André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications.Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus sur notre blog, près de 200, sont en cours de publication sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome III est en préparation.




vendredi 27 janvier 2017

1936 - Faire-part de décès et lutte des classes pour notre défunte arrière grand-mère Marie Madelin

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Memento

Parmi les nombreux documents que recèlent nos archives nous avons pu juxtaposer, d'une façon assez inattendue, le faire-part de décès de notre arrière grand-mère Marie Madelin née Bonnet avec un billet d'humeur virulent à son sujet paru dans le journal  de la SFIO (socialiste), dirigé par Léon Blum.
Ce faire-part,  très complet, reprend la totalité de la nombreuse descendance de Marie Madelin et on y retrouve nos grand-parents, nos oncles et tantes et les aînés de nos cousins (sur le cercueil de Marie Madelin avait été placé une immense couronne portant l'inscription "A notre grand-mère, ses 143 petits-enfants et arrière petits-enfants").
Ce faire-part cite également les fonctions et décorations de chacun et dans le "Petit Journal", quotidien des gens "biens" de l'époque, l'auteur  d'un billet quotidien intitulé "Aux vérités de la Palisse" se serait paraît-t'il "tout pâmé d'admiration" (sic)  pour une si nombreuse et si brillante descendance...
C'en était trop pour Amédée Dunois, rédacteur très connu du journal socialiste "Le Populaire", où il publia dés le lendemain un libelle vitriolé sur l'affreux symbole que représentait une telle famille!
On pourra en être surpris car ce genre de circonstances inspire généralement plutôt le respect ou tout au moins la retenue.
Mais nous sommes en 1936, après la victoire du Front Populaire, et la situation politique et sociale est assez tendue et les tendances les plus à gauche sont plus que jamais dans une perspective de lutte des classes pour laquelle tout doit servir.
Nous vous communiquons ci-dessous les pièces du dossier ...


Un faire part de " bourgeois capitalistes":

                 


             

Les annonces dans le journal La Croix


Parutions dans la Croix des 26 et 27 août 1936

Le libelle et son auteur :






Amédée Dunois














L'auteur de l'article, Amédée Dunois (1878-1945), n'est pas un inconnu. De son vrai nom Amédée Catonne, il est né dans un milieu plutôt bourgeois mais devient militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire. Influencé par le marxisme, il adhère en 1912 à la SFIO et entre au journal l'Humanité. En 1920 à la scission de la SFIO au congrès de Tours il participe à la création de l'Internationale Communiste, futur PCF, et devient membre du Comité directeur mais en est écarté en 1925. Il quitte le parti en 1927 et adhère à nouveau à la SFIO dans sa tendance la plus à gauche en 1930. A ce titre il devient un collaborateur infatigable du journal "Le Populaire", organe de presse de la SFIO dirigé par Léon Blum où il multiplie les articles d'actualité politique, d'histoire, de doctrine et les revues de presse. Résistant au sein du parti socialiste clandestin pendant la guerre, il est arrêté et mourra en déportation en 1945.








21 octobre 1936 (Gallica)
L'article du Petit Journal du 20 octobre 1936:

Tribune Libre

LES VÉRITÉS DE LA PALISSE;

Mme Marie-Félicité Bonnet, veuve de M. Amédée Madelin, ancien magistrat, vient de mourir à Paris dans la 95 ème année de son age. Elle était la mère de mon vieil ami Louis Madelin. C'est pourquoi j'ai sous les yeux son "faire-part". Je ne crois pas qu'il soit inutile de le montrer à ce grand public à qui l'on débite tant de sottises.
Mme Amédée Madelin laisse huit enfants, quarante-sept petits-enfants et soixante-sept arrière-petits-enfants. Je renonce à compter les neveux, nièces, arrière petits-neveux et petites-nièces!
Sur la longue liste de ses descendants, je relève un académicien (Louis Madelin), deux généraux, huit officiers de l'armée de terre, deux officiers de l'armée de mer, sept fonctionnaires, huit ingénieurs ou industriels, deux avocats, un médecin, etc., etc.
Tous ont travaillé, passé des examens, gagné des grades, tous ont servi, et à peine en est-il deux ou trois qui n'aient pas fondé de foyer et perpétué la race.
Encore ne trouve t'on pas sur la lettre de deuil le nom des disparus. On voudrait les connaître pour ne rien ignorer de cette magnifique souche lorraine.
Mais ceux qui restent ne suffisent-ils pas à porter témoignage de cette vitalité? Ne disent-ils pas assez les vertus d'une classe sociale si souvent et si grossièrement calomniée? N'a t'on pas le droit et même le devoir d'opposer les milliers de familles qui assurent, comme celle-ci, le présent et l'avenir du pays à ces fameuses deux cent familles que les pamphlétaires accusent - et souvent sans preuves - d'exploiter la nation et même de la gouverner?


