André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
Elisabeth née MADELIN et André LESORT en 1930 et 1934 ; leurs neuf enfants en 1929 devant La Pichardière ; avec leurs petits-enfants, noces d'or en 1956.

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com ; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications. Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus ou encore à paraître sur notre blog, près de 300 au total, sont publiés au fur et à mesure sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome VI est paru en novembre 2020, les tomes VII et VIII paraîtront eux respectivement en 2021 et 2022.



vendredi 31 décembre 2021

Jean-Baptiste Madelin et Rose Prat

 
Comment en Lorraine au XVIII ème siècle, deux enfants méritants d'émigrés savoyards fondèrent une famille dont nous descendons.
Pour lire l'article cliquer sur :

Jean-Baptiste Madelin et Rose Prat

Saga familiale, la rétro en photos. Los diferentes transportes de la familia Bidault.

Une petite compilation photographique amusante des différents moyens de transport de nos cousins du Mexique, la famille Bidault :
En avion (à Madrid)
En voiture (1953)
En poussette
En jeep, Michel avec Médor (1948)
A cheval (1953)

Gertrude en coupé-cabriolet

vendredi 26 novembre 2021

Petites chroniques de la rue du Hazard ou la genèse d’une fratrie formidable. Troisième partie


Si vous avez apprécié les deux premières parties de ces petites chroniques de Chantal Lesort, pour en lire la suite, cliquer sur :

Petites chroniques de la rue du Hazard. Troisième partie

1911. Comment faire admirer ses enfants, à La Pichardière, par l'évêque de Versailles.


Gertrude, Wilhelmine et Chantal Lesort.

Lettre d'Elisabeth Lesort à son beau-père Ludovic Lesort (extraits)

La Pichardière, 21 septembre 1911

Mon cher Père, j'aurais aimé vous voir et vous raconter avec André notre voyage à Lourdes et notre excursion à Cauterets qui a été particulièrement amusante. J'en ai touché quelques mots à Germaine [sœur d’André Lesort] mais je crains que ma lettre, comme quelques-unes de ses précédentes séries ait été confisquée à la poste. C'est étonnant comme les PTT du Nord aiment mon style ! Puisque la communication est coupée entre Germaine et moi chargez-vous donc, mon cher Père, de raconter aux Vervinois les augustes visites que nous avons reçues ici l'autre semaine dans les personnes du Père Caisey, prédicateur de notre adoration perpétuelle, et de Mgr Gibier, qui a présidé, à grand orchestre, la cérémonie finale. André se pâmait d'aise d'avoir un jésuite sous la main et s'est beaucoup lié avec lui ; naturellement il n'a pas manqué un sermon mais moi j'ai dû en sacrifier plusieurs en faveur d'Emilie [bonne d’enfants]. Le Père Caisey est venu faire visite à la Pichardière et nous avons tenté d'aller le voir au presbytère, André et moi, mais en pure perte. 
Mais la grande émotion a été dimanche, jour où l'évêque de Versailles, après avoir dit la messe de communion dès le matin, et présidé la grande messe, et avoir vu aux deux cérémonies une foule de personnes de la Pichardière, a prononcé un sermon où il s'est permis des allusions exaltées sur les mérites de notre famille "où les hommes célèbres par la parole ou par la plume, ne craignent pas de s'agenouiller à la table sainte". La modeste famille Bonnet-Madelin était très contrariée de cela, ce que je trouve exagéré ! Et puis, l'après-midi nous étions tous réunis devant la maison pour le café, quand on a vu, sous les arbres des allées, s'avancer un groupe de prêtres au milieu duquel se distinguait la soutane violette de l'Evêque de Versailles ! 

Le café sur la terrasse de la Pichardière.

