André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications.Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus sur notre blog, près de 200, sont en cours de publication sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome IV paraîtra en novembre 2018.



jeudi 23 décembre 2010

Histoire de la Mardelle racontée par Grand-Mère Lesort

Dessin anonyme trouvé dans le journal de la Pichardière


Le goûter à la ferme de la Mardelle: une longue tradition à laquelle étaient très attachés les Madelin en séjour à la Pichardière, tout à fait dans l'esprit des Petites Filles Modèles de la comtesse de Ségur. Grand-Mère nous en raconte l'histoire, retranscrite par Blandine Ayoub :
Il y a longtemps, longtemps, longtemps, - aucun de vous tous n’étant né -, l’hiver ayant été très pluvieux, la mare qui arrose tout un hameau de Neuville au point de lui donner son nom : la Mardelle, se vit remplie de 45 centimètres d’eau. Les gens exagérés disent même 50 ! Un Anglais qui était resté dans le pays après la guerre qu’il avait livrée à Jeanne d’Arc voulut voir la mare avec de l’eau dedans. Mais il ne fut pas plutôt arrivé sur le petit pont qui domine la Mardelle que, pris d’un étourdissement, il piqua une tête dans les 45 centimètres d’eau et s’y noya. Ce fut une grosse affaire pour le retirer, on courut chercher le maire, le conseil municipal, on constitua une société de secours aux noyés avec Vaperan comme président, Badimer-Vaperan trésorier, Vaperan-Badimer trésorier (sic). On finit par retirer l’Anglais de l’eau, mais 45 cm d’eau avaient suffi à asphyxier le pauvre diable qui était bel et bien mort. Les habitants du hameau étaient trop peu riches pour lui élever un monument, pourtant ils restèrent toujours très fiers que leur mare ait suffit à noyer un homme, et très reconnaissant au noyé qui avait prouvé que la mare était profonde.
Pendant plusieurs siècles, la Mardelle ne fut célèbre que grâce à cette légende. Mais dans la suite elle devait le devenir plus encore d’une autre façon.
Les excellents Joannet, anciens vignerons du Casrouge, avaient acheté une modeste ferme sur les bords de la mare de l’Anglais. Ils y élevaient une vache, quelques lapins, et étaient heureux de recevoir de temps en temps la visite de Madame Desnoyer et de ses filles. Un jour, Joannet étant en train de cuire le pain qu’il venait de cuire (sic) pour sa famille, il vit entrer la petite Cécile Desnoyer avec son amie de la Pichardière Elisabeth Denormandie. En bonnes parisiennes ces demoiselles n’avaient jamais vu cuire le pain et s’amusèrent beaucoup de ce spectacle. Voyant leur joie, les demoiselles Joannet leur offrirent de pétrir elles-mêmes de petites galettes pour les faire cuire au four avec le pain de Joannet, nouvelle joie pour les deux amies. Pour leur goûter, les bons Joannet servirent à ces demoiselles du lait de leurs vaches et du pain chaud et à peine cuit appelé de la foué. « Oh Dieu, c’est exquis ! » s’écria Cécile Desnoyer . « Ma bonne, je suis bien de ton avis », affirma Elisabeth Denormandie.
C’était en effet si exquis que, les années suivantes, ces demoiselles ne purent résister au plaisir de recommencer la partie, et la tradition s’en établit. Les demoiselles Bonnet et leurs frères continuèrent l’habitude prise. Le père et la mère Joannet étaient morts, mais leur fille Phrosine avait repris la petite ferme de la Mardelle avec le bon Tisamboine son mari qui faisait la foué à la place de son beau-père ; Nénette Tisamboine qui était à présent Madame Besnard et habitait une petite maison au centre de Neuville se chargeait d’aller chercher les enfants de la Pichardière et de les conduire chez sa sœur en les faisant monter sur un petit âne. Le passage de l’âne sur le pont étroit qui donne accès à la petite ferme était un peu scabreux, mais les petites Tisamboine étaient si fières de prêter des paires de bas aux cavaliers que l’âne versait dans le fossé que personne ne gardait mauvais souvenir de la chute.
Cécile Desnoyer, qui était devenue une charmante Madame Tournaire, ayant un jour amenée ses enfants à la Pichardière, et comme son séjour coïncida avec la partie annuelle à la Mardelle, ce fut l’occasion d’y introduire René, Marguerite et Valentine. Leurs cousins Bonnet étaient alors trop grands pour s’amuser de cette distraction mais les enfants Madelin en faisaient leur joie et la petite Valentine se mit à leur exemple à pétrir de bon cœur la farine, l’eau et le beurre, et elle réussit à produire une petite galette qui avait ma foi bon aspect ! Quel triomphe pour elle que de la rapporter à la Pichardière et de la faire admirer à tout le monde ! Hélas, elle avait compté sans Véronique, la très vénérable et très peu aimable Véronique, cuisinière en chef de la Pichardière. Elle saisit d’un air dédaigneux la galette dont la petite Tintin était si fière et s’écria : « On jetterait du 6ème étage cette galette qu’on ne la briserait pas ! » Ce disant, elle précipita sur le pavé de la cuisine l’innocente œuvre de Valentine et la galette se brisa en mille morceaux. Espérons que cet acte de bourreau fut pardonné dans l’autre monde à Véronique… mais sur cette terre Valentine ne lui pardonnera jamais.
Et voici que le temps continue à marcher et les réunions à la Mardelle deviennent d’année en année plus nombreuses. Les enfants Madelin se multiplient, leurs cousins Jules Bonnet aussi, le tapage au goûter des Tisamboine aussi. Il y a des joies et des fous-rires inoubliables. Entre le moment où les galettes sont pétries et le moment où Tisamboine les tire du four, les petits pâtissiers vont gambader dans la mare de l’Anglais, généralement à sec, ou s’amusent à la ferme comme de jeunes fous. (Un jour où un futur avoué à Chartres se promena avec désinvolture sur le toit de la ferme de la Mardelle sans l’enfoncer fut pour ses frères, sœurs, cousins, cousines, un jour mémorable.) Et puis, quand l’heure de tirer du four les petites galettes et la foué était venue, la jeunesse rentrait en foule dans la chambre de Tisamboine pour assister au spectacle. L’appétit creusé par cette émotion, les enfants se mettaient ensuite à table et mangeaient, comme jadis Cécile Desnoyer, la foué chaude et buvaient du lait frais des vaches de la ferme.
Les pommes ramassées sous l’arbre n’étaient pas dédaignées non plus, tout cela était délicieux et aucun de nos petits amis ne songeaient que la Mardelle pût ne pas exister toujours, pourtant Phrosine vieillissait, sa taille pliant de plus en plus, et un jour sombre d’hiver la pauvre femme Tisamboine mourut. Du haut de la chaire, Monsieur le Curé, le dimanche suivant, termina sa longue liste des paroissiens morts par « Phrosine Joannet, femme Tisamboine, pour laquelle un libera sera chanté après la messe ». De leurs puissantes voix de baucerons, les chantres accompagnés du « serpent » entonnèrent le Libera pour le repos de l’âme de l’excellente Phrosine. Les corneilles du clocher qui guettaient la sortie de la grand-messe écoutaient avec un air un peu blasé les accents stridents des chantres. « Personne ne sort avant le Libera cette fois-ci », fit une corneille indifférente. «  Tout Neuville reste jusqu’au bout, répondit sa compagne plus avisée ; c’est Phrosine qui est morte. -  Ah ! C’est Phrosine ! » Il y eut un silence, puis la première corneille repris : « Si Phrosine est morte, nous ne verrons plus d’ici la Pichardière se rendre à la Mardelle… » D’instinct, tous les oiseaux se tournèrent vers l’Ouest ; au milieu de la vaste carte de géographie représentée par la plate Beauce, on distinguait nettement du clocher la Pichardière et son parc… puis le long ruban de route la reliant à la calme Mardelle. Un des oiseaux, oiseau de malheur, proféra tristement : « La réunion de la Mardelle est morte ».
Eh bien, il se trompait, l’oiseau de malheur, la Mardelle n’était pas morte, elle n’était qu’endormie.
Louise Tisamboine s’était mariée, elle habitait à présent Chantaloup sous le nom de Madame Devin. Palmyre, mariée aussi, était restée à la Mardelle. Les deux sœurs vivaient dans cette illusion qu’il n’y avait plus à la Pichardière d’enfants en âge de venir pétrir de la galette, quand 15 ans après la mort de Phrosine, « Monsieur Paul » vint voir Palmyre. Monsieur Paul, qui était le roi des oncles, était accompagné de ses deux dernières nièces Madelin. Ce fut une révélation pour Palmyre. Après avoir reçu le plus convenablement possible Monsieur Paul et ses nièces, Palmyre les reconduisit jusqu’au seuil de sa demeure. « Tout de même, songeait-elle en les regardant s’éloigner au milieu des blés mûrs et coupés, il y a encore à la Pichardière de la jeunesse qui ferait ben de la galette, elles ont encore le temps d’en faire avant qu’y ne leur viennent des marieux ».
Et voilà comment Palmyre fit une restauration. Les nièces de Monsieur Paul vinrent, et les enfants de Monsieur Félix aussi. Le petit Joseph pétrissant la pâte avec délice se disait qu’il était à la place occupée jadis par son père et qu’il éprouvait les mêmes jouissances que lui.
Les marieux sont venus… Les marieux ont enlevé les nièces de Monsieur Paul à leur douce vie de jeunes filles. Mais ils ont su de bonne heure qu’ils n’arracheraient du cœur de leurs fiancées et de leurs femmes leurs premières amours, et qu’elles resteraient fidèles à la Pichardière et à la Mardelle. Tous les ans, à présent, les petits enfants de la Pichardière se rendent en foule pour faire de la galette.
On y va nombreux, plus nombreux encore que du temps des Tisamboine, de Valentine Tournaire et de François Bonnet. Car les été, il y a des petits, beaucoup de petits, mais il y a beaucoup de grands, de très grands. Les corneilles du clocher sont ahuries de cette manifestation de familles nombreuses.
La noyade de l'anglais (esquisse de grand-mère)
La visite de Cécile Desnoyers et d'Elizabeth Denormandie: la dégustation de la "foué" et le début d'une longue tradition

