André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930
André LESORT et Elisabeth LESORT née MADELIN vers 1930

Bienvenue

Bienvenue sur notre blog familial Lesort-Madelin ouvert le 24 février 2010, jour anniversaire du mariage de nos grand-parents Lesort-Madelin en 1906.
Ce blog a été créé pour permettre la publication des archives familiales patiemment rassemblées et classées par notre grand-père André Lesort lui même puis par notre oncle Paul-André Lesort.
Nous publions régulièrement sur ce blog des extraits de ces archives qui nous paraissent intéressants, significatifs, cocasses ou émouvants.
Ce blog sert également de lien dans la durée entre les plus de 430 cousins et neveux que nous sommes, il permet donc de suivre l'actualité familiale dont vous voudrez bien nous faire part ou de partager votre connaissance de notre histoire familiale :
envoyez nous vos avis, faire-parts, photos, documents, histoires familiales à l'adresse lesortmadelin@gmail.com; nous en publions régulièrement sur ce blog.
Ce blog étant d'accès publique nous sommes toujours heureux de recevoir également toutes les contributions documentaires extérieures concernant notre famille ainsi que d'apporter nous-mêmes notre propre contribution à d'autres sites ou publications.Même adresse mail: lesortmadelin@gmail.com

Les nombreux articles parus sur notre blog, près de 200, sont en cours de publication sous forme de livres intitulés Famille Lesort-Madelin La Saga dont le tome III est en préparation.




vendredi 30 octobre 2015

Henri Chamussy, un grand géographe nous a quittés.




Dans tout ce qu'on peut lire sur notre cousin Henri Chamussy, il est toujours décrit comme s'engageant avec passion dans de multiples activités tout en faisant preuve de nombreuses qualités personnelles.
Pour mieux le souligner et mieux illustrer encore toutes ces qualités professionnelles et humaines, nous avons reproduit des extraits de quelques hommages très significatifs qui lui ont été rendu dans ses domaines d'activité; ils reflètent combien il y était autant reconnu qu'apprécié.
Henri s'était également impliqué pendant douze ans dans un groupe de travail au Centre Théologique de Meylan-Grenoble.






Quatre hommages à Henri Chamussy (extraits).

Groupe Dupont.

Henri a été un géographe passionné.

Il est difficile d’évoquer en quelques mots ne serait-ce qu’un florilège de ce que la géographie
lui doit. Mais il faut débuter par ce qui a été constamment pour lui sa passion première : être
enseignant. Tous les témoignages concordent : Henri fut un professeur génial. Cet engagement
pédagogique, enraciné dans l’évidence, pour lui, du partage et du dialogue, il l’exprima avec
nostalgie quand, atteint par la limite d’âge (c’était il y a maintenant un peu plus de 14 ans), il a dû,
ainsi qu’il disait, n’être plus que chercheur et non plus « enseignant-chercheur » ; cette formule
administrative, dans le cas d’Henri, prend un sens quasi ontologique.

Rien d’étonnant donc qu’il ait été l’un des tous premiers géographes universitaires qui se soit
senti concerné par l’émergence de la didactique de la géographie. Il faut se souvenir de
l’enthousiasme avec lequel il avait incité ses collègues à participer aux colloques de didactique de
l’INRP. Il fut, dans ce contexte, l’un des fondateurs, puis un pilier de l’AFDG (Association Française pour le Développement de la Géographie) et contribua beaucoup aux universités d’été de l’association qui réunissaient des enseignants géographes de tous types.

Ce n’est néanmoins qu’un aspect de son engagement professionnel multiforme que l’on peut
regrouper sous le signe du lien. Henri a constamment relié. Ce fut, bien sûr, une constante de sa
présence, plus que trentenaire (sans compter la quinzaine d’années en tant qu’honoraire), à l’Institut
de Géographie Alpine, l’I.G.A., dont il a, entre autres, assuré la direction. Parmi ses nombreuses
responsabilités, ses collègues ont retenu surtout son rôle de coordinateur des programmes Erasmus
de l’université Joseph Fourier, fonction qui l’a fait beaucoup voyager et qu’il aimait toujours évoquer.
Voilà une tâche de liaison, s’il en est !