Vous voyez l'émotion générale. L'aimable prélat est arrivé sur la terrasse en disant "Je viens ici pour m'édifier !" et a tout de suite demandé à Maman de lui présenter tous ses enfants et petits-enfants "Présentez-moi les petits-enfants par famille" dit-il. Alors, mon cher Père, comprenez mon désespoir : je n'avais là qu'un enfant ; Gertrude dormait et Emilie faisait la toilette de Wilhelmine la frisée ! J'ai présenté Chantal à Mgr, puis j'ai bondi dans ma chambre et j'ai empoigné Mimine vite et vite "Elle n'a pas encore pris son biberon !" criait Emilie stupéfaite. Mais j'étais déjà loin, et suis arrivée devant l'évêque avec ma petite avant que la série des présentations soit terminée. Wilhelmine, en tant que ex-malade, a eu une présentation spéciale, elle a souri en disant "Ké" ! puisque c'est son exclamation des grands enthousiasmes.
Mais Gertrude dormait toujours ! Même depuis qu'elle est rétablie de la fatigue de son pèlerinage elle a gardé l'habitude excellente de dormir à midi ce qui lui fait beaucoup de bien. Heureusement Mgr Gibier est resté relativement longtemps au salon, notre curé a dû lui rappeler l'heure des vêpres pour arracher sa Grandeur au salon de la Pichardière. Pendant ce temps Gertrude s'était réveillée et Emilie l'avait habillée de sa robe la plus élégante, celle jadis donnée par Mère à Chantal. Et en courant bien fort avec ma Gertrude dans les bras par une allée détournée j'ai pu arriver à la grille du parc avant Mgr et joindre la joyeuse Gertrude à la manifestation enfantine préparée pour la sortie de l'Evêque : tous les petits enfants de Maman rangés en bon ordre devant la grille, en rang d'âge et disant d'une seule voix : "au revoir Mgr". Vous voyez d'ici votre Chantal avec ses airs convaincus. L'Evêque s'est récrié devant cette bande superbe et a déclaré regretter de n'être pas curé de Neuville (eh bien si on l'avait pris au mot !). Après cela nous avons eu un salut superbe pour clôturer l'Adoration : 180 hommes portant des cierges à la procession. Parmi eux, naturellement André, ce qui a jeté Chantal dans de grandes réflexions "jamais je n'avais vu mon papa tenir un cierge à la procession ; pourquoi le fait-il ici et jamais chez nous ?" Mes trois filles se sont admirablement tenues à l'office qui a été très long. L'église était comble ! Détail curieux : tous les cabarets de Neuville avaient prêté leurs chaises à l'église ce jour-là ! Après l'office, bénédiction des enfants par Mgr devant l'église : il reconnaît la troupe des bébés de la Pichardière et au milieu de la foule, mitre en tête et crosse en main interpelle Mimine : "tiens voilà la petite malade". Mimine avait un air radieux, rien surtout d'une malade. Pour terminer la journée, André et Jules ont été, au nom de Maman, rendre sa visite à l'Evêque de Versailles. André a beaucoup goûté tous ces événements. Tout cela était très impressionnant. 
Je vous embrasse avec André et les trois petites, vous priant d'offrir à Germaine et son mari nos affectueux souvenirs et beaucoup de baisers aux enfants.

vendredi 29 octobre 2021

Petites chroniques de la rue du Hazard ou la genèse d’une fratrie formidable. Deuxième partie

 


Si vous avez apprécié la première partie de ces petites chroniques de Chantal Lesort, pour lire la suite, cliquer sur :
Petites chroniques de la rue du Hazard. Deuxième partie

Le 15 août à la Pichardière : plus qu'une fête, une célébration.

La file des petits-enfants pour réciter leur compliment ou leur poème à leur grand-mère Marie Madelin, c’est au tour du petit Gonzague Lesort :
Pour la fête de ma grand-mère Madelin, sainte Marie le 15 août, je devais lui réciter, sans rien comprendre le loup et l’agneau ( “Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?”), que j’anonnais. On voit sur cette photo ma mère surveillant l’exhibition de son dernier fils et lui soufflant quelque chose  comme “La raison du plus fort est toujours la meilleure”. Ma grand-mère me contemple, l'œil aux aguets, mes frères, sœurs, cousines, cousins, en file derrière moi montent la garde… quelle angoisse !  Gonzague Lesort.

Dans les traditions religieuses, très strictes, de la famille Lesort, comme de toute la descendance Madelin, la Sainte Vierge tenait une place prépondérante, qui n’était pas la seconde place, mais celle de «la Mère de Dieu».
Elle avait conçu son enfant et materné Dieu : Jésus et dominait donc les pratiques religieuses, les prières du matin et du soir, les chapelets, les pèlerinages et représentait une image dominante de la Foi. Mais conception par un ange, virginité ou maternité, de cela par contre on ne nous parlait pas du tout…
Dans mon livret de famille (parfaitement laïque et républicain) mes prénoms sont Gonzague Léon Marie André. Léon d’un frère Madelin de ma mère, Officier des Chasseurs-à-pieds, tué glorieusement à la guerre de 14. André le prénom de notre père. Mes frères et sœurs aussi. Je crois d’ailleurs que la plupart des quelques cent petits-enfants Madelin avaient aussi Marie dans leurs prénoms.
Ma Grand-Mère maternelle, Madame Amédée Madelin, portait aussi le prénom de Marie. C’est pourquoi le jour de la sainte Marie, le 15 août, où nous étions nombreux à la Pichardière, était un grand jour de fête. 
Pieux certes, mais festif au maximum avec la messe le matin suivi d'un déjeuner solennel et abondant : hors-d’œuvre, grand plat solennel, légumes, excellent dessert éclairé de bougies. Le matin (ou peut être à l’heure du café, je ne me rappelle plus) on souhaitait bonne fête à l’héroïne, en lui récitant un poème. La photo n’explique pas pourquoi je ne percevais guère le sens de ce texte : « La Raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure »…  Gonzague Lesort
Gonzague Lesort récite son poème à sa grand-mère sous la supervision attentive de sa mère Elisabeth Lesort et sous les yeux admiratifs de sa petite sœur Thérèse