Histoire de la Mardelle illustrée par Grand-Mère Lesort

La galette de Valentine jetée
En route pour la Mardelle avec l'âne
Le goûter après la confection des galettes



Pour compléter l'illustration de l'histoire de la Mardelle nous avons reproduit ci-dessus trois charmantes scènes peintes avec un certain talent par Grand-mère et dont les originaux sont dans les archives familiales. Pour agrandir les images cliquez dessus.
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Statistiques de consultation du blog sur 9 mois

Pour observer l'intérêt que vous portez au blog familial, nous avons mis en place un compteur qui a dénombré un cumul de 1306 visites en 9 mois d'existence de ce blog. Ce compteur répertorie la date, la ville et le pays de consultation (sans autres précisions on vous rassure) et nous avons reproduit ci-dessous le tableau par pays.
Vos visites régulières sur le blog sont un grand encouragement pour tous ceux qui collaborent à ses publications et nous nous réjouissons de l'intérêt que vous manifestez ainsi pour leur travail. 



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vendredi 26 novembre 2010

Bourgogne,octobre 2010: un bon cru pour nos sept cousins Chamussy réunis.



Marie Chamussy-Rodriguez de passage en France a retrouvé tous ses frères et sœurs avec leur famille en Bourgogne du 7 au 11 octobre chez Henri Chamussy à Moroges, chez Catherine Chenu à Chalon sur Saône et chez la belle-sœur de Catherine dans la propriété Bouchard ; ils nous ont envoyé une photo  où  figurent (l'air réjoui) de gauche à droite par ordre croissant d'age nos sept cousins Chamussy : Bernadette, Benoit, Marie, Denis, Catherine,Vincent, Henri.
Catherine Chenu nous a offert en complément une sympathique petite remontée dans le temps ci-dessous avec les mêmes sept à Saint Pair en 1959 (trouvez le bon ordre) et à Moroges en 1949 (dans le bon ordre).


Hommage rendu à Grand-Père Lesort par un confrère archiviste

 Ce bel hommage, prononcé à l'occasion de ses funérailles, nous a paru un excellent résumé de la vie et de la carrière d'archiviste de Grand-Père tout en laissant transparaitre sa personnalité, il méritait donc d'être transmis à ses descendants:

