André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications.Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus sur notre blog, près de 200, sont en cours de publication sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome III est en préparation.




vendredi 26 mai 2017

Le dernier survivant des neuf enfants d'André et Elisabeth Lesort nous a quittés: adieu à notre oncle Gonzague Lesort.


Né à Versailles le 18 novembre 1921, notre oncle Gonzague Lesort s'est éteint à Bruxelles le 23 avril 2017 dans sa quatre-vingt-seizième année.
Il a été inhumé au cimetière Saint-Louis à Versailles le 27 avril suivant, entouré de toute sa propre famille ainsi que des descendants de toutes les autres branches Lesort-Madelin.
Olivier et Nicolas, ses fils, avaient organisé ensuite une collation toute familiale permettant à tous de se retrouver et de partager affection et souvenirs. 


 A l'occasion de cette inhumation, son fils Olivier lui a rendu hommage :

Une des premières réactions que j'ai eue quand j'ai commencé à réaliser il y a quelques jours que je ne pourrai plus jamais décrocher mon téléphone pour appeler mon père afin d'aller déjeuner ou dîner avec lui, a été de me jeter sur les photos les plus récentes que nous avions prises de notre papa, nous ses fils, nos compagnes et nos enfants.

Et en regardant les photos de Gonzague, notre père, votre oncle, votre grand-père et arrière-grand-père, en voyant le pétillement de ses beaux yeux bleus, son éternel grand sourire adressé à la Vie qu'il avait tant aimé, le sourire «canaillou» de cet homme énergique et vibrant encore et toujours prêt à nous sortir une blague, une pique, une provocation, un jeu de mots, ou un mot d'amour, je me suis bien promis que je ne ferai pas ici dans ce cimetière une homélie pompeuse, ennuyeuse, pleine d'affectation moralisante.

Parce que, Papa, tu as été et tu restes dans nos cœurs et nos corps, tout sauf quelqu'un de pompeux, d'ennuyeux, et de moralisateur ! Et je ne voudrais surtout pas t'imposer e ce lieu ce qu'il est convenu une «tête d'enterrement» !
Avec mes 66 ans bien tapés, la liste des très beaux et bons souvenirs avec nous, tes fils et leurs compagnes, tes petits enfants et arrière-petits enfants est considérable et je préfère donc les évoquer par quelques anecdotes et TE raconter de cette manière-là et en quelques mots, égrener ces quelques souvenirs lumineux parmi des milliers d'autres, tous ceux que tu laisses gravés dans nos cœurs. A jamais gravés dans nos cœurs !

Je commencerai donc par cette anecdote que m'avait racontée le jour de mon mariage, un de nos voisins de notre rue dans la commune de Rhode Saint-Genèse où vous vous étiez installés, ce voisin belge et son épouse que vous aviez invités toi et Maman à l'occasion de la réception pour le mariage :
Ayant aperçu par la fenêtre de sa cuisine deux adolescents en train de grimper dangereusement sur les poutres d'un toit en construction d'une maison voisine, et réalisant qui étaient ces singes cascadeurs, il s'était précipité pour sonner chez vous, complètement paniqué, afin de te prévenir du réel danger que nous encourions, moi et Jean-Sébastien. Telle n'a pas été sa surprise quand, après avoir repéré les deux singes en question toujours en équilibre précaire sur les poutres, tu lui as répondu avec beaucoup de fierté et un grand sourire :
Oulala !!! mais c'est formidable d'avoir pu grimper si haut ! Quel courage et quelle adresse ! Bravo !!!... » en laissant ce voisin resté sans voix et éberlué par ta réaction ...