Il est ainsi logique que son œuvre intellectuelle ait été réalisée avec la systémique pour
horizon : les interrelations, donc les liens. Rien de surprenant non plus que cette œuvre ait été
essentiellement collective : beaucoup d’articles, peu de livres. On aurait aimé qu’il nous mette noir
sur blanc une synthèse de sa pensée. Je cite la première phrase d’un des textes magnifiques, « Un
instant d’éternité », qu’il a donné aux Brouillons Dupont (le n° 11 de 1983) :
«  Ces quelques folles pages (comme on dit de la folle avoine) ne sont que les grains d’un
livre que j’écrirai un jour, si j’en ai le courage, le temps et surtout la compétence, et qu’en
tout cas, je le sais, je porterai en moi jusqu’au jour ou je perdrai la conscience d’avoir une
conscience : ce livre s’appellera La Liberté et la Finalité. »

Mais le monument solitaire, ce n’était vraiment pas son style. Retenons deux ouvrages, écrits
bien sûr à plusieurs mains :

- récemment (2012) : Le Liban, géographie d’un pays paradoxal, avec Liliane Buccianti-Barakat
où il a pu infuser sa passion pour ce petit bout de Proche-Orient généreux et meurtri ;

- et, bien sûr, l’Initiation aux méthodes statistiques en géographie, plus connu par le nom de son auteur collectif : Chadule.
La première édition est de 1974 et il y eu ensuite nombre de rééditions. Ce fut, pour plusieurs
générations d’apprentis géographes un passage obligé et cela l’est largement encore.

Son talent d’écriture, incontestable (Henri est un vrai écrivain), s’épanouissait mieux dans le
« moyen-court » car il ne trouvait le temps que pour des textes brefs
Très peu d’auteurs en géographie ont des textes aussi fréquemment cités. On ne peut pas ne
pas évoquer « La carte de l’empire » (Brouillons Dupont n°9, 1982), brillantissime analyse
épistémologique en forme d’hommage à Borges. Une tâche s’impose maintenant et de toute
urgence aux géographes qui lui sont proches : rassembler tous ces textes généreusement dispersés.
Surtout, il faut exhumer tous ceux qu’il n’a pas publiés. Il en avait beaucoup « sous le coude ». Le
Groupe Dupont se réunit la semaine prochaine pour ouvrir ce chantier, mais l’appel doit être fait à
toutes les bonnes volontés, professionnelles et familiales.

Le Groupe Dupont : voilà certainement la plus grande aventure intellectuelle et amicale
d’Henri auquel il s’est voué corps et âme. Il y a eu trois réunions depuis le début de l’année 2015 et,
malgré sa fatigue, il n’en a manqué aucune. Il est encore intervenu brillamment à la dernière, en juin
à Lisbonne. Henri incarne, en effet, au plus haut point le vécu d’une génération de géographes, nés
entre le début des années 30 et celui des années 40 qui se sont trouvés confrontés à un vieux monde
universitaire vermoulu, obsolète, et qui l’on affronté et révolutionné. Les talents de polémistes
d’Henri y ont fait merveille, que ce soit localement par les remarques du « sous-commandant La
Cuesta », ou plus largement par ses textes imaginatifs comme les aventures du célèbre Théo Quant.

Henri était « Père fondateur » du Groupe, un titre dont il était très fier, groupe qui s’était
amorcé aux journées géographiques d’Aix-en-Provence de 1971 et qui décida de pratiquer un
enseignement coopératif de ce que ne pouvait leur donner le milieu professionnel d’alors.
« Dupont », patronyme volontairement anonyme, qu’un heureux hasard fit « d’Avignon »,
rassemblait ceux des géographes qu’Henri nomma, par le titre d’un de ses articles, « les enfants du
paradigme ». Ce partage coopératif, ils l’ont vite étendu, dès 1976, à tous ceux qui le voulaient en
créant les colloques biennaux Géopoints dont Henri fut un inlassable animateur.