ANDRÉ LESORT
Lequel parmi nos confrères suscita davantage la vénération qu'André Lesort? Il bénéficiait à la fois de l'amitié de ses pairs, de la confiance des archivistes des générations qui avaient succédé à la sienne et chez les plus jeunes d'une admiration où perçait une pointe d'émotion pour l'ancien qui avait su garder dans l'érudition un enthousiasme juvénile et une curiosité d'esprit toujours en éveil.
Tous les aïeux d'André Lesort furent des Normands; du pays de Bray, du pays de Caux ou du Roumois ; lui-même était né à Rouen, le 4 janvier 1876, et il devait rester passionnément fidèle à cette province qu'il revoyait chaque fois avec une joie profonde. N'était-ce pas en écoutant Charles de Beaurepaire, l'un de nos plus remarquables archivistes, exposer les campagnes de construction de la cathédrale de Rouen qu'était née dans l'esprit de notre confrère encore enfant une vocation contre laquelle allaient bientôt se dresser les déboires professionnels de son père, journaliste à Beauvais, les incompréhensions d'une partie de sa famille, mais dont la vigueur allait triompher grâce au tendre soutien de sa mère et à une farouche volonté de vaincre tous les obstacles? Ayant dû quitter le collège, il suivit seul le programme de seconde et réussit son baccalauréat après une année passée au collège de Vaugirard.
Il entra en 1895 à l'École des chartes, subit fortement l'ascendant de Léon Gautier et, après avoir soutenu une thèse sur les chorévêques, il obtenait le diplôme d'archiviste paléographe en même temps que toute une phalange de brillants chartistes ayant noms René Poupardin, major de la promotion, Ferdinand Ghalandon, Georges Gazier, Charles de Lasteyrie, Auguste Le Sourd et Charles Oursel. Alors qu'il était encore sur les bancs de l'École, André Lesort publiait un premier article d'érudition dans la Revue des archives historiques du diocèse de Chartres.
A sa sortie de l'École des chartes, muni de la licence es lettres, il aurait désiré faire ses premières armes en Normandie, mais pas plus que ses deux condisciples normands, René Poupardin et Charles
Oursel, il ne put obtenir un emploi dans sa province natale ; il fut successivement chargé de missions en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, puis du reclassement et de l'inventaire des Archives municipales de Cambrai, archives qui devaient être détruites pendant la grande guerre et auxquelles on peut encore se référer grâce à l'excellent inventaire d'André Lësort. Il consacrait à la succession de Charles le Téméraire, à Cambrai, une étude pleine d'intérêt.
Le Lorrain Eugène Welvert, alors chef du bureau des Archives départementales au ministère de l'Intérieur, pressentant la valeur du candidat, l'envoya ensuite à Bar-le-Duc où il fut le premier archiviste paléographe placé à la direction des Archives départementales de la Meuse. Tout était à faire dans ce dépôt pratiquement abandonné depuis vingt-cinq ans. Notre confrère, dans les quatre années passées à Bar, fit preuve d'une activité débordante. Non seulement il répertoria sur fiches les deux séries révolutionnaires, classa les archives communales de Commercy, organisa l'inspection des archives des communes, obtint le versement des archives judiciaires anciennes du greffe du tribunal de Saint-Mihiel, fit des conférences sur la méthode historique aux élèves de l'École normale de Commercy, mais encore il trouva le temps de publier Les chartes du Clermontois, conservées au Musée Condé à Chantilly, ouvrage qui fut couronné par l'Institut, puis Les chroniques et chartes de l'abbaye de Saiňt-Mihiel ; il rédigeait en outre de nombreux articles pour les sociétés savantes lorraines et notamment une excellente étude sur L'esprit public dans le département de la Meuse au moment de l'arrestation du roi à Varennes, parue dans les Annales de l'Est en 1906. Dès cette époque, il prête son concours au congrès des Sociétés savantes, concours qu'il ne cessa d'accorder avec une fidélité et un dévouement admirables de 1899 à 1959.
André Lesort s'était beaucoup plu à Bar où il garda d'excellents amis, Mgr Aymond, Me Renault et plusieurs professeurs du lycée ; il avait été très apprécié des administrateurs et des hommes politiques du département, spécialement de Raymond Poincaré.
Encouragé par des amis rennais à poser sa candidature à la succession de son compatriote normand, Paul Parfouru, à la direction des Archives du département d'Ille-et -Vilaine, il prenait possession de cet emploi le 1er mars 1905. Au début de l'année suivante, il épousait la fille d'un magistrat barrois, sœur de l'historien Louis Madelin, union harmonieuse et féconde sur tous les plans ; neuf enfants, cinquante-trois petits-enfants devaient être la joie de ce foyer courageux qui sut remplir avec générosité dans la plénitude des grâces d'état toutes ses obligations et faire fructifier tous les dons du cœur et de l'esprit reçus en partage.
A Rennes, entouré de l'enrichissante amitié d'Edouard Jordan et d'Henri Sée, le nouvel archiviste d'Ille-et-Vilaine poursuivait le classement du fonds des États de Bretagne et des dossiers civils du Parlement, il inventoriait le fonds de l'Amirauté, les archives communales de Saint-Malo et de Saint-Servan, assumait le versement des fonds judiciaires des greffes de la Cour d'appel et des tribunaux de Fougères et de Saint-Malo. Il publiait, en collaboration avec Henri Sée, de 1909 à 1912, les quatre volumes des Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Rennes en 1789 et, de 1909 à 1911, trois fascicules de bibliographie bretonne dans les Annales de Bretagne.