 
 De Xavier LESORT, du Chesnay en 1992 :
Je retrouve dans mes cartons cette photo [les noms ont été rajoutés plus récemment NDLR] qui pourrait illustrer un prochain numéro des "VIEUX PAPIERS de FAMILLE"?
Elle date de l'été 1927 à la Pichardière et rassemble les acteurs d'une pièce sur "Jeanne d'Arc" jouée devant les hôtes de la Pichardière, peut‐être à l'occasion du 15 Août qui, par la célébration de la fête de Grand'mère MADELIN, marquait, si j'ose dire, le sommet de la saison. Cette pièce pourrait bien avoir eu comme auteur et metteur en scène tante Marie‐Léon MADELIN, trois de ses enfants figurent parmi les acteurs, dont Clotilde avec un ceinturon qui pourrait être bien celui de son frère Michel. Cette photo me parait intéressante parce qu'elle évoque les visages d'une partie de cette génération de cousins et cousines qui se retrouvaient l'été à la Pichardière, et l'esprit qui imprégnait les mentalités au sein de la famille : c'est presque un document de sociologie familiale !
La photo a été prise par le photographe professionnel de Neuville‐aux‐Bois, Hiblot, convoqué pour la circonstance, ce qui le changeait des mariages et premières communions. Elle a été prise sur la terrasse de. la Pichardière et non sur la scène où la pièce avait été jouée la veille, le salon ayant été remis en ordre après la représentation. La scène, suivant la tradition, était constituée par un espace dégagé devant la cheminée du salon, les portes de chaque côté servant à l’entrée des acteurs. Pour la représentation de «Jeanne d’Arc», la glace au‐dessus de la cheminée avait été dissimulée par un vitrail réalisé par Claude QUILLIARD et Paul‐André LESORT (11 et 12 ans) avec des lattes de bois et du papier cristal de diverses couleurs d’un effet grandiose à mes yeux d’enfant. Comme je portais alors des cheveux coupés «à la Jeanne d’Arc» (ce qui, à ma grande honte me faisait traiter de «fille» par mes camarades de classe !) on m’avait confié le rôle de Jeanne d’Arc enfant au 1er acte. Mais comme sur la photo on ne pouvait faire figurer deux Jeanne d’Arc, on garda la plus glorieuse (Manette QUILLIARD), celle qui se présentait à la Cour et y reconnaissait le dauphin, afin de le persuader d’aller se faire sacrer à Reims. Alors, pour la photo, on m’habilla en page ; du moins j’y retrouvais le sexe masculin, tout en conservant ma coiffure de «fille»
Le lieu des représentations théâtrales devant la cheminée du salon.

Rappel : parution de la saga Lesort-Madelin tome 7


Comme annoncé, nous faisons paraître le septième tome de la saga Lesort-Madelin, dont voici la table des matières : 

Généalogies Madelin-Bonnet et Lesort-Madelin …………………........ p 4-7 
Préface ………...………...………………………………….....………...... p 8 
Famille Lesort-Madelin : 2 parents, 9 enfants,10 mariages heureux  .. p 9 
Etudes, esquisses, dessins, peintures d’Elisabeth Lesort ….…........... p 84 
André Lesort : un très grand archiviste, une œuvre considérable ....... p 90
 
L’histoire de notre famille reste vivante sur le blog 
Lesort-Madelin Louis-Ferdinand Bonnet au sacre de Charles X ......... p 111 
Desnoyers et Ducloux, deux familles doublement proches ................. p 115 
La famille Madelin-Deschiens …………………………...............…….... p 122 
Enfance et jeunesse d’Amédée Madelin …………………...............….. p 153 
Petites chroniques de la rue du Hazard par Chantal Lesort ................ p 174 
Le Général René Madelin à la bataille du mont Kemmel …................. p 284 
Séjours à la Pichardière dans les années 20 et 30 ……...................... p 289 
Visites à Marie Madelin, très âgée, rue A. Roucher ............................. p 302 
La Pichardière réquisitionnée par les allemands ………................…... p 306
 
La malle aux souvenirs
Comment faire admirer ses enfants par l'Evêque ………..................... p 312 
Le 15 août à la Pichardière …………………………...................…….... p 316 
Retrouvailles en zone nono ………...……….…………….................…. p 320 
Comme votre grand-mère nous a fait rire pendant la guerre ..............  p 324 
Elisabeth Lesort récupère le Journal de la Pichardière ….................... p 327 
Petite cousinade aux Oiseaux ………………………………...............… p 328 
L'équipe de rédaction fête les dix ans du blog Lesort.Madelin  ...........  p 329 

Cet ouvrage, de mêmes caractéristiques que le tome 6, possède 329 pages avec près de 300 photos ou illustrations, il est réalisé par le même imprimeur breton et son beau papier... Chaque ouvrage coûte 21 € plus, si nécessaire, les frais d'envoi sous enveloppe à bulle, qui sont de 8,65 € par ouvrage pour la France. Les ouvrages seront envoyés à l'adresse figurant sur les chèques sauf avis contraire ou récupérés par l'intermédiaire de François Lesort. ( Tel 01 39 49 43 49 ou 06 99 47 00 67) Pour ceux qui ne l'avaient pas commandé l'année dernière, il reste quelques exemplaires du tome 6 de la saga Lesort-Madelin qui peuvent être acquis dans les mêmes conditions que le tome 7. Si vous souhaitez commander un ou plusieurs exemplaires, merci d'envoyer un chèque à : François Lesort 18, rue Mademoiselle 78000 Versailles. Les ouvrages commandés seront disponibles ou expédiés courant novembre prochain.
Pour vous donner un petit avant goût de ce tome 7, vous avez ci-dessous un lien pour accéder à une petite bande annonce montrant quelques pages de ce livre : 

vendredi 24 septembre 2021

Petites chroniques de la rue du Hazard ou la genèse d’une fratrie formidable. Première partie


Le 19 (autrefois 11 quater) rue du Hazard

Ces petites chroniques de la rue du Hazard, écrites par Chantal Lesort entre 1927 et 1931 ont beaucoup plus d'intérêt que de simples souvenirs car c’est la restitution sans fard, au jour le jour, de son vécu au sein de la nombreuse famille Lesort plutôt entassée dans son étroite maison de la rue du Hazard à Versailles.