Bel exemple de ce que tu étais pour nous, un vrai papa toujours fier de tes progénitures quoiqu'ils fissent ! Il faut dire aussi que comme tu aimais nous raconter avec fierté toutes les c....... que tu avais faites au cours de ton adolescence et même plus tard, on s'est très vite senti l'envie de t'imiter et je crois même que les disciples ont dépassé leur maître dans ce domaine !
Nous n'oublierons jamais « le Petit Pinçon de Papa » devenu par la suite « Le petit pinçon de Papi », les tables de multiplications que tu faisais réciter à nos enfants en tournant autour de la table de la salle à manger du Prieuré, « les slogans » destinés à l'organisation de cette grande demeure normande comme par exemple « Les godasses à leur place » ou le fameux « Le café c'est sacré ! « et puis encore ce petit dessin aux feutres de couleurs que tu avais réalisé représentant un personnage ailé et auréolé, un saint que tu avais inventé et que tu nous demandais à tous de vénérer avec conviction car il s'appelait : «Saint-Plifions».
Et puis encore cette merveilleuse formule employée dans la sphère du Quai d'Orsay dont tu faisais partie et que les diplomates inséraient prudemment dans leurs textes «Mais les choses ne sont pas si simples...» et que tu faisais tienne dans nos discussions familiales animées. Pour le moins...

Nous ne pouvons pas oublier non plus cette grande musique à laquelle tu nous avais éduqués dès notre très jeune âge et que tu nous as fait définitivement aimer, de Mozart Beethoven - surtout Beethoven!!! - à Messiaen en passant par Brahms, Prokofiev, Stravinsky, Fauré, ou Chabrier.
Nous ne pouvons pas oublier non plus le couple uni que vous formiez Maman et toi-même, son «petit Gonzague» comme elle t'avait appelé dans cette fameuse lettre d'amour datée de 1948 et où elle te demandait en mariage. Nous pouvons toutes et tous affirmer chez « Les Gonzague » ne jamais avoir vu nos parents se chamailler, élever la voix entre eux. Vous étiez un couple admirable et admiré ! Quelle chance exceptionnelle pour nous tous, enfants et petits enfants !

Nous ne pouvons pas oublier les piques-niques à « La petite Pierre » avec les Chabolle, les goûters-dîners, les voyages en 2CV de Sarrebrück à Sainte-Maxime, ou à Carnac, les tours de Bretagne, les interminables trajets avec tes 404 et tes 504 Peugeot, Jean-Sé, Olivier et Gilles en train de se chamailler sur la banquette arrière et Nicolas sur les genoux de notre mère devant, toi conduisant avec tes mitaines en cuir et ta casquette en daim en fumant tes pipes d'Amsterdamer dont les effluves sucrées contribuaient à quelques arrêts nausées sur les bords des routes de France et de Navarre !

Nous ne pouvons pas oublier ton grand amour pour cette Allemagne où vous vous êtes rencontrés toi et Maman il y a exactement 70 ans dans un Berlin totalement en ruines, alors que tu avais souvent entendu parler au cours de ton enfance et adolescence dans ton très proche entourage de « ces sales boches ».
Ce grand pays où nous avons habité dix ans a été très sensible à ta passion pour lui en te décorant de la Croix du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.
Nous ne pouvons pas oublier ton rôle de véritable pionnier de l'Europe avant l'heure, et sa réalisation à laquelle tu as toujours cru, méprisant ses détracteurs toujours bien présents, et pour laquelle tu as tant œuvré !

Et cela me conduit à une autre anecdote :
Je me souviens avoir reçu un jour une invitation pour un cocktail par des parents d'une élève que j'avais alors. Son père, ambassadeur du Sénégal en poste à Bruxelles avait organisé une grande réception dans un grand hôtel bruxellois à l'occasion de la fête nationale de son pays. Quand je suis arrivé dans cet hôtel, après avoir salué l'ambassadeur et son épouse, je me suis dirigé vers la salle de réception. Beaucoup de monde, mais mon attention a été en particulier attirée par un groupe d'une vingtaine de diplomates africains visiblement très intéressés et impliqués par une discussion ponctuée de rires et de regards convergeant vers le centre de ce cercle très animé . Intrigué par cette conversation bruyante et sympathique, je me suis alors rapproché de cet attroupement pour découvrir que le centre d'intérêt de ce cercle jovial et animé, c'était toi Papa!... invité à cette réception en tant que le spécialiste des fameux "Accords de Lomé", les ACP ( Afrique Caraïbes Pacifique) dont tu avais la charge ! Et le plus drôle fut que nous ne savions pas du tout que nous étions invités toi et moi, et pour des raisons bien différentes, à cette même réception !