André Lesort, qui n'avait jamais perdu son goût pour l'archéologie et avait classé la collection Delloye au Musée de Cambrai en 1900, acceptait d'enseigner l'histoire de l'art à la Faculté des Lettres de Rennes et à l'École régionale d'architecture ; il participait à la réunion des sociétés des beaux- arts des départements, en 1911, traitant des États de Bretagne et de l'enseignement du dessin.
La mort très prématurée de sa mère, en 1910, fut pour ce fils exemplaire un coup terrible qui l'incita à se rapprocher de sa famille et de celle de sa compagne et à solliciter sa mutation aux Archives départementales de Seine-et-Oise qu'il devait diriger de 1912 à 1929.
Accaparé par mille tâches administratives, remplissant avec une conscience et un zèle admirables le rôle de guide des historiens, des érudits locaux et des normaliens, d'initiateur pour les jeunes archivistes confiés successivement à son expérience, comme Etienne Fages, Joseph Salvini, Joseph Estienne, André Vaquier, Victor Baudet, Joseph Billioud, de mainteneur des sociétés savantes de l'Ile-de-France, André Lesort dut ralentir la cadence de ses travaux d'inventaire et de ses recherches personnelles. L'aménagement des archives dans la chapelle de la rue Neuve-Notre-Dame exigea beaucoup de temps, et la guerre de 1914-1918 le détourna dés Archives de Seine-et-Oise pour celles des services régionaux de la Santé qu'il réorganisa si brillamment que le ministre de la Guerre lui attribua la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Rentré à Versailles en 1917, il fut appelé pendant cinq années encore à diriger le service des Réfugiés.
Il put néanmoins réaliser le versement aux Archives de Seine-et- Oise des fonds judiciaires anciens des greffes des tribunaux de Versailles, Étampes et Mantes, acheva les répertoires des séries G et L, reclassa les archives communales de Rambouillet.
A la mise à la retraite de Marius Barroux, à la fin de l'année 1928, André Lesort accepte le poste difficile d'archiviste de la Seine et de la ville de Paris ; son expérience hors de pair, le libéralisme de son caractère et son imperturbable courtoisie devaient lui permettre de réussir pleinement sur les plans administratif et personnel. Mais il regrettait de n'avoir à conserver que des fonds modernes et il se reportait volontiers par la pensée au temps déjà lointain où il avait la garde des magnifiques chartriers des abbayes et chapitres lorrains.
II devait mener de front à Paris de multiples tâches qui ne lui laissaient guère de loisirs pour entreprendre des travaux personnels. Il préparait cependant la publication du tome V de l'Épitaphier de Paris et participait activement à la Commission du Vieux-Paris ; il continuait en outre à apporter une collaboration efficace aux nombreuses sociétés savantes et organismes scientifiques dont, pour la plupart, il assumait ou avait assumé naguère la présidence : Société des sciences morales, lettres et arts de Versailles et de Seine-et-Oise, Société historique du Vexin qu'il dirigea durant plus de trente-cinq années, Société d'histoire et d'archéologie de Paris et de l'Ile-de- France, Société de l'histoire de Paris, Académie de Versailles, Commission des sites, Commission départementale des antiquités et des arts de Seine-et-Oise, Société d'histoire des colonies françaises, Société d'histoire de l'Église de France,. Commission centrale de publication des documents économiques de la Révolution française. A Versailles, il avait réuni une documentation abondante sur le clergé de Seine-et- Oise de la Révolution à nos jours ; il avait également rassemblé les éléments d'une importante étude sur l'état des campagnes de l'Ile- de-France au xviii6 siècle. Sur le plan professionnel, il avait été désigné en 1939, au moment où il était mis à la retraite, comme membre de la Commission supérieure des Archives ; la Société de l'École des chartes l'avait porté en 1938 à sa présidence et, de 1912 à 1919, il avait été président de l'Association amicale et professionnelle des archivistes français.
Il n'avait jamais cessé de s'intéresser à l'art et à l'archéologie, avait été un excellent conservateur des antiquités et objets d'art dans les départements d'Ille-et-Vilaine et de Seine-et-Oise, et il avait presque entièrement rédigé le volume de lа collection des Églises de France consacré au département de Seine-et-Oise.
Rappelé à l'activité lors du déclenchement de la seconde guerre mondiale, il ne quitta définitivement le dépôt du quai Henri IV que le 1er février 1941. Mais son activité de correspondant de l'Institut, de membre du Comité des travaux historiques, de promoteur des recherches sur Paris et l'Ile-de-France ne se démentit jamais jusqu'à ce jour de janvier 1960 où il fut terrassé par la congestion cérébrale alors qu'il venait d'accomplir un acte de charité.
Ce savant, cet archiviste enthousiaste de sa profession était aussi un homme de bien, une âme rayonnante de foi et de charité et, dans la nef de Saint-Louis de Versailles, autour de son cercueil, c'était en son nom un cri de reconnaissance et d'espérance qui montait vers le Créateur dans l'allégresse du Magnificat.
Marcel Baudot.