Grâce à Catherine Chenu, qui a assuré sélection et transcription au sein des deux premières années de ces chroniques, nous vivrons comme si nous y étions, le quotidien de cette famille à la langue bien pendue avec ses joies, ses peines, ses repas animés, ses disputes, ses problèmes d’argent, ses nombreuses activités, etc.
Et puis on retrouve avec affection notre tante Chantal avec toute sa franchise, sa lucidité, son dévouement, son courage, l’amour des siens, là où elle a forgé ce caractère de maîtresse femme que nous avons tous admiré.
Merci à Catherine de nous permettre ainsi de mieux comprendre la genèse de cette fratrie formidable qu’ont formé nos parents…

Ces petites chroniques ont été divisées en trois parties. Pour lire la première partie, cliquer sur :
Petites chroniques de la rue du Hazard. Première partie
Chantal et Thérèse

1957. André Lesort, 80 ans, en périlleuse randonnée.


La famille de Xavier Lesort en 1957 pour la fête des mères.
A la fin des années 60 nous habitions Boulogne-sur-mer où notre père, Xavier Lesort, travaillait comme secrétaire général d’une grande entreprise de pêche et de conserveries, les Pêcheries Delpierre.
Nous habitions une grosse maison sur les hauteurs de la ville ce qui permettait d’accueillir facilement nos visiteurs dans cette contrée septentrionale.
Une année où nos grands-parents étaient venus nous voir, il fallait trouver des occupations à nos invités après les habituelles visites aux monuments et curiosités locales (le château de Godefroy de Bouillon, les remparts, la basilique, la colonne Napoléon, etc…).
Pour notre grand-mère, pas de problème : détentrice d’innombrable nouvelles, anecdotes ou souvenirs provenant de la vaste famille Madelin-Bonnet, de toute sa propre famille ainsi que de toutes ses nombreuses amies et relations, il suffisait d’une oreille complaisante comme celle que maman savait lui prêter avec toute la bonne volonté et l’attention nécessaire.
Pour notre grand-père par contre, nettement moins porté à ce genre de distraction et à défaut de vieilles pierres ou de passionnants vestiges à ausculter, une bonne marche, dont il avait toujours été grand amateur, s’imposait. 
Aussi, un après-midi où papa était à son bureau, maman nous demanda à mon frère aîné et à moi -nous avions une douzaine d’années- d’emmener notre grand-père faire une grande promenade avec toutefois moult recommandations compte tenu de ses 80 ans.
A l’époque, passionné par les poissons exotiques, j’avais un aquarium dont je m’occupais avec le plus grand soin, en particuliers pour la nourriture de mes petits pensionnaires multicolores.
Pour qu’ils restent bien vifs et bien colorés, il fallait leur apporter régulièrement de la nourriture vivante que je devais acheter fort cher, dans une animalerie, avec mes maigres économies.
Aussi ayant découvert auparavant dans la campagne, je suppose avec les louveteaux, un petit ruisseau où abondaient des crevettes d’eau douce, tout à fait recommandables à cet usage, je cherchais toutes les occasions pour y aller pêcher.
Le seul inconvénient était que c’était plutôt loin de la maison, aussi pour raccourcir le trajet, fallait-il couper à travers bois et champs avec juste quelques petites difficultés, sans doute négligeables pour des enfants, comme de passer sous des clôtures en barbelés, de traverser des taillis ou des ronciers et ô suprême aventure de traverser une rivière assez profonde, en équilibre sur un tronc d’arbre abattu.
Je crains que nous ayons quelque peu omis de le préciser à nos parents, ce n’était en effet pour nous que de légers détails, quand fut fixé le but par ailleurs tout à fait honorable de la balade.

Celle-ci s’est d’ailleurs très bien passée même si la traversée de rivière, en équilibre sur le tronc, fut quelque peu périlleuse : l’un devant, l’autre derrière, nous tenions chacun une main de notre grand-père muni, il faut le dire, de chaussures de ville aux semelles en cuir glissantes à souhait.
Notre grand-père qui avait survécu aux bombardements allemands de 1918, à ceux des anglo-américains en 1944, aux écroulements possibles des monuments en péril ainsi qu’à quelques autres dangers domestiques, s’en sortit tout à fait honorablement, son costume habituel également.
A notre retour à la maison, notre grand-père fourbu mais radieux, enchanté de cette sortie pleine d’imprévus pour lui, multiplia les compliments à notre égard auprès de maman épanouie : notre endurance, notre sens de l’orientation, l’assistance sans faille que nous lui avions apporté, notre ingéniosité pour capturer les crevettes avec des épuisettes en vieux bas, etc…

Toutefois le récit également enthousiaste, par notre grand-père, des traversées de taillis, de ronciers ou de barbelés firent nettement bonne impression, quand au numéro d’équilibriste sur le tronc d’arbre il provoqua l’effarement rétrospectif de nos parents.
La geste familiale en garda longtemps le souvenir, pas du tout exagéré bien sûr, inscrit au chapitre des diverses fois où notre grand-père avait risqué sa vie !