Nous ne pouvons pas oublier les séjours en Normandie dans cette grande demeure du "Prieuré ", les Noëls, ses réveillons et ce que tu appelais « préveillons », et les distributions de « bidules » que tu adorais organiser.
Je ne peux pas oublier qu'il y a encore quelques semaines, alors qu'un méchant et sournois AVC t'avait conduit une fois de plus à l'hôpital, et alors que tu essayais de récupérer l'usage de la parole, de ton bras et de ta main gauche, tu m'as fait sur ton lit d'hôpital, un cours magistral sur les difficultés de l'implantation de centrales électriques au Zaïre ! Passionnant cours d'économie politique !
« Quelle belle intelligence ! » m'as-tu dit mon cher Frederic Chabolle en parlant de son parrain, dimanche dernier au téléphone alors que je t'annonçais la bien triste nouvelle. Et c'est vrai que nous sommes fiers de ta "belle intelligence", toi, notre père, notre oncle, notre grand-père, notre arrière grand-père. « Le dernier des Mohicans » comme tu dis si bien mon très cher frère Nicolas en parlant de ce dernier Lesort rendant son dernier souffle dimanche dernier dans les bras de ses deux fils et ceux de sa petite fille Céline.

Nous pleurons tous, non pas ta mort qui te délivre de cette grande vieillesse, celle que le Général de Gaulle comparait à un « naufrage », mais nous pleurons l'immense trou que ta disparition a creusé dans nos vies. Il ne nous reste plus à présent que nos souvenirs, et tout ce que vous nous avez donné toi et Maman et qui font que, finalement, nous ne sommes pas trop mal globalement...

Merci, merci des millions de fois. Merci autant de fois qu'il y a d'étoiles et d'astres dans l'Univers où tu te trouves maintenant et à jamais. Et merci de nous avoir permis de transmettre vos belles valeurs à nos enfants et petits-enfants.

Pour terminer, je voudrais vous lire un court extrait d'un écrit philosophique rédigé par une amie professeur de philosophie et écrivaine, Claude Montserrat qui dans son livre intitulé « Les douze Degrés de Silence et d'Humilité » écrit ceci :

" L'ÊTRE EST, LE NON-ÊTRE N'EST PAS "
" Et l'être qui NE L'EST PLUS, parfois le reste encore. 
Contre toute attente, il poursuit, remis entre les mains de son existence. Dans l'expérience purement matérielle du hors de soi.
Loin de mourir, comme on l'attend de lui, il pose son corps ailleurs dans le dépôt usé d'une autre rive. Jusqu'à ce qu'un psaume de matière, atonal et amène, le relève du reste et le fasse apparaître.
Dans son avènement. Et sa gloire amendée."

Merci à vous toutes et tous d'être là et merci pour vos marques d'affection et vos mots d'amour adressés à notre père, oncle, grand-père et arrière grand-père.

Je voudrais aussi juste vous dire que nos pensées vont aussi à nos deux frères Jean-Sébastien et Gilles, et puis aussi vers plusieurs personnes qui nous ont fait part de leur grande tristesse, celle de ne vraiment pas pouvoir être ici ce jour.
Nous savons et nous sentons avec force qu'ils sont avec nous par la pensée et par le cœur. Et je pense en particulier à ma très très chère grande cousine Catherine Chamussy ainsi qu'à Jean-François et Laurent, membres de la famille Chabolle, famille qui représente beaucoup pour moi et mon frère Nicolas.

Olivier, fils de Gonzague LESORT


Cimetière Saint-Louis: l'hommage d'Olivier à son père.