Dessin de Grand-Père 1926

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Ce dessin de Grand-Père nous a été envoyé du Mexique par notre cousin Patrice Bidault qui l'avait trouvé dans les papiers de sa mère, Tante Gertrude. L'origine et l'auteur de ce dessin sont inconnus de lui comme de nous, avis aux chercheurs.

lundi 25 octobre 2010

La Pichardière : deux siècles de notre histoire familiale

" La Pichardière n'est plus à nous
Quelque chose est mort en nous "
C'est par ces mots qu'Elisabeth Madelin-Lesort           ( 1882-1972 ) notre grand-mère a commencé le long récit de ses souvenirs à la Pichardière , propriété familiale située à Neuville-aux-Bois dans le Loiret . C'est dire à quel point nos ancêtres étaient viscéralement attachés à leurs racines beauceronnes et à cette maison .
Qui de nous d'ailleurs n'a pas entendu , jusqu'à en être rassasié parfois , sa grand-mère , son père ou sa mère évoquer cette célèbre demeure où des générations depuis les Aucante et leur fille unique Adélaïde (1776-1863 ) puis les Bonnet , Adélaïde ayant épousé Louis-Ferdinand Bonnet ( 1760-1839 ) et enfin les Madelin ont , durant près de 200 ans , passé leurs vacances ? Dans cette grande maison les mois d'été se déroulaient paisiblement , entre cousins " bien élevés " et dans le respect des ainés et des traditions religieuses et familiales .
Pour la génération de notre grand-mère puis pour celle de nos parents ces séjours étaient le Paradis et ont tissé entre eux des liens tout à fait spécifiques et durables . Beaucoup d'entre nous se rappellent les fameuses réunions de " La Croix blanche " ( nommées ainsi en souvenir d'une allée de la Pichardière où ces demoiselles se retrouvaient ) réunissant tous les mois à Paris ou à Versailles autour d'un goûter grand-mère et ses cousines .
Les archives familiales possèdent d'innombrables documents et actes anciens concernant la Pichardière : son achat en 1746 par les Aucante , une nombreuse correspondance ( en particulier les lettres d'Adélaïde Aucante-Bonnet à ses parents ) les listes de son mobilier , de sa vaisselle dressées lors de partages ou d'héritages etc ..etc ….
Nombreux aussi d'ailleurs sont les témoignages enthousiastes et nostalgiques laissés par nos ainés dans les pages de notre journal " Vos papiers de famille " . Bien d'autres souvenirs ne sont pas encore publiés :  "Souvenirs sur la Pichardière " de notre grand-mère , plusieurs récits de Chantal Lesort-Chamussy ou de Gonzague Lesort et tant d'autres sûrement qui restent à mettre à la disposition de tous ; sans compter ce que chacun d'entre nous peut posséder , dans les papiers de sa famille comme récits , dessins , photos , cartes postales , lettres etc. Toutes ces pages de nos ainés , fort bien écrites , comme les Madelin savent le faire , sont non seulement très intéressantes sur le plan familial mais donnent aussi un aperçu d'une certaine société française à travers plus de deux siècles .
Hélas , comme l'écrivait grand-mère à l'heure où la propriété était échue en héritage à la branche d'un de ses frères , non seulement " la Pichardière n'est plus à nous " mais il n'en reste plus rien : vendue en 1957 à la mairie de Neuville-aux-Bois qui l'a utilisée d'abord comme collège puis transformée en logements elle a été démolie en 1991 pour construire sur son emplacement un bâtiment municipal .
Notre grand-mère, décédée en 1972, n'en a heureusement rien su….
Note de la rédaction : cet article a été rédigé et illustré par Catherine Chenu pour permettre une meilleure compréhension ultérieure de toutes les publications citant cette propriété élevée par notre famille au rang d'un véritable mythe de temps fabuleux.
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Journal de grand-père Lesort- 1918 - Deuxième partie.






