Henri, nous te devons tant, au titre collectif de la géographie, comme individuellement chacun d’entre nous. Pour payer un peu notre dette, nous te devons de continuer, comme tu l’as fait, jusqu’au bout.
Tous les géographes, même ceux que tu as étrillés, te disent MERCI.
.


Association des amis de la bibliothèque orientale de Beyrouth

L'Association des amis de la Bibliothèque orientale de Beyrouth (AABOB), dont il était membre fondateur et secrétaire général depuis 2006, perd en lui un homme d'un engagement sans faille, un militant de l'amitié franco-libanaise débordant d'énergie, de bonne volonté, d'idées, un amoureux du Liban, pour lequel il n'a jamais cessé de vouer une profonde affection et où il n'a pas cessé de se rendre en mission, pour enseigner, écrire, s'occuper de la cartothèque de la Bibliothèque orientale qu'il a contribué à préserver, en la classant et en l'archivant.
Henri Chamussy, cousin germain de l'ancien père recteur René Chamussy, a toujours manifesté son enthousiasme pour tout ce qui touche à l'Université Saint-Joseph, où il fut un pilier de la faculté de géographie, et à la Bibliothèque orientale, pour la préservation de laquelle il milita ardemment. Il réfléchissait constamment à la meilleure manière de défendre le patrimoine culturel que cette bibliothèque recèle, avec ses milliers d'ouvrages et d'archives historiques inédites.
Il nous manquera, à tous, comme il manquera au Liban, ce « pays paradoxal » qu'il a connu aussi intimement qu'un agrégé de géographie comme lui peut connaître un pays, et qu'il aimait avec ses failles et ses lacunes, de cet amour authentique dont atteste l'ouvrage qu'il a cosigné avec sa collègue Liliane Buccianti-Barakat, Liban – Géographie d'un pays paradoxal.
La silhouette et la voix de ce voyageur infatigable nous accompagneront toujours. Rue de Grenelle à Paris, longtemps encore nous observerons la petite allée où il arrivait en traînant son bagage à roulettes, venant de sa chère Bourgogne, ayant réussi à jongler encore une fois avec les horaires des trains, pour accomplir sa tâche de secrétaire général de l'association. Longtemps encore, à la fin de nos réunions, nous le verrons se hâter lentement pour rattraper le dernier train du soir, en nous criant : « À bientôt ! »

Institut de Géographie Alpine (IGA)