Les enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants de Gonzague Lesort

Quelques uns des cousins :






Nicolas entre un cousin Lesort et un cousin Jacquard

Petits contes moraux illustrés d'Elisabeth Lesort pour Marie Madelin. La prière et l'aumône.




La prière et l'aumône


Jean et Robert allaient à la messe un Dimanche
Ils avaient tous les deux dix sous en pièce blanche
Et s’en allaient tout fier bras dessus dessous
Causant de ce qu’on peut s’acheter pour dix sous
Juste au seuil de l’église un pauvre les arrête :
“La charité, j’ai faim!” Jean détournant la tête
Lui répondit “Si je n’avais
Qu’un sou je vous le donnerais
Je n’ai pas de monnaie aujourd’hui mon brave homme
- Moi non plus, dit Robert, mais j’ai toute une somme.
Prenez la, voici l’argent.”
Et dans la main de l’indigent
Il met ses beaux dix sous, la pièce toute entière.
Il entra dans l’église alors, avec son frère
Et tous les deux priaient très bien dans le saint lieu;
Mais la voix de Robert monta seule vers Dieu
Car il ne suffit pas de prier dans un livre
Il faut, pour plaire au ciel, aimer les malheureux
Et leur donner l’argent quand on a pas le cuivre.

Joindre les mains, c’est bien; mais les ouvrir c’est mieux

vendredi 28 avril 2017

Les trois frères Lesort, des liens d'affection pour la vie ...


Trois frères, Paul-André, Xavier et Gonzague, trois enfants, plutôt heureux dans une famille nombreuse aussi vivante qu’unie, qu’on voit tout jeunes encore, officier de cavalerie au théâtre de la Pichardière, petit marin à la Jeanne d’Arc ou dompteur de fauve …

Paul-André
 Xavier   

 Gonzague

… tous trois très différents, ils n’en tisseront pas moins entre eux de solides liens d’affection .
..
1929.Rue du Hazard.Versailles



  



1932. Agon-Coutainville


… qu’ils garderont toujours.
Trois frères dont les intelligences vives et les caractères affirmés provoquaient souvent entre eux des discussions animées voire houleuses sur des sujets où leurs opinions étaient fortement contrastées. Mais toute leur vie ils resteront proches ...


4 avril 1990. 3 frères Lesort. Rue de la Bourboule. réunion famille pour Claude Sibertin-Blanc
4 avril 1990, au Chesnay chez Xavier Lesort


… et manifestement très heureux de se retrouver à chaque occasion !


1991. Saint-Germain la Campagne. Gonzague, Xavier, Paul-André



Petits contes moraux illustrés d'Elisabeth Lesort pour Marie Madelin. Le Pater.




Le Pater


“On ne s'arrête pas en disant sa prière;


Voyons! ne reste pas en arrière,


Recommence avec moi le Pater et dis bien :


Donne nous !


- Donne nous …


- Le pain quotidien.


- Le pain …


- Eh bien ! Encore ! Pourquoi donc cette pause


Et pourquoi marmotter tout bas ?


De ces mots que je n’entends pas ?


- Chère maman voici la chose :


Je priais le Bon Dieu, car le pain c’est bien sec

De nous donner toujours un peu de beurre avec.

vendredi 31 mars 2017

Souvenirs de Noemi Madelin sur sa mère - 2ème partie (1920-1936)


Réunion familiale à la Pichardière, autour de Marie Madelin vers 1928.
Noémi est assise à droite

Dans la suite de ses souvenirs, Noémi Madelin continue à nous faire partager tous les événements marquants de la vie de la nombreuse famille Madelin.
Elle nous raconte entre autre l'élection de Louis Madelin, son frère, comme député des Vosges puis son entrée à l'Académie Française et la légitime fierté de toute la famille, elle nous parle des belles heures du théâtre de la Pichardière et enfin son récit se termine par le décès de sa mère, chérie de tous, Marie Madelin notre arrière-grand-mère. 