Dans la deuxième partie de son journal, Grand-Père fait toujours état de bombardements sur la région parisienne, bombardements qui ont marqué l'année 1918 et l'histoire mondiale, car ils étaient la première manifestation de la guerre "totale", pratiquée à grande échelle par la suite.
Ces bombardements qui avaient un but plus psychologique que stratégique étaient réalisés de jour par des canons à longue portée, la "grosse bertha" et la nuit par des avions "gothas" comme représenté ci-dessus à gauche, plus maniables et moins vulnérables que les dirigeables Zeppelin.
En effet, à partir de 1917, ces avions bombardiers sont construits en Allemagne et utilisés pour la première fois, notamment pour bombarder Paris en 1918.
Le nombre de victimes, essentiellement des civils, de ces différends bombardements sur la région parisienne s'est élevé à 500 morts et 1000 blessés.
Pour lire le journal de Grand-Père cliquez ici.
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mercredi 22 septembre 2010

Généalogie complète des Lesort du pays de Bray, notre famille, fruit d'années de recherches de Paul André Lesort

Cette généalogie complète agrandissable des Lesort originaires du pays de Bray en Haute Normandie a demandé des années d'un travail aussi impressionnant que remarquable à Oncle Paul-André Lesort, de nombreux déplacements pour consulter les registres ou archives, d'innombrables courriers et l'établissement de centaines de fiches de travail toujours présentes dans nos archives familiales.
Oncle Paul-André a aussi établi par d'autres recherches également impressionnantes que tous les autres Lesort existant en France n'avaient pas de relation avec notre famille.
On notera qu'il manque une génération entre le Toussaint Lesor(t) marié à Marguerite Ozanne en 1551 et Jean Lesor(t) né en 1609; par ailleurs la famille Ozanne, originaire de la même région existe toujours à Rouen.Cette généalogie s'arrête à André Lesort, notre grand-père, et en ajoutant nos trois dernières générations, cela fait 15 générations sur 16 identifiées depuis le 16° siècle.


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mardi 21 septembre 2010

Journal de grand-père Lesort - 1918 - Première partie


Le contexte du journal de grand-père écrit en 1918, pendant la guerre, était le suivant :
-de janvier à juillet, l'Allemagne exploita à fond l'effondrement de la Russie et le commandement allemand déclencha, du 21 mars au 15 juillet, une série ininterrompue d'offensives.
-de juillet à novembre, les armées alliées reprirent partout l'offensive et emportèrent la décision victorieuse de la guerre en contraignant les forces austro-allemandes à une retraite générale sur tous les fronts.
Les cartes ci-dessus, qu'on peut agrandir, donnent une idée de ces offensives.
Par ailleurs, dans son journal, grand-père fait abondamment référence au bombardement de Paris par des pièces à longue portée.
En effet, de mars à août 1918, l'armée allemande prit pour objectif l'agglomération parisienne à 120 km de ses positions de tir, avec au moins 3 canons d'une taille jamais vue : 750 tonnes, tube de 34 m de long mais d'un calibre relativement modeste : 210 à 240 mm, on en  voit une représentation ci-dessus à gauche.
Ces pièces appelées " Parisener Kanone" par les allemands, furent surnommées " Grosse Bertha" par les parisiens, à tort, car c'était le nom d'un autre gros canon.
Le but réel de l'opération était de créer une psychose au sein de la population, de manière à influer sur la conduite de la guerre et  d'amener ainsi le gouvernement français à la capitulation.
La destruction (par les allemands) et la disparition mystérieuse de ces canons avec tous les documents les concernant à l'armistice, contribuèrent à rendre mythique la grosse Bertha.
Ces canons bombardaient Paris de jour pour ne pas être détectés, la nuit les bombardements allemands sur Paris étaient effectués par des avions de type "Gotha".
Le journal de grand-père a été tapé par Claire Lesort-Chevalier, pour le lire cliquez ici.