François Lesort



André Lesort dans sa tenue habituelle ville-mer-campagne, ici sur la plage d’Ambleteuse en 1955 avec Sabine Lesort.

vendredi 25 juin 2021

Enfance et jeunesse d’Amédée Madelin


Jules Madelin, le fils de Jean-Baptiste Madelin a transmis à sa descendance plus de mille lettres, bien classées, et souvent annotées. Grâce à elles et à Jean-Pierre Berthier qui les a décryptées, nous pouvons suivre l’enfance et la jeunesse d'Amédée Madelin, notre arrière-grand père au sein de cette famille nancéienne. 

Pour lire ce récit cliquer sur :

Enfance et jeunesse d’Amédée Madelin



1941. Retrouvailles familiales en zone nono.


1941. Les Bosquets à Aix en Provence. Xavier Lesort, Léon Chamussy, Marie-Geneviève Dhavernas, Chantal Chamussy.

Un moment de notre histoire familiale reconstituée à partir d'une photo des albums de la famille Chamussy. Que faisaient-ils tous là en cette difficile période de guerre ?
Pour lire le résultat de cette petite enquête familiale cliquer sur :

vendredi 28 mai 2021

Les fonds Lesort à Versailles


André Lesort (Copyright Bibliothèque Municipale de Versailles)


Les très nombreux documents, notes de recherches et d’analyse, brochures etc… accumulés par notre grand-père André Lesort tout au long d’une vie passionnément consacrée à son métier d’archiviste, ont été légués après sa mort aux archives départementales de Seine et Oise où il avait travaillé et à la bibliothèque municipale de Versailles.

Souhaitant mieux connaître cette appréciable contribution de notre grand-père, nous avons effectué des recherches à ce sujet dont nous vous communiquons les résultats en cliquant sur  :
 

 les fonds Lesort à Versailles


Bibliothéque Municipale de Versailles


1943. La Pichardière réquisitionnée par les troupes allemandes.





En 1943, la Pichardière, devenue la propriété de Jules Madelin (frère aîné d’Elisabeth Lesort après le décès de sa mère Marie Madelin fut réquisitionnée et occupée par l’armée allemande du 20 octobre au 31 décembre 1943.

Vous pouvez en suivre les péripéties racontées par Jules Madelin en cliquant sur :



 Jules Madelin vers 1940



vendredi 30 avril 2021

Visites à Marie Madelin, très âgée, rue Antoine Roucher par Gonzague Lesort

“L’Hotel Madelin” 1, rue A. Roucher à gauche, Notre Dame d’Auteuil en arrière plan

Arriverais-je à exprimer les sensations, les impressions, les images, les idées, la portée que certains mots ou expressions entendus, puis retenus dans le flot des paroles qui accompagnèrent mon enfance, ont fait naître puis travailler dans mon cerveau d'enfant ? Ces mots en eux-mêmes incompris, mais imbriqués et imprimés dans la construction de ma connaissance, introduits presque subrepticement dans mon alchimie intellectuelle, restent intégrés à des visages, des odeurs, des maisons, des rues, participant tantôt à l'émotion ressentie, tantôt à la fatigue subie, à l'angoisse, la crainte ou l'incertitude que ce monde des adultes m'imposait comme le songe s'impose au dormeur. 

Dans le courant de l'année, ma grand-mère habitait "1-rue-Antoine-Roucher-à-Auteuil", (à prononcer dans le même souffle). C'était l'un des pôles de l'existence, connu et angoissant, imposé et inexpliqué : "Tiens-toi droit ... Dis bonjour à Grand-mère..." "As tu de bonnes notes? " Question qui appelait un long et pénible silence... "Comme tu as grandi!"... Odeur un peu aigre de poussière et de feu de bois. Froid, ameublement surchargé, photos jaunies, pendules, souvenirs, bibelots plus ou moins ébréchés, tramways qui passent au loin, ennui long et résigné, cloches de Notre-Dame d'Auteuil ..." où nous nous sommes mariés"... tantes et oncles distants et menaçants comme des icebergs. "Allez dire bonjour à Rachelle", la cuisinière dont l'antre était au sous-sol. 


Depuis son veuvage en Janvier 1906, ma grand-mère [ci-contre] vivait dans cette ancienne, solennelle, et trop grande maison, seule avec sa fille Noémie, vieille-fille impotente. Elles étaient installées en permanence de chaque côté de la cheminée du salon, le thème du feu qui brûle ou qui ne brûle pas, qui fume ou qui ne fume pas, des pincettes ou de la pelle à cendres était l'un des sujets les plus fréquents de leur conversation, bien qu'elles parlassent peu, récitant souvent leur chapelet. Le respect déférent qu'appelait ma grand-mère était toutefois si grand que, dés qu'elle ouvrait la bouche pour dire quelques mots de sa voix chevrotante, chacun se taisait immédiatement. Tante Noémie parlait plus, elle était tout-à-fait Madelin. Elles lisaient beaucoup, "La Croix", "L'Echo de Paris", "La Revue des Deux-Mondes” étaient leur nourriture intellectuelle quotidienne, ainsi que les livres du frère Louis... "de l'Académie", et aussi les romans d'Henry Bordeaux ou de Paul Bourget. 