Pour lire les souvenirs de Noemi Madelin sur sa mère - 2ème partie, cliquer ici



Petits contes moraux illustrés d'Elisabeth Lesort pour Marie Madelin. L’amusement malhonnête.




L’amusement malhonnête
Maman, fais donc finir Prosper!
- Et qu’a t’il fait ?
Nous jouons au cheval, et moi cela m’amuse
De fouetter, et Prosper ne veut pas!
- En effet
Prosper est sans excuse.
Eh bien! sois le cheval, et qu’il te fouette lui!
Cela ne te va point ? Alors cherche en ta tête
Un jeu qui pour Prosper ne soit pas un ennui.
Ce n’est qu’un égoïste ou bien un malhonnête

Qui s’amuse au dépens d’autrui

vendredi 24 février 2017

Souvenirs de Noemi Madelin sur sa famille - 1ère partie (1906-1919)


Marie Madelin née Bonnet
Noémi Madelin






















Le grand intérêt que représentent ces souvenirs de Noémi Madelin sur sa famille vient d'abord de ce qu'ils prennent  la suite de ceux, déjà publiés, de notre grand-mère Elisabeth Madelin, où elle raconte sa rencontre avec André Lesort, notre grand-père dans "Jeunesse d'André Lesort" (blog février 2010 et saga Lesort-Madelin tome 1).
Ceux d'Elisabeth se terminent sur le décès de son père Amédée Madelin et sur son mariage avec André Lesort en 1906 et ceux de Noémi commencent par là; nous pouvons ainsi connaître la vie de la famille Madelin-Bonnet  sans discontinuer jusqu'en 1936, au décès de leur mère, Marie Madelin.
Les souvenirs de Noémi nous rapportent ainsi tous les événements marquants de cette nombreuse famille Madelin, les mariages, les naissances, les décès aussi, car la guerre et les ravages de la grippe espagnole ne l'ont pas épargnée.

Pour lire les souvenirs de Noemi Madelin - 1ére partie, cliquer ici

Ces souvenirs illustrés de Noémi Madelin nous ont été transmis par notre cousin issu de germain Michel Budan (famille Lucie Madelin) que nous remercions chaleureusement.


Noémi Madelin vue par sa nièce Germaine Madelin (fille de Jules Madelin)
Tante Noémi était impotente et ne s'était pas mariée. Sa culture, en particulier l'histoire, était très grande. Elle aidait Grand'Mère dans la gestion de la Pichardière. Assez sévère, elle surveillait beaucoup de questions matérielles ; elle lésinait sur le vin qu'elle mettait dans nos carafes d'eau aux petites tables et qui les rosissait à peine. Ironie ! On appelait cela de « l'abondance ». A la grande table, elle ne remplissait jamais les carafons. Elle avait la clé de la bibliothèque où nous aimions tant puiser, et évitait que nous trouvions dans des livres, cependant anodins, la moindre allusion qui eut pu ternir notre pureté. Elle nous donnait les Delly et consorts qui déformaient plutôt notre idée de la vie. Nos petits‐enfants lisent maintenant. Maupassant au berceau. 