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Tante Gertrude dessinée par Oncle Paul- André en 1932

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samedi 26 juin 2010

Un an déjà... La cousinade Lesort-Madelin du 28 juin 2009 à Versailles





















Nous ne résistons pas au plaisir de nous rappeler cette réunion familiale si chaleureuse et si gaie, et tous les bons souvenirs qui vont avec :                        
- la participation de tous nos oncles et tantes, y compris celle, rare, d'oncle Pierre Kervella.
- les retrouvailles enthousiastes de tous les cousins et neveux venus parfois de loin : des quatre coins de France et de Belgique et même de très loin : Mexique, Madagascar...                                   
- le discours bien venu d'Oncle Gonzague qui nous révéla l'histoire du berceau Jacquart ;               
- les fabuleux camemberts, apportés par le même Oncle Gonzague, dont nos cousins mexicains gardent un souvenir ému (ce ne sont pas les seuls) ;
- un temps génial qui autorisa ce déjeuner sous les arbres comme à la campagne ;
- et bien sûr l'organisation conviviale et la logistique impeccable, mises en œuvre par Bernadette Le François, qui ont permis à tous de passer un si bon moment.                 

Carnets scolaires d'André Lesort de la classe de 7° à la classe de Philosophie


Photo de la classe de Rhétorique(1891-1892).École libre de l'Immaculée Conception, rue de
Vaugirard à Paris dans le XV°. Grand-Père est le 2° à droite du professeur au premier rang.

Nous avons extrait quelques bulletins de notes de Grand-Père Lesort au collège de Beauvais
où il apparait un élève moins brillant que l'on aurait imaginé mais en fin de classe terminale de
Philosophie à Paris l'appréciation flatteuse est plus conforme à celui que nous avons connu :
intelligent, consciencieux, sait beaucoup de choses... c'est bien lui!
Seul "reproche": ne sait pas dominer sa timidité.
On notera aussi sur le cahier de correspondance, son père Ludovic Lesort incitant le Collège de
Beauvais à toujours plus de sévérité et de punitions...
Pour voir les carnets scolaires cliquez ici
Documents sélectionnés et présentés par Claire Lesort-Chevalier
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jeudi 17 juin 2010

Médailles de grand-père et grand-mère

A gauche la médaille d'officier dans l'ordre des palmes académiques de grand-père.                                 
A droite la médaille de la famille française décernée à grand-mère.                                                            
Au dos de la médaille est écrit: République Française- Ministère de la Santé Publique et de la Population.
LA PATRIE RECONNAISSANTE
...la patrie peut lui être effectivement reconnaissante grâce à la nombreuse et brillante descendance que nous constituons tous...                                                                                                      

dimanche 30 mai 2010

Famille Bidault pour les 85 ans de tante Gertrude à Mexico en 1993


 Tante Gertude Lesort-Bidault, à la sortie de la messe, entourée de ses enfants avec de gauche à droite: Philippe, Christiane, Jean-Maurice, Françoise, Patrice, Marie-Élisabeth, Chantal, Marie-Louise et Geneviève, nos cousins mexicains (photo du fonds photographique de Denis Chamussy).

                                                        Ci-dessous la photo de Tante Gertrude entourée de ses petits enfants et arrière-petits enfants, prise le même jour,  était une carte adressée par Tante Gertrude à Oncle Paul-André pour donner de ses  nouvelles (photo trouvée dans les archives familiales).                                 




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Henri Chamussy en juin 1935 dessiné par Paul-André Lesort




N'était-il pas mignon, bébé, notre cousin Henri ?

Oncle Paul-André avait un joli coup de crayon et nous publierons par la suite d'autres dessins ainsi que des caricatures amusantes.


lundi 17 mai 2010

Caricature gentille de grand-père en archiviste de Seine et Oise- 1924

Nous avons particulièrement apprécié la qualité de ce dessin humoristique représentant Grand-Père Lesort qui dirigea les archives départementales de Seine et Oise de 1912 à 1929. Sur le socle est écrit: "à Monsieur André LESORT- Robert Mathieu, 1924". Qui était ce Robert Mathieu et est-ce l'auteur du dessin? Questions ouvertes.
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Vie de Ludovic Lesort

Vie de Ludovic Lesort, notre arrière grand-père, racontée par oncle Paul-André Lesort , tapée et illustrée par Catherine Chenu pour le blog.

Nous publierons ultérieurement un second témoignage écrit par tante Chantal Chamussy.


dimanche 25 avril 2010

Le secret de bébé / Lettre de Grand-Père à son père

Fable-dialogue écrite et illustrée par grand-mère Lesort, récitée par tante Chantal (4 ans) et tante Gertrude  (3 ans) pour la fête de grand-père le 30 novembre 1911, tante Wilhelmine a 1 an. Le sujet quelque peu morbide donne un aperçu original des concepts d'éducation de grand-mère à l'usage des très jeunes enfants...
Grâce à un recoupement de Catherine Chenu, nous publions également à la suite une lettre de grand-père, écrite le lendemain, où il raconte, visiblement très ému, les détails du spectacle.


