoyers ( source vpf)

Caroline Desnoyers née Nivet



Le Carrouge, propriété des Desnoyers à Neuville








Marie Madelin nous parle encore avec affection de son grand-oncle et nous en donne une image plutôt sympathique (source VPF) :

"... L'oncle Félix avait plus de saillies que son frère [Maximilien]. C'est un homme d'esprit et un fin lettré, mais avec une nuance de scepticisme et un peu mordant.
Cela n'excluait pas la bonté de son cœur, qui s'appliquait surtout à nous, car il aimait ma mère comme une fille et ayant voulu échapper aux embarras d'une famille, il adoptait volontiers celle qu'il trouvait toute faite autour de lui ...
...
[après la vente de Carrouge] Mon oncle Félix Desnoyers, si attaché à Neuville, devint aussi leur hôte habituel [l'hôte de ses parents Jules Bonnet et Eugénie née Desnoyers à la Pichardière], il se plaisait beaucoup près de ses nièces et même de leurs enfants auxquels il prodiguait le cotignac et poursuivait de ses affectueux sarcasmes les essais de tragédie en vers alexandrins auxquels se livrait avec conviction René Tournaire [cousin germain de Marie] ...

Image mortuaire de Félix Desnoyers