Monsieur de la Palisse 

  
Le Petit Journal du 20 octobre 1936. (Source Gallica)

En 1929, la nombreuse famille Madelin déjà à l'honneur dans la presse.

La revue mensuelle ABC – artistique et littéraire – reproduit dans son numéro 54 de juin 1929, sous la plume d’un certain Jacques des Gachons, la réception de Louis Madelin, le 23 mai précédent, à l’Académie Française. L’essentiel de cet article est consacré au discours de réception prononcé par Henry Bordeaux, qui souligne le grand nombre et la vivacité quelque peu bruyante de la famille de notre académicien, autour de sa mère Marie Madelin, née Bonnet, notre arrière grand-mère. Philippe Madelin.


La revue ABC n° 54 de juin 1929


« Louis Madelin a beaucoup d’amis et une famille innombrable. Aussi sa réception du 23 mai fut-elle d’une cordialité qui n’apparaît pas toujours en ces sortes de cérémonies. A la margelle d’une de ces étranges loges creusées dans les murs de la coupole et auxquelles on arrive par d’étroits et obscurs escaliers, on apercevait une vénérable dame entourée de jeunes enfants. C’était la mère du héros de la fête et quelques-uns de ses petits-fils ou arrière-petits- fils. Elle était la doyenne et comme la présidente de cette débordante assemblée (ndlr : 87 ans à cette date).

En face d’elle, au bureau, Henry Bordeaux recevait le récipiendaire. Or, il se trouve qu’Henry Bordeaux est un très bon ami de Louis Madelin. Ils ont fait la guerre coude à coude. Et cela permit à Henry Bordeaux d’évoquer les ancêtres et les derniers héros de la famille de Louis Madelin : « Vous appartenez à l’une de ces familles qui font la force d’un pays… Leurs livres de raison nous expliquent pourquoi la vieille France a tant de puissance et de durée. Vous eussiez écrit votre histoire privée qu’elle se fût reliée sans peine à vos ouvrages d’histoire nationale et qu’elle eût justifié vos plus belles pages sur les réveils français. Mais ne confère-t- elle pas à un historien une autorité particulière quand il rencontre les siens, parents ou alliés, jalonnant de leurs tombes nos frontières rapprochées ou lointaines : trois neveux, trois beaux jeunes gens de vingt ans, tués sur la somme, à Montdidier, au Chemin des Dames ; ce jeune commandant Léon Madelin, votre frère, tombé devant Notre-Dame- de-Lorette, comme il venait d’enlever les premiers Ouvrages Blancs à la tête de ses chasseurs (frappé d’une balle au cou, il voulut traverser debout les rangs de ses hommes pour ne pas les ébranler) ; ce petit lieutenant Emile Madelin, votre espérance, votre fils, tombé du ciel de Syrie, et ce Général Clavery, votre beau-frère, assassiné au Sud-Oranais et vengé sur place par le maréchal des logis qui l’accompagne et qui est son enfant ? Voilà, sans doute, pourquoi vos livres, sortis des archives, ont un frémissement si humain. »
Et Henry Bordeaux se retient de nommer les vivants.
Ils étaient dans la salle, j’ai pu leur serrer la main, car moi aussi je suis un ami, parmi tant d’autres.
Frère ou beau-frère, deux généraux ; plusieurs jeunes officiers et qui commandent en Alsace ou en Lorraine. 
Mais il n’y a pas que des soldats. Voici un archiviste, et l’un des plus réputés de France, sa femme est une Madelin et qui porte à son corsage le ruban des familles nombreuses et sur les lèvres et dans les yeux l’esprit le plus pétillant (ndlr : André et Elisabeth Lesort, nos grands-parents)
Et puis, tout autour, ce ne sont que jeunes filles et jeunes gens, les uns et les autres souvent pourvus de parchemins, ces titres de noblesse d’aujourd’hui…
L’aïeule de la loge qui eut dix enfants compte aujourd’hui plus de cent petits enfants.
Il y avait donc, à l’Académie, cette après-midi du 23 mai, une atmosphère particulière, et il n’était pas sans intérêt de le noter. Il y avait de l’enthousiasme dans l’air.
On sait le succès qu’obtiennent les conférences de Louis Madelin. Ses auditrices, ses auditeurs sont devenus ses amis, autre famille, et non pas la moins heureuse de manifester sa joie de voir honorer l’auteur du fameux Fouché, de cet ouvrage si nouveau qui s’appelle La Révolution, de l’Histoire politique de la Nation Française (1515-1804) et de ces livres de la guerre : la Victoire de la Marne, la Mêlée des Flandres, Verdun, la Bataille de France et les Heures merveilleuses d’Alsace et de Lorraine.
Aussi le discours d’Henry Bordeaux fut-il fort applaudi. Citons-en les dernières phrases : Je vous ai laissé tout à l’heure, Monsieur, en pénitence, je veux dire à la Chambre des députés ! Mais je ne prendrai pas la peine de vous délivrer ; vos électeurs l’ont déjà fait. Tant pis pour eux et pour la Chambre.
Maurice Barrès, commentant vos Croquis lorrains, vous écrivait : « Nos enfants ignorent l’histoire de notre terre et de nos morts. Il faut la leur apprendre en termes magnifiques. ».Nous attendons de vous cette suite de l’histoire de France, qui ne sera jamais achevée, car elle se compose encore chaque jour avec le meilleur de l’énergie et de l’intelligence française. »
Son discours à l’Académie ne sera pas le moins charmant ouvrage de Louis Madelin. Il avait à composer l’éloge de son prédécesseur, Robert de Flers ; il le fit avec un goût, un tact, une bonne humeur parfaits, et lorsque vinrent pour l’auteur du Roi et de l’Habit vert les heures tragiques de la guerre, Louis Madelin traça de Robert de Flers un portrait où le rire français et l’émotion humaine fraternisaient noblement » -Jacques des Gachons.