Petite généalogie illustrée Madelin-Bonnet

Petits contes moraux illustrés d'Elisabeth Lesort pour Marie Madelin.La Médecine




La Médecine


Odette un jour était malade
Il fallait pour guérir, disait le médecin
Prendre une ou deux cuillères de l’huile de ricin
Odette ne voulait que de la limonade
Sa mère (elle adorait sa mère cependant)
Avait beau la prier, tout était inutile
“Voyons, ma chère enfant, ne sois pas indocile
Je vais te donner moi-même en y goûtant
- Je ne veux pas!
- Après on mange une pastille
- Tu m’en donneras deux ?
- Et bien oui! Bois!
- Ouais! Je n’en veux pas c’est trop mauvais
- Je t’en supplie, allons du courage ma fille
  Bois! Je m’en irais t’acheter de ce pas …
- Quoi donc ?
- Une poupée!
- Oui mais je la veux belle!
  Avec un beau trousseau fait pour elle
- Eh bien tu l’auras : bois!
- Ouais! Je ne veux pas
- Ah! malheureuse enfant c’est vouloir que je meure
  Puisque tu ne veux pas guérir
  A quel moyen recourir ?”
Et se tordant les mains la pauvre mère pleure
Odette se décide, elle prend le ricin
Et sur la place
L’avale d’un seul trait sans faire la grimace
Sa mère tendrement la presse sur son sein
“C’est très bien! Je t’aimais : tu m’en est deux fois plus chère
Tu le vois mon amour n’était pas si mauvais
Oh si c’est bien mauvais maman mais tu pleurais


Une larme qu’on voit dans les yeux de sa mère
Toute amertume est moins amère

vendredi 27 janvier 2017

1936 - Faire-part de décès et lutte des classes pour notre défunte arrière grand-mère Marie Madelin

.

Memento

Parmi les nombreux documents que recèlent nos archives nous avons pu juxtaposer, d'une façon assez inattendue, le faire-part de décès de notre arrière grand-mère Marie Madelin née Bonnet avec un billet d'humeur virulent à son sujet paru dans le journal  de la SFIO (socialiste), dirigé par Léon Blum.
Ce faire-part,  très complet, reprend la totalité de la nombreuse descendance de Marie Madelin et on y retrouve nos grand-parents, nos oncles et tantes et les aînés de nos cousins (sur le cercueil de Marie Madelin avait été placé une immense couronne portant l'inscription "A notre grand-mère, ses 143 petits-enfants et arrière petits-enfants").
Ce faire-part cite également les fonctions et décorations de chacun et dans le "Petit Journal", quotidien des gens "biens" de l'époque, l'auteur  d'un billet quotidien intitulé "Aux vérités de la Palisse" se serait paraît-t'il "tout pâmé d'admiration" (sic)  pour une si nombreuse et si brillante descendance...
C'en était trop pour Amédée Dunois, rédacteur très connu du journal socialiste "Le Populaire", où il publia dés le lendemain un libelle vitriolé sur l'affreux symbole que représentait une telle famille!
On pourra en être surpris car ce genre de circonstances inspire généralement plutôt le respect ou tout au moins la retenue.
Mais nous sommes en 1936, après la victoire du Front Populaire, et la situation politique et sociale est assez tendue et les tendances les plus à gauche sont plus que jamais dans une perspective de lutte des classes pour laquelle tout doit servir.
Nous vous communiquons ci-dessous les pièces du dossier ...


Un faire part de " bourgeois capitalistes":

                 


             

Les annonces dans le journal La Croix


Parutions dans la Croix des 26 et 27 août 1936

Le libelle et son auteur :






Amédée Dunois














L'auteur de l'article, Amédée Dunois (1878-1945), n'est pas un inconnu. De son vrai nom Amédée Catonne, il est né dans un milieu plutôt bourgeois mais devient militant anarchiste et syndicaliste révolutionnaire. Influencé par le marxisme, il adhère en 1912 à la SFIO et entre au journal l'Humanité. En 1920 à la scission de la SFIO au congrès de Tours il participe à la création de l'Internationale Communiste, futur PCF, et devient membre du Comité directeur mais en est écarté en 1925. Il quitte le parti en 1927 et adhère à nouveau à la SFIO dans sa tendance la plus à gauche en 1930. A ce titre il devient un collaborateur infatigable du journal "Le Populaire", organe de presse de la SFIO dirigé par Léon Blum où il multiplie les articles d'actualité politique, d'histoire, de doctrine et les revues de presse. Résistant au sein du parti socialiste clandestin pendant la guerre, il est arrêté et mourra en déportation en 1945.