LE SECRET DE BÉBÉ
Fable de deux petites filles à leur papa

Chantal -            Je connais depuis l'automne
                            Un baby des plus charmants
                            Dont la sœur, pauvre mignonne !
                            Est poitrinaire à quinze ans !
                            Quand je vis la blonde tête
                            De ce gracieux lutin
                            Je parcourais en cachette
                            Les allées d'un grand jardin.
                            « Que fais-tu là petit homme ? »
                            Lui dis-je d'un air surpris
                            Et cependant voilà comme
                            Aussitôt il répondit :
Gertrude -          « Pour jouer à la cachette
                            Je suis tout seul à présent
                            Car bien malade est sœurette,
                            Et le médecin vient souvent
                            Le médecin est très sévère
                            Mais il n'a pas l'air méchant,
                            Cependant Petite Mère
                            Souvent pleure en l'écoutant.
                            Alors j'ai voulu savoir
                            Ce qui la faisait pleurer.
                            Sous un meuble avec mystère
                            Hier je me suis caché !
                            Ce n'était pas bien peut-être
                            Monsieur ? Tu vas me gronder.
                            Le médecin parlait à Mère,
                            De là j'ai tout écouté !
                            Il disait :
Chantal -            .... Voyez à terre
                            Que de feuilles déjà !
                            Quand tombera la dernière
                            ... La chère enfant s'en ira !
Gertrude -           Voilà pourquoi je ramasse
                            Les feuilles qui vont tomber ;
                            Mais bien grande est ma tâche !
                            Dis, Monsieur, veux-tu m'aider ?
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Lettre de Grand-Père à son père, Ludovic Lesort, le 1° Décembre 1911 où il lui raconte en détail comment on lui a fêté la saint André,la veille,  à la maison avec la « représentation exclusive »  du fameux secret de bébé... (extrait) :

Mon cher petit père,

...............A la maison, la cérémonie a été délicieuse; elle a eu lieu à midi, suivant l'usage de la famille Madelin, que je m'explique mieux maintenant, en raison des enfants qu'il est difficile d'avoir le soir.
A mon retour des Archives, j'ai trouvé mes trois filles, toutes vêtues de blanc, de beaux noeuds dans les cheveux, des ceintures fraîches et pimpantes, et tenant chacune à la main une rose de Noël ; les deux aînées m'ont offert leurs petits cadeaux, puis m'ont récité, tout à fait bien, une fable-dialogue très jolie, quoique un peu triste. J'en était vivement ému, mais j'admirais surtout la patience de leur mère, car il n'est pas facile d'obtenir un peu d'attention de la part de ces demoiselles, dont l'imagination, toujours en travail, profite des moindres éléments pour en faire le point de départ de développements inventés, à travers lesquels on ne peut plus les suivre. Enfin, elle se sont parfaitement bien tirées de leurs rôles, et j'espère qu'elles pourront t'en faire jouir bientôt. Quant à Bobeth, elle avait si bien fait danser l'anse du panier pendant les quinze jours où elle avait fait l'office de cuisinière, qu'elle avait ramassé une somme suffisante pour me faire un cadeau très supérieur à celui que nos ressources lui permettent d'ordinaire. Tu en jugeras toi-même, car je t'en envoie par ce courrier une partie, de même que je peux aussi en réserver autant à ma belle-mère. J'étais dans une joie indescriptible, et j'étais certes bien loin de m'attendre à cette délicieuse surprise ; mais j'admire qu'elle même et les enfants aient pu garder aussi longtemps leur secret. Il est vrai que toutes, grande et petites, se réjouissaient beaucoup de ma stupéfaction....J'allais oublier de te dire que Bobeth m'avait, avant la récitation de la fable, remis le texte de cette poésie, afin que je puisse le suivre pendant la déclamation ; elle avait peint, au dos, une scène de notre prochain déménagement, figurant nos trois filles juchées sur un plateau de commissionnaire au milieu de l'amas informe et chaotique de leurs vieux jouets, parmi lesquels on distingue seulement la fameuse petite table que leur a donnée Germaine, le berceau d'osier qu'elles tiennent de toi, le cerceau dont ma belle mère a gratifié Gertrude : Chantal brandit, avec son livre de lecture, son cher parapluie et Gertrude son non moins cher ours.
Le déménagement est-il pour le mois de décembre 1911 ou pour le mois de juin 1912 ? nous l'ignorons toujours..............

Grand Père était, en effet, candidat à la Direction des Archives de la Seine et Oise et, dans la suite de la lettre, il s'inquiète d'un concurrent dangereux ! Bien entendu, nous savons tous que grand père était le meilleur et qu'il obtint le poste.

Ci-dessous l'original de la lettre écrite par grand-père, retrouvée grâce à la vigilance de Catherine Chenu.