(Bulletin VPF d'octobre 2016 sous le titre "Une bruyante famille à l’Académie Française", avec leur aimable autorisation)


Louis Madelin, le jour de sa réception à l'Académie Française (Gallica)


Histoires et anecdotes familiales : Grand-mère, grimpeuse d'arbres émérite. Archivistes sans frontières.

Nous avons toujours manifesté le souhait de faire partager à tous nos nombreuses histoires familiales connues par quelques uns.
Notre cousine Anne Kervella nous a fait parvenir quelques anecdotes familiales, en voici deux, d'autres suivront :

Juste après-guerre, les Bidault sont venus en vacances en France. Grand-Père et Grand-Mère emmenèrent un jour la jeune Chantal Bidault faire le tour de la Pièce d’Eau des Suisses. Nos grands-parents étaient des marcheurs aguerris. Depuis le haut de la rue du Hazard, il faut quand même 25 minutes ou 1/2 heure pour gagner l’endroit, plus le tour du (vaste) bassin, et le retour – c’était dans leurs cordes. Mais Chantal n’avait pas l’habitude de ces longs périples citadins : son papa avait une auto, et elle n’avait pas connu l’occupation et sa pénurie de transports. Arrivée au bord de la route de Saint-Cyr, au moment de repartir, elle était épuisée, et les deux adultes cherchèrent un moyen motorisé de regagner leur maison. Les voilà en train de faire du stop. Las ! dans cet immédiat après-guerre, il passait peu de voitures particulières, ou alors de petite envergure et bien occupées. Un brave routier s’arrête, et pose le problème : « Je peux prendre deux personnes dans la cabine, la troisième doit monter dans la benne, je vois pas bien lequel d’entre vous… » Pif, paf, pof, Grand-Mère avait déjà empoigné la portière de ses mains gantées de filoselle, posé un pied sur la roue, effectué un rétablissement malgré la longue jupe qui lui battait les chevilles, et trônait sur le chargement sans que son chapeau eût glissé d’un millimètre. A Grand-Père, médusé, elle expliquait : « Qu’est-ce que tu crois, j’ai grimpé toute ma jeunesse dans les arbres de la Pichardière, c’est pareil. »

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°°°°
Noël 1979. Je suis en Hongrie, et avec mon amie Monika, nous visitons la superbe bibliothèque d’Esztergom. A l’époque, il y a très peu de touristes occidentaux en Hongrie, et surtout pas en hiver. Le gardien chef, qui connaît ma copine depuis qu’elle est petite, nous accueille chaleureusement, et signale : « Il y a deux Français qui viennent d’entrer, ton amie française les connaît sûrement, dépêchez-vous de les rattraper. » Naturellement nous n’en faisons rien, et le brave homme nous suit en murmurant que c’est dommage que nous ne les rejoignions pas, parce que je vais évidemment les reconnaître… Au seuil de la deuxième ou troisième salle j’aperçois le couple (nous étions les seuls visiteurs), et moitié pour soulager le bonhomme, moitié pour avoir la paix, je m’approche d’eux et leur explique pourquoi je les dérange un instant. Le monsieur m’apprend qu’il est là pour organiser un congrès de médiévistes l’an prochain à Budapest – tiens, serait-il chartiste ? Oui, et il bondit : il n’a pas connu personnellement le fameux André Lesort, mais très bien les Claude Sibertin-Blanc dont il me parle avec une vibrante affection qui me touche.
Le triomphe du gardien chef fut modeste, mais manifeste !

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Esztergom, ville chargée d'histoire au bord du Danube