21 octobre 1936 (Gallica)
L'article du Petit Journal du 20 octobre 1936:

Tribune Libre

LES VÉRITÉS DE LA PALISSE;

Mme Marie-Félicité Bonnet, veuve de M. Amédée Madelin, ancien magistrat, vient de mourir à Paris dans la 95 ème année de son age. Elle était la mère de mon vieil ami Louis Madelin. C'est pourquoi j'ai sous les yeux son "faire-part". Je ne crois pas qu'il soit inutile de le montrer à ce grand public à qui l'on débite tant de sottises.
Mme Amédée Madelin laisse huit enfants, quarante-sept petits-enfants et soixante-sept arrière-petits-enfants. Je renonce à compter les neveux, nièces, arrière petits-neveux et petites-nièces!
Sur la longue liste de ses descendants, je relève un académicien (Louis Madelin), deux généraux, huit officiers de l'armée de terre, deux officiers de l'armée de mer, sept fonctionnaires, huit ingénieurs ou industriels, deux avocats, un médecin, etc., etc.
Tous ont travaillé, passé des examens, gagné des grades, tous ont servi, et à peine en est-il deux ou trois qui n'aient pas fondé de foyer et perpétué la race.
Encore ne trouve t'on pas sur la lettre de deuil le nom des disparus. On voudrait les connaître pour ne rien ignorer de cette magnifique souche lorraine.
Mais ceux qui restent ne suffisent-ils pas à porter témoignage de cette vitalité? Ne disent-ils pas assez les vertus d'une classe sociale si souvent et si grossièrement calomniée? N'a t'on pas le droit et même le devoir d'opposer les milliers de familles qui assurent, comme celle-ci, le présent et l'avenir du pays à ces fameuses deux cent familles que les pamphlétaires accusent - et souvent sans preuves - d'exploiter la nation et même de la gouverner?


Monsieur de la Palisse 

  
Le Petit Journal du 20 octobre 1936. (Source Gallica)

En 1929, la nombreuse famille Madelin déjà à l'honneur dans la presse.

La revue mensuelle ABC – artistique et littéraire – reproduit dans son numéro 54 de juin 1929, sous la plume d’un certain Jacques des Gachons, la réception de Louis Madelin, le 23 mai précédent, à l’Académie Française. L’essentiel de cet article est consacré au discours de réception prononcé par Henry Bordeaux, qui souligne le grand nombre et la vivacité quelque peu bruyante de la famille de notre académicien, autour de sa mère Marie Madelin, née Bonnet, notre arrière grand-mère. Philippe Madelin.


La revue ABC n° 54 de juin 1929


« Louis Madelin a beaucoup d’amis et une famille innombrable. Aussi sa réception du 23 mai fut-elle d’une cordialité qui n’apparaît pas toujours en ces sortes de cérémonies. A la margelle d’une de ces étranges loges creusées dans les murs de la coupole et auxquelles on arrive par d’étroits et obscurs escaliers, on apercevait une vénérable dame entourée de jeunes enfants. C’était la mère du héros de la fête et quelques-uns de ses petits-fils ou arrière-petits- fils. Elle était la doyenne et comme la présidente de cette débordante assemblée (ndlr : 87 ans à cette date).