Entré à l’Institut de Géographie Alpine (IGA) en 1970, Henri Chamussy fut actif pendant 40 ans. Son parcours d’enseignant et de chercheur s’inscrit parfaitement dans l’histoire d’un Institut et d’une discipline dont il aura été un acteur important durant plus de quatre décennies.
Très cultivé, curieux et ne craignant pas la controverse, ce grand intellectuel n’a pas hésité à mettre les mains dans le « cambouis universitaire » et a contribué à l’évolution de la discipline géographique de la seconde moitié du XX° siècle.
Tonitruant parfois, un brin provocateur mais toujours bienveillant, ce géographe grenoblois était capable d’embrasser toute la discipline francophone et anglophone, un exploit devenu impossible aujourd’hui.
Appelé en 1970 par Paul Veyret, alors directeur de l’IGA, à mener des recherches sur les transports dans les Alpes, il a participé au développement du courant « quantitatif ». 
Partisan d’une « géographie critique », il se faisait notamment remarquer par les pamphlets qu’il adressait régulièrement à ses collègues sous le pseudonyme de « Sous-Commandant la Cuesta ».
Henri Chamussy fut présent à chaque étape de l’évolution de la discipline géographique. Alors que dans les années 80, l’I.G.A. préparait essentiellement les étudiants à l’agrégation, lui le théoricien a soutenu le déploiement de la dimension opérationnelle de la géographie avec l’ouverture d’un diplôme professionnalisant en « aménagement et développement ». Il s’impliqua également dans l’introduction des outils statistiques et informatiques dans les enseignements avec la publication d’un ouvrage - devenu référence - à destination des étudiants intitulé « Chadule ».
Henri Chamussy fut également actif pour l’ouverture à l’international des études de géographie et construisit des partenariats qui permirent le développement des échanges ERASMUS. Ses recherches étaient largement orientées vers l’international : travaux au Liban à l’Institut Saint-Joseph, soutien à ses collègues impliqués dans les universités du Niger, du Maghreb et du Québec où il séjourna.
Henri Chamussy fut à plusieurs reprises à la tête de l’Institut de géographie alpine (IGA).
Il découvrit avec malice les joies de l’administration et s’amusa du classement des piles de dossiers à traiter, entre « urgent », « très urgent » et « trop tard ».
Au-delà de la discipline géographique et de l’académie, celles et ceux qui l’ont connu se souviendront longtemps de l’homme qui faisait vibrer les couloirs de l'IGA de sa voix puissante, de ses sifflotements, de son humour sans faille, de son immense culture et de sa truculence.

Groupe Dupont

Henri a occupé une large place dans la communauté des géographes. On se souviendra d’un collègue actif et passionné par la géographie. D’une culture et d’une ouverture d’esprit immenses, il fut un géographe des interactions, très concerné par les problèmes de ce temps.
Il a fait preuve d’une activité multiforme au service de notre discipline dans ses enseignements à l’Institut de Géographie Alpine dont il a été un animateur important et l’un des directeurs, mais aussi par ses activités dans une grande variété des lieux de la géographie comme les colloques Géopoint et les réunions du Groupe Dupont, le Forum de Saint Dié, des comités de rédaction de revue, les colloques européens de géographie quantitative, l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, et tant d‘autres encore.
Il a nourri l’esprit de nombreux d’étudiants de ses cours d’épistémologie inoubliables, profonds et jubilatoires, et s'est très tôt engagé dans la promotion des échanges universitaires européens, avec Erasmus, conscient des opportunités offertes pour les nouvelles générations de géographes. Il laisse des écrits qui manifestent son intérêt pour le monde et sa complexité, son talent d’écriture plein d’humour et de sens de la provocation bienvenue et bienveillante.
Des qualités qui se manifestaient dans des interventions orales aux formules bien frappées, servies par une voix puissante.
Ceux qui, comme nous, étaient de ses amis proches ne peuvent que dire leur chagrin de la perte qu’ils éprouvent avec la disparition d’un être sensible et humain, drôle et sérieux à la fois, en compagnie duquel on ne s’ennuyait jamais, et auquel on se confrontait toujours avec bonheur.

Parcours universitaire et professionnel :

1953-1954   Lycée Hoche à Versailles  baccalauréat 2ème partie
1954            classe préparatoire  au lycée Condorcet à Paris
1959            Licence de géographie à la Sorbonne Paris
1960            Diplôme d'Etudes Supérieures à La Sorbonne
1965            Agrégation de Géographie Paris
1959-1968  Enseignement secondaire (Rambouillet puis Grenoble)
1968-1972  Assistant Université de Grenoble
1972-1984  Maître Assistant- Université Joseph Fourier, Grenoble
1984-19..   Maître de conférences –Université Joseph Fourier, Grenoble
1977-1979 et 1984-1985  Directeur Adjoint de l'Institut de Géographie Alpine, Université Joseph Fourier, Grenoble
1985-1987  Directeur de l'institut de Géographie Alpine
1987-19..   Directeur Adjoint, Institut de Formation des Maîtres, Université Joseph Fourier

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