Noémie était rancie et autoritaire, ce qui conduisait parfois à des échanges de piques certes un peu émoussées, entre elle et sa "chère Maman". Et comment en-aurait-il été autrement après des décennies de face-à-face entre ces deux femmes âgées, impotentes et autoritaires. Cela me gênait d'ailleurs et me chiffonnait encore plus quand ma mère était impliquée dans ces petits litiges, car "Bobeth" et sa (relativement) plus jeune sœur Lucie étaient encore aux yeux de la famille Madelin "les petites". Ce que ma mère acceptait avec bonhomie, peut être même amusement en pensant à sa déjà nombreuses progéniture, mais, comme elle n'avait pas sa langue dans sa poche, elle répondait , avec humour, à sa vieille grande-sœur, mais pas à sa mère - elle n'y aurait jamais pensé et ne l'aurait pas osé - qu'elle adorait autant qu'elle la respectait ; et pas seulement parce que c'était sa mère, ou parce qu'il y avait des choses qui ne se concevaient pas autrement qu'elles étaient alors. 


A cet "Hotel Madelin" - qui fut par la suite donné à la Paroisse, rasé par celle-ci et dont le terrain, vendu, est occupé de modernes immeubles et d'un nouveau presbytère - nous devions nous rendre régulièrement, le plus souvent pour une visite d'après-midi, parfois pour un repas au Nouvel An ou à Pâques. J'en ai des souvenirs glacés, malgré le feu qui crépitait dans la vaste cheminée de la salle-à-manger, qui n'était séparée du salon que par une cloison pliante. Il y avait aussi, oh! Mystère!, dans un coin, un volet à guillotine qui cachait le monte-plat fonctionnant sur corde et poulie. Son maniement était Bayreuthien, par le lourd grondement de sa machinerie, par ce volet montant et descendant, par la fumée et les fumets qui en sortaient, par les conversations à forte voix qui se faisaient à travers ce sombre puits, conduisant à des profondeurs oniriques. 

Nous y allions le plus souvent le jeudi, alors jour de congé, ou le dimanche. Le rituel était immuable ; train à la gare Rive-Gauche, descente à Pont-Mirabeau, après avoir vu défiler les "Fleurs Truffaut", le long tunnel de Meudon, "Café Sanka", "Peintures Ripolin", "Lampes Mazda" et usines Citroën, puis traversée du Pont Mirabeau, au long duquel ma mère, pâle et le regard fixé à l'autre rive, me serrait fortement le bras, car ce pont lui donnait le vertige . 

Puis c'était la rue Antoine Roucher (nom d'un poète guillotiné en même temps qu'André Chénier). Le retour se passait de la même façon… encore heureux si tante Noëmie ne nous avait pas confié un paquet maladroitement ficelé que nous avions pour mission de jeter à la Seine sans être vus. Quel mystère! Je ne l'ai d'ailleurs jamais éclairci car, ayant un jour interrogé ma mère sur le contenu de celui-ci, elle me répondit "des bouteilles d'encre vides et des objets religieux ", ce qui rendit encore plus angoissant ce que j'assimilais à un transport macabre. Mais il me fallait bien accomplir ce geste puisque ma mère ne pouvait s'approcher du parapet sans être bouleversée. Je ressens encore sous mes pieds le tremblement du pont quand, pendant l'accomplissement de cette mission, un tramway et sa remorque franchissaient le fleuve. Puis nous descendions attendre sur le quai de la gare un train qui arrivait toujours bondé. Comme il faisait alors nuit, je m'amusais à voir depuis la voie en viaduc qui, d'Issy à Meudon domine longuement toute l'agglomération parisienne, les lumières innombrables et colorées qui s'allumaient et s'éteignaient sans cesse. Je l'ai compris plus tard, c'était le défilé des bâtiments qui successivement occultaient puis découvraient ces étoiles, bâtiments bien sûr invisibles dans l'obscurité parcourue par le train. A la descente de celui-ci nous donnions à l'employé de service le reste du ticket "Aller et retour/Versailles Pont Mirabeau/2ème Classe/Familles nombreuses". Puis à moitié endormi, nous pietonnions au long de la rue Royale, de la rue d'Anjou et de la rue Saint-Médéric, jusqu'à la rue du Hazard, à la lumière, si l'on peut dire, des becs de gaz censés éclairer cet ennuyeux cheminement. 

Gonzague Lesort en 1934 (13 ans) assis à gauche.

Séjours à la Pichardière dans les années 20 et 30.



C'est avec la verve et l'humour propres aux Madelin que Germaine Berthier née Madelin, fille de Jules Madelin, le frère aîné de notre grand-mère Lesort, nous raconte les séjours toujours enchanteurs à la Pichardière dans les années 1920-1930. 
Pour lire le récit cliquer sur :


Séjours à la Pichardière dans les années 20 et 30.


Mexique. Etat de Veracruz. Marie Chamussy-Rodiguez nous donne les dernières nouvelles de son association AUGE



Pour lire la lettre illustrée de notre cousine Marie sur les activités de son association AUGE au Mexique cliquez sur :     AUGE

vendredi 26 mars 2021

Deux familles doublement proches, nos ancêtres neuvillois les Desnoyers et les Ducloux


Paul Tournaire, fils de Cécile Tournaire, née Desnoyers (1827-1916) et petit-fils de Madame François de Sales Desnoyers, née Cécile Ducloux, parle d'une façon assez amusante, dans ses mémoires, des familles dont nous descendons les Desnoyers et les Ducloux, toutes deux originaires de Neuville aux Bois .

Pour lire le récit cliquer sur :

Caroline Desnoyers née Aucante
Cécile Desnoyers née Ducloux et sa fille Eugénie
  

Comme votre grand-mère nous a fait rire pendant la guerre !


L'humour de notre grand-mère Elisabeth Lesort est resté légendaire dans notre famille et chez ses relations, ce que nombreux cousins peuvent attester pour l'avoir constaté. 
Notre cousine Anne Kervella n'y déroge pas avec quelques exemples bien choisis :
Quand j’étais petite, je savais déjà que notre grand-mère Elisabeth Lesort était une one-woman-show célèbre, et toutes ses contemporaines me répétaient : «Comme votre grand-mère nous a fait rire pendant la guerre !» – assertion dont le paradoxe ferait un bon titre de spectacle.
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L’humour de « Bobeth » se manifestait particulièrement lors des interminables files d’attente devant les commerces d’alimentation, qui se formaient plusieurs heures avant l’ouverture et s’achevaient en fatigue et déception. Ainsi un matin, l’épicier sort sur le pas de la porte et annonce : «Je n’ai plus de denrées que pour les familles qui ont des cartes J3 (adolescents)». Du coup, Grand-Mère devance une pauvre dame qui éclate en imprécations, et l’accuse de faire partie de ces moins que rien qui couchent pour profiter des avantages en nature… Devant le tombereau de grossièretés qui s’abat sur la tête de notre aïeule, le flic du coin s’interpose et menace la virago de l’emmener au poste. Grand-Mère pose la main sur le bras de Pandore et laisse tomber à haute et intelligible voix : «Laissez, mon ami, vous voyez bien que ce sont là propos de femme stérile…

Notre grand-mère Elisabeth Lesort avait l’art des reparties humoristiques, et animait parfois la conversation dans les longues files d’attente pour échanger tickets contre nourriture durant l’occupation. Une fois, une vieille demoiselle aussi pieuse que célibataire ayant évoqué sa vision du Paradis comme un lieu de délices où les élus «pourront processionner éternellement à la suite de l’Agneau divin», grand-mère lui répondit : «C’est ça, et pendant ce temps-là les mères de familles nombreuses, commodément assises dans de confortables fauteuils, vous regarderont passer», provoquant les fous rires discrets des autres dames de la queue.

Germaine Berthier-Madelin avait également la même opinion à son sujet :

Nous avions aussi de jeunes tantes, tante Bobeth (Madame LESORT) et tante Lucie (Madame QUILLlARD). Toutes deux étaient très gaies et spirituelles.
Les réparties de tante Bobeth étaient connues. Pendant la guerre de 1940, à Versailles, on s'arrangeait peur être avec elle dans les queues insipides de ravitaillement qui duraient parfois plusieurs heures, il y avait des «cartes de priorité» pour les mères de famille nombreuse. Cela leur permettait de passer un peu plus vite que les autres. A un Monsieur qui lui disait : «Vous ne pouvez pas attendre comme tout le monde» tante Bobeth qui avait neuf enfants, avait répondu: «J'ai attendu neuf fois neuf mois. Et vous ?» 

Notre grand-mère n’était pas seulement imaginative et originale, elle avait du panache et du courage. Après la mort de notre grand-mère, pour la première fois de sa vie, elle s’est retrouvée toute seule. Les Kervella étaient géographiquement ses plus proches, et nous voisinions le plus possible, mais cela lui laissait tout de même de longues heures pour affronter le deuil et la solitude. Au bout de quelques jours, elle nous a déclaré : «J’ai décidé de ne pas me coucher le soir sans avoir vu trois choses drôles dans ma journée. Ainsi, aujourd’hui…» Et chaque fois que nous nous rencontrions, elle commençait avec entrain : «Ah ! Que je vous raconte ! Mes trois choses drôles !» Or elle avait un tel sens du comique de situation, de la brève de comptoir, de l’absurdité ordinaire, qu’elle nous faisait mourir de rire avec des scènes qui auraient échappé à n’importe qui…

L'Ecole des Chartes a 200 ans

L'Ecole des Chartes, chère à notre grand-père André Lesort et aussi à notre cousine Brigitte Sibertin-Blanc, a deux cent ans ; à cette occasion la Poste émet un timbre commémoratif. (Article transmis par Catherine Chenu).

Nous avons déjà publié sur notre blog, en décembre 2013, un article, à propos de notre grand-père et de l'Ecole des Chartes,  intitulé : André Lesort, diplômé archiviste paléographe de l'Ecole des Chartes

vendredi 26 février 2021

Mariage de nos grands-parents Lesort : De la grande utilité des relations mondaines pour se marier dans les années 1900.


La Société des Lettres, Sciences et Art de Bar-le Duc, en visite à Toul. André Lesort, deuxième à gauche

Notre grand-mère, Elisabeth Lesort nous raconte dans ses souvenirs comment des relations, que ses parents et elle, avaient très bien connus quand ils y habitaient Bar-le-Duc, avaient plus tard également connu et apprécié André Lesort, nommé aux Archives de la Meuse à Bar-le Duc.
En particulier une certaine Madame Renauld et un certain Monsieur Baudot dont elle parle ainsi  dans "Jeunesse d'André Lesort" et qui furent à l'origine de leur rencontre :
"Le ménage le plus aimable et le plus hospitalier de la ville était celui de l'avoué Monsieur Renauld. Cette maison était hospitalière et généreuse, les Renauld étaient très riches (sans enfant) et leurs réceptions étaient très goûtées à Bar. Je n’y ai jamais participé, j’étais trop jeune pour «sortir» quand mes parents ont été habiter Paris. 
Je me réjouissais de mes 17 ans prochains, Madame Renauld comprenait dans ses invitations les jeunes filles dès leurs 17 ans, et j’ai eu cet âge important à Paris. J’avais vu souvent mes parents et mes sœurs aînées partir en grandes toilettes pour les dîners Renauld… Mais Madame Renauld prouva son affection d’une façon plus bienfaisante…
...
Le jeune archiviste plaisait beaucoup aux Renauld. L’avoué, très intelligent, cultivé, artiste, avait grand plaisir à rencontrer le jeune érudit, surtout à la Société des Lettres, Sciences et Arts, qu’ils fréquentaient ensemble. 
Madame Renauld était sensible à son excellente éducation et à sa façon si simple et si discrète dont il pratiquait ses devoirs catholiques.
...
Il [A. Lesort] voyait beaucoup un brave ménage barisien, Monsieur et Madame Baudot et leur mère, une vieille dame très intelligente et cultivée. Les dames étaient les plus honnêtes et les plus vertueuses et aimables de Bar.
André aimait beaucoup Monsieur Baudot, et comme tout Bar, admirait Madame Baudot.
...
C’est en rentrant de la messe de l’Assomption [15/08/1905], qu’André trouva dans son courrier une lettre du fameux Jules Baudot, lui disant qu’une dame de Bar (pourquoi ne disait-il pas Madame Renauld ?) avait trouvé que l’une des demoiselles Madelin, fille de l’ancien magistrat serait pour lui une femme tout indiquée… 
...
L’entreprise ne fut lancée qu’en octobre."

Nous n'avons  retrouvé, dans nos archives familiales, ni le fameux courrier du 15 août, ni certains autres mais nous en avons retrouvé un adressé par Jules Baudot à Amédée Madelin, père d'Elisabeth :

Bar-le-Duc le 28. 8. 1905

Cher Monsieur,
Je reçois votre lettre d'hier et je m'empresse d'en faire part à mon jeune ami [André Lesort]. Il sera très heureux, mais j'imagine, plus troublé mille fois que s'il devait comparaître devant toutes les Facultés et Académies réunies.
Nous avons conféré avec la bonne Madame Renauld et nous pensons qu'une rencontre dans un musée (le Musée Carnavalet, par exemple, voire celui de Chantilly) serait ce qui conviendrait le mieux.
Si votre fils Louis vous accompagnait, l'abord de confrère à  confrère serait très facile. Si vous choisissez Chantilly, le retour ensemble donnerait plus le temps de se connaître, de s'apprécier.
Mais c'est à vous, cher Monsieur, et à Madame Madelin, de fixer le lieu, le jour et l'heure. Bien certainement Mr L., qui est à Paris en ce moment, souscrira à votre choix que je lui ferais connaître immédiatement.
Veuillez, je vous prie présenter mes hommages les plus respectueux à Madame Madelin et recevoir l'assurance de mes sentiments les plus affectueux et tous dévoués.

                                                                                                             J. Baudot
Le prénom de Mr L. est André.

Aux origines de la rencontre, Bar-le Duc ...
Nous avons déjà raconté la suite (saga tome 3 p. 208) où après une première rencontre peu concluante, Monsieur Baudot avait insisté pour en organiser une deuxième et Louis Madelin avait alors envoyé à André Lesort son télégramme pneumatique que nous avons qualifié de la “dernière chance”.
A ce rendez-vous au Pavillon Royal du Bois de Boulogne, André Lesort retrouve Elisabeth Madelin accompagnée de son père Amédée. Celui-ci met en confiance le jeune prétendant : il ose enfin lever les yeux sur son éventuelle promise et là… Alléluia ! elle croise enfin son regard et ses beaux yeux bleus…

Les fiançailles.
Les fiançailles ont lieu le 19 novembre, jour de la Sainte Elisabeth.

Illustrations par Elisabeth Madelin du menu du repas de fiançailles, du toast porté à cette occasion par son frère Jules Madelin et d’une ballade composée par son cousin Paul Xardel pour les fiancés.

Le mariage.
La date du mariage est fixée au 28 janvier 1906 et tout est prêt pour le célébrer y compris le petit appartement à Rennes, retenu par le futur époux. Mais juste après qu’eut été choisi le satin de la robe de mariée, Amédée Madelin meurt le 10 janvier d’une pneumonie après quelques jours de maladie. Les fêtes prévues sont donc supprimées et le mariage est célébré dans l’intimité, le 24 février 1906 (nous ne possédons aucune photo du mariage).
Puis, comme dans les contes, suivront neuf enfants qui tous firent d’heureux mariages, quelque soit la façon dont ils aient pu se réaliser, puis 53 petits-enfants viendront combler ces heureux grands-parents.
Février 1956. Noces d’or d’André et Elisabeth Lesort et 35 petits-enfants présents.