En face d’elle, au bureau, Henry Bordeaux recevait le récipiendaire. Or, il se trouve qu’Henry Bordeaux est un très bon ami de Louis Madelin. Ils ont fait la guerre coude à coude. Et cela permit à Henry Bordeaux d’évoquer les ancêtres et les derniers héros de la famille de Louis Madelin : « Vous appartenez à l’une de ces familles qui font la force d’un pays… Leurs livres de raison nous expliquent pourquoi la vieille France a tant de puissance et de durée. Vous eussiez écrit votre histoire privée qu’elle se fût reliée sans peine à vos ouvrages d’histoire nationale et qu’elle eût justifié vos plus belles pages sur les réveils français. Mais ne confère-t- elle pas à un historien une autorité particulière quand il rencontre les siens, parents ou alliés, jalonnant de leurs tombes nos frontières rapprochées ou lointaines : trois neveux, trois beaux jeunes gens de vingt ans, tués sur la somme, à Montdidier, au Chemin des Dames ; ce jeune commandant Léon Madelin, votre frère, tombé devant Notre-Dame- de-Lorette, comme il venait d’enlever les premiers Ouvrages Blancs à la tête de ses chasseurs (frappé d’une balle au cou, il voulut traverser debout les rangs de ses hommes pour ne pas les ébranler) ; ce petit lieutenant Emile Madelin, votre espérance, votre fils, tombé du ciel de Syrie, et ce Général Clavery, votre beau-frère, assassiné au Sud-Oranais et vengé sur place par le maréchal des logis qui l’accompagne et qui est son enfant ? Voilà, sans doute, pourquoi vos livres, sortis des archives, ont un frémissement si humain. »
Et Henry Bordeaux se retient de nommer les vivants.
Ils étaient dans la salle, j’ai pu leur serrer la main, car moi aussi je suis un ami, parmi tant d’autres.
Frère ou beau-frère, deux généraux ; plusieurs jeunes officiers et qui commandent en Alsace ou en Lorraine. 
Mais il n’y a pas que des soldats. Voici un archiviste, et l’un des plus réputés de France, sa femme est une Madelin et qui porte à son corsage le ruban des familles nombreuses et sur les lèvres et dans les yeux l’esprit le plus pétillant (ndlr : André et Elisabeth Lesort, nos grands-parents)
Et puis, tout autour, ce ne sont que jeunes filles et jeunes gens, les uns et les autres souvent pourvus de parchemins, ces titres de noblesse d’aujourd’hui…
L’aïeule de la loge qui eut dix enfants compte aujourd’hui plus de cent petits enfants.
Il y avait donc, à l’Académie, cette après-midi du 23 mai, une atmosphère particulière, et il n’était pas sans intérêt de le noter. Il y avait de l’enthousiasme dans l’air.
On sait le succès qu’obtiennent les conférences de Louis Madelin. Ses auditrices, ses auditeurs sont devenus ses amis, autre famille, et non pas la moins heureuse de manifester sa joie de voir honorer l’auteur du fameux Fouché, de cet ouvrage si nouveau qui s’appelle La Révolution, de l’Histoire politique de la Nation Française (1515-1804) et de ces livres de la guerre : la Victoire de la Marne, la Mêlée des Flandres, Verdun, la Bataille de France et les Heures merveilleuses d’Alsace et de Lorraine.
Aussi le discours d’Henry Bordeaux fut-il fort applaudi. Citons-en les dernières phrases : Je vous ai laissé tout à l’heure, Monsieur, en pénitence, je veux dire à la Chambre des députés ! Mais je ne prendrai pas la peine de vous délivrer ; vos électeurs l’ont déjà fait. Tant pis pour eux et pour la Chambre.
Maurice Barrès, commentant vos Croquis lorrains, vous écrivait : « Nos enfants ignorent l’histoire de notre terre et de nos morts. Il faut la leur apprendre en termes magnifiques. ».Nous attendons de vous cette suite de l’histoire de France, qui ne sera jamais achevée, car elle se compose encore chaque jour avec le meilleur de l’énergie et de l’intelligence française. »
Son discours à l’Académie ne sera pas le moins charmant ouvrage de Louis Madelin. Il avait à composer l’éloge de son prédécesseur, Robert de Flers ; il le fit avec un goût, un tact, une bonne humeur parfaits, et lorsque vinrent pour l’auteur du Roi et de l’Habit vert les heures tragiques de la guerre, Louis Madelin traça de Robert de Flers un portrait où le rire français et l’émotion humaine fraternisaient noblement » -Jacques des Gachons.



(Bulletin VPF d'octobre 2016 sous le titre "Une bruyante famille à l’Académie Française", avec leur aimable autorisation)


Louis Madelin, le jour de sa réception à l'Académie Française (